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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2201993

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2201993

jeudi 23 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2201993
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 décembre et 22 décembre 2022, M. B A, représenté par Me Dravigny, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire ;

2°) d'enjoindre au préfet du Doubs, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire " dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa demande dans le même délai et, en toute hypothèse, de lui remettre, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- à titre principal, la décision de refus de séjour est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas établi que les actes d'état civil produits étaient dépourvus d'authenticité ;

- elle méconnaît l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il satisfait aux conditions prévues par ces dispositions ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- à titre subsidiaire, la décision de refus de séjour a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière et ne repose pas sur un examen global de sa situation au regard de l'article L. 435-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il n'est pas établi que l'autorité qui a pris la décision disposait d'une délégation de signature ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire et celle fixant le pays de renvoi sont illégales par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 19 décembre 2022 et 6 janvier 2023, le préfet du Doubs conclut, dans le dernier état de ses écritures, au non-lieu à statuer.

Le préfet soutient qu'ayant délivré la carte de séjour sollicitée par le requérant, la requête a perdu son objet.

Par un mémoire, enregistré le 10 janvier 2023, M. A déclare se désister purement et simplement de sa requête. Il maintient toutefois ses conclusions tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros HT sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle par une décision du 9 décembre 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seytel

- et les observations de Me Dravigny, pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant guinéen, est entré irrégulièrement en France, selon ses déclarations, le 14 février 2003 et a été pris en charge par l'aide sociale à l'enfance du département du Doubs à compter du 18 octobre 2019. Le 20 septembre 2019, l'intéressé a déposé une demande de titre de séjour. Par un arrêté du 17 novembre 2022, le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire. Par une décision du 22 décembre 2022, le préfet du Doubs a délivré la carte de séjour qu'il avait sollicitée le 20 septembre 2019.

Sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction :

2. M. A déclare se désister de ses demandes principales. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les frais liés au litige :

3. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle. Par suite, son conseil peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Dravigny, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son profit de la somme de 1 000 euros.

DECIDE :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de l'action de M. A tendant à l'annulation de l'arrêté du 17 novembre 2022 par lequel le préfet du Doubs a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.

Article 2 : L'État versera à Me Dravigny la somme de 1 000 euros, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État dans cette instance.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Doubs.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023 à laquelle siégeaient :

- Mme Grossrieder, présidente,

- Mme Besson, conseillère,

- M. Seytel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2023.

Le rapporteur,

J. SeytelLa présidente,

S. Grossrieder

La greffière,

C. QuelosLa République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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