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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300002

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300002

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300002
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantGAY YANNICK

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une ordonnance du 2 août 2022, la présidente de la 1ère chambre du tribunal administratif de Lille a transmis au tribunal administratif de Besançon, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 11 septembre 2020, présentée par M. B A.

Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Besançon sous le n° 2300002 le 3 janvier 2023, et des mémoires enregistrés les 18 novembre 2020 et 6 juillet 2023, M. B A, représenté par Me Gay, demande au tribunal :

1°) de condamner le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " à lui verser la somme de 758,64 euros au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés ;

2°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " a méconnu les dispositions combinées de l'ordonnance du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire, en particulier son article 1er, et du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale, en particulier son article 5.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 octobre 2020 et 2 août 2023, le président du syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " conclut au rejet de la requête.

Il soutient que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-430 du 15 avril 2020 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Debat, premier conseiller,

- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a été employé sous contrat à durée déterminée du 6 janvier 2020 au 31 mai 2020 par le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " au bord du lac de Saint Point dans le Doubs, en qualité d'agent d'animation. Cependant, à l'issue de son contrat, le syndicat intercommunal ne lui a pas versé d'indemnité compensatrice de congés payés. Par la présente requête, M. A demande au tribunal de condamner le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " à lui verser le montant de cette indemnité au titre des congés non pris, soit la somme de 758,64 euros.

Sur les conclusions pécuniaires :

2. Aux termes de l'article 1er de l'ordonnance du 15 avril 2020 relative à la prise de jours de réduction du temps de travail ou de congés dans la fonction publique de l'Etat et la fonction publique territoriale au titre de la période d'urgence sanitaire : " Les fonctionnaires et agents contractuels de droit public de la fonction publique de l'Etat, les personnels ouvriers de l'Etat ainsi que les magistrats de l'ordre judiciaire en autorisation spéciale d'absence entre le 16 mars 2020 et le 31 mai 2020 inclus prennent dix jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels au cours de cette période, dans les conditions suivantes : / 1° Cinq jours de réduction du temps de travail entre le 16 mars 2020 et le 16 avril 2020 ; / 2° Cinq autres jours de réduction du temps de travail ou de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa. / Les personnes mentionnées au premier alinéa qui ne disposent pas de cinq jours de réduction du temps de travail prennent au titre du 1°, selon leur nombre de jours de réduction du temps de travail disponibles, un ou plusieurs jours de congés annuels entre le 17 avril 2020 et le terme de la période définie au premier alinéa, dans la limite totale de six jours de congés annuels au titre du 1° et du 2°. () ". Aux termes de l'article 5 du décret n° 88-145 du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents non titulaires de la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " L'agent contractuel en activité a droit, dans les conditions prévues par le décret n° 85-1250 du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux, à un congé annuel dont la durée et les conditions d'attribution sont identiques à celles du congé annuel des fonctionnaires titulaires. / A la fin d'un contrat à durée déterminée ou en cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, l'agent qui, du fait de l'autorité territoriale, en raison notamment de la définition du calendrier des congés annuels, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice. / Lorsque l'agent n'a pu bénéficier d'aucun congé annuel, l'indemnité compensatrice est égale au 1 / 10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent lors de l'année en cours. / Lorsque l'agent a pu bénéficier d'une partie de ses congés annuels, l'indemnité compensatrice est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus et non pris. / L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris. () ".

3. Il résulte de ces dispositions que l'agent non titulaire qui n'a pu bénéficier à la fin de son contrat à durée déterminée ou en cas de licenciement pour un motif autre que disciplinaire, de tout ou partie de ses congés annuels, faute pour l'administration de l'avoir informé de ses droits à congés et mis en mesure de les prendre ou en raison d'un empêchement imputable à celle-ci, a droit à une indemnité compensatrice pour les congés non pris. Il incombe à l'administration, lorsque l'agent établit que tout ou partie de ses congés accordés mais non pris restaient dus, de démontrer qu'elle a fait preuve de la diligence requise pour que celui-ci soit effectivement en mesure de prendre les congés annuels payés auxquels il avait droit.

4. Il résulte de l'instruction que M. A, s'il allègue n'avoir pas pu bénéficier de ses congés annuels en raison des circonstances exceptionnelles liées à la crise sanitaire et sollicite le versement d'une indemnité compensatrice de congés payés correspondant au dixième de sa rémunération brute perçue pendant la durée de son contrat, n'établit pas, par les pièces produites, qu'il n'aurait pas pris tout ou partie de ses congés annuels et que ceux-ci, ou une partie de ceux-ci, lui restaient dus à l'issue de son contrat. Il résulte également de l'instruction que le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " fait état que M. A a pris les jours de congés qui lui restaient entre le 11 mai et 24 mai 2020 et produit un état des heures travaillées par celui-ci entre le 6 janvier 2020 et le 31 mai 2020 qui fait apparaître un nombre d'heures travaillées inférieur aux heures rémunérées. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes " a méconnu les dispositions de l'ordonnance du 15 avril 2020 et du décret du 15 février 1988 en ne lui versant pas l'indemnité compensatrice de congés annuels non pris.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions du requérant tendant au versement d'une somme de 758,64 euros au titre de l'indemnité compensatrice de congés payés doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

6. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge du syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes ", qui n'est pas la partie perdante, une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au syndicat intercommunal pour la gestion du centre de vacances " les Grangettes ".

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- M. Debat, premier conseiller,

- Mme Goyer-Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

Le rapporteur,

P. Debat

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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