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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300582

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300582

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300582
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJuge unique 2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 3 avril et 23 juin 2023, M. A B, représenté par Me Cohen, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 22 juin 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire et la décision rejetant implicitement le recours gracieux qu'il a exercé le 9 décembre 2022 contre cette décision ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points du capital affecté à son permis de conduire ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. B soutient que :

- la décision d'invalidation du permis de conduire ne lui a jamais été notifiée ;

- les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 5 décembre 2020, 30 avril 2021, 28 juillet 2021 et 27 novembre 2021 sont entachées d'un vice de procédure tiré du défaut d'information prévue par l'article L. 223-3 du code de la route ;

- la réalité des infractions commises les 5 décembre 2020, 30 avril 2021 et 27 novembre 2021 n'a pas été établie conformément aux dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route ;

- la décision d'invalidation du permis de conduire est illégale par voie de conséquence de l'illégalité des décisions de retrait de points.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2023, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.

Le ministre soutient que :

- les conclusions dirigées contre la décision du 22 juin 2022 et la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 5 décembre 2020 ne sont pas recevables ;

- les moyens invoqués par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pernot a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. A la suite d'infractions au code de la route commises les 5 décembre 2020, 30 avril 2021, 28 juillet 2021 et 27 novembre 2021, le ministre de l'intérieur a respectivement retiré au capital affecté au permis de conduire de A B trois points, un point, trois points et quatre points. Après avoir constaté que le nombre de points de ce permis de conduire, initialement crédité de six points, était nul, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a décidé, le 22 juin 2022, d'en prononcer l'invalidation et a ordonné à l'intéressé de restituer son titre de conduite. Le recours gracieux exercé contre cette décision par le requérant le 9 décembre 2022 a été implicitement rejeté. M. B demande l'annulation des décisions de retrait de points, de la décision prononçant l'invalidation de son permis de conduire et de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les fins de non-recevoir opposée en défense :

En ce qui concerne la décision du 22 juin 2022 :

2. D'une part, la notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé. Dans la décision procédant à l'invalidation du permis de conduire et au retrait des derniers points, établie selon un modèle de lettre " 48SI ", le ministre récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. Cette lettre mentionne les voies et délais de recours ouverts à l'encontre de ladite décision.

3. D'autre part, il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé. En cas de retour à l'administration, au terme du délai de mise en instance, du pli recommandé contenant la décision, la notification est réputée avoir été régulièrement accomplie à la date à laquelle ce pli a été présenté à l'adresse de l'intéressé, dès lors du moins qu'il résulte soit de mentions précises, claires et concordantes portées sur l'enveloppe, soit, à défaut, d'une attestation du service postal ou d'autres éléments de preuve, que le préposé a, conformément à la réglementation en vigueur, déposé un avis d'instance informant le destinataire que le pli était à sa disposition au bureau de poste.

4. Enfin, aucun principe général ni aucune disposition législative ou réglementaire ne fait obligation au titulaire d'un permis de conduire de déclarer à l'autorité administrative sa nouvelle adresse en cas de changement de domicile. Il en résulte qu'alors même qu'il n'aurait pas signalé ce changement aux services compétents, la présentation à une adresse où il ne réside plus du pli notifiant une décision relative à son permis de conduire et prise à l'initiative de l'administration n'est pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux.

5. Il résulte de l'instruction que le pli portant notification à M. B de la décision du 22 juin 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur et des outre-mer a prononcé l'invalidation de son permis de conduire a été adressé au " 1 rue Arsène Quiney - 70000 Quincey ". Ce pli a été retourné à l'administration revêtu des mentions " présenté le 7/07 " et la case " pli avisé et non réclamé ", correspondant au motif de non distribution, y est cochée. Le requérant soutient toutefois qu'il n'habitait plus à cette adresse depuis le 5 mars 2019 et produit à l'appui de cette allégation deux justificatifs d'abonnement de son fournisseur d'énergie attestant que, depuis cette date, l'intéressé est titulaire d'un contrat de fourniture d'énergie au " 33 rue Jean Moulin - 70000 Vesoul ". En outre, ce changement d'adresse n'était pas inconnu du ministre de l'intérieur et des outre-mer dès lors qu'il avait adressé à cette adresse une décision " 48 N " destinée au requérant le 15 juillet 2021. Dans ces conditions, la présentation de la décision contestée à une adresse où le requérant ne résidait plus n'était pas de nature à faire courir à son encontre le délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, tirée de la tardiveté de la requête, en ce qui concerne la décision du 22 juin 2022, doit être écartée.

En ce qui concerne la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 5 décembre 2020 :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ". Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. A la date d'obtention du permis de conduire, celui-ci est affecté de la moitié du nombre maximal de points. Il est fixé un délai probatoire de trois ans ". Aux termes de l'article R. 223-4 du même code : " Lorsque le conducteur titulaire du permis de conduire a commis, pendant le délai probatoire défini à l'article L. 223-1, une infraction ayant donné lieu au retrait d'au moins trois points, la notification du retrait de points lui est adressée par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ".

7. La notification d'une décision relative au permis de conduire doit être regardée comme régulière lorsqu'elle est faite à une adresse correspondant effectivement à une résidence de l'intéressé. Dans la décision procédant à un retrait de points du permis de conduire, établie selon un modèle de lettre " 48 N ", le ministre informe le destinataire d'un retrait de points suite à la commission d'une infraction et le rend ainsi opposable au conducteur. Cette lettre mentionne les voies et délais de recours ouverts à l'encontre de ladite décision.

8. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral de M. B, que l'infraction commise le 5 décembre 2020, durant la période probatoire du permis de conduire de l'intéressé, a donné lieu à l'édiction d'une décision de retrait de trois points, présentée par pli recommandé, au domicile actuel du requérant, " 33 rue Jean Moulin - 70000 Vesoul " et distribuée le 15 juillet 2021 contre signature. Le numéro 2C 155 397 5271 9 concorde avec celui figurant sur le relevé d'information intégral du requérant. Le délai de recours contentieux dont le requérant disposait, pour contester la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 5 décembre 2020, a dès lors expiré le 16 septembre 2021 à minuit. Le recours gracieux exercé le 9 septembre 2022, présenté après l'expiration du délai de recours contentieux, n'a pas eu pour effet de proroger le délai dont M. B disposait pour contester la décision précitée de retrait de points. La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a implicitement rejeté ce recours gracieux a donc le caractère d'une décision confirmative, pour ce qui concerne cette décision de retrait de points, qui n'est en tout état de cause pas susceptible de faire l'objet d'un recours contentieux. Le ministre de l'intérieur et des outre-mer est dès lors fondé à soutenir que les conclusions dirigées contre la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 5 décembre 2020, présentées par M. B le 3 avril 2023, sont tardives et par suite irrecevables.

Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points :

S'agissant de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 28 juillet 2021 :

9. Il résulte des dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code relatifs aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, que, lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende ne soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

10. Il ressort des mentions portées sur le relevé d'information intégral de M. B que l'infraction commise le 28 juillet 2021, relevée par l'intermédiaire d'un procès-verbal dématérialisé, a donné lieu au paiement différé de l'amende forfaitaire correspondante et qui est devenue définitive le 27 septembre 2021. Par suite, le requérant a nécessairement reçu, pour cette infraction, l'avis de contravention mentionné au point 9. L'intéressé, qui n'a pas produit ce dernier document, n'établit pas qu'il ne comportait pas les informations requises. Dès lors, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers M. B de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende forfaitaire, les informations requises en vertu des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles précités en ce qui concerne l'infraction commise le 28 juillet 2021 doit être écarté.

S'agissant des décisions de retrait de points consécutive aux infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021 :

11. Il résulte du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale qu'en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Conformément aux dispositions de l'article A. 37-28 du même code, ce titre exécutoire est adressé au contrevenant sous forme d'avis d'amende forfaitaire majorée qui contient une information suffisante au regard des exigences résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Ainsi, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est constatée par radar automatique et dont il est établi qu'il a payé sans objection l'amende forfaitaire majorée correspondant à cette infraction ou n'a formé aucune réclamation dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, a nécessairement reçu le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit alors être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.

12. Il résulte de l'instruction que les infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021, constatées par des radars automatiques, ont fait l'objet d'amendes forfaitaires majorées adressées, par plis recommandés, au " 1 rue Arsène Quiney - 70000 Quincey ", respectivement les 29 septembre 2021 et 5 mars 2022. Si ces plis recommandés ont été renvoyés à l'administration revêtus de la mention " avisé et non réclamé " et non de la mention " destinataire inconnu à l'adresse ", compte tenu de ce qui a été dit aux points 5 et 8, le requérant ne résidait plus à l'adresse précitée mais au " 33 rue Jean Moulin - 70000 Vesoul ". Par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête dirigé contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021, M. B est donc fondé à soutenir qu'il n'a pas été destinataire de l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, les décisions de retrait de points consécutive aux infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021 doivent être annulées.

En ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision du 22 juin 2022 et la décision implicite de rejet du recours gracieux :

13. Compte tenu de ce qui vient d'être dit aux points 9 à 12, et, en dépit du nombre de points légalement retirés à M. B, le solde de points affecté au capital de son permis de conduire n'était pas nul lorsque le ministre de l'intérieur a décidé d'en prononcer l'invalidation et a ordonné à l'intéressé de restituer son titre de conduite.

14. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions lui retirant cinq points sur le capital affecté à son permis de conduire à la suite des infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021, de la décision prononçant l'invalidation de son permis de conduire et de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".

16. M. B demande au tribunal, sur le fondement des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'ordonner au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder à la reconstitution de son capital de points à hauteur de douze points.

17. Le juge de l'exécution statue en tenant compte de la situation de droit et de fait existant au jour de sa décision. L'annulation contentieuse d'une décision portant invalidation d'un permis de conduire à raison de l'illégalité d'un ou de plusieurs des retraits de points qui la fondent implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés. Elle doit à cette fin les rétablir dans le traitement automatisé mentionné à l'article L. 225-1 du code de la route et reconstituer le capital de points attaché au permis de conduire tel qu'il devrait être, à la date où le jugement est exécuté, si les retraits illégaux n'étaient jamais intervenus, le cas échéant en faisant application des règles relatives au permis probatoire et des règles de reconstitution automatique prévues à l'article L. 223-6 du code de la route. Le capital de points détenu à cette date résulte toutefois également des décisions de retrait ou de reconstitution de points qu'il appartient à l'administration de prendre à raison de circonstances qui n'avaient pu être prises en compte aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire, telles que des infractions autres que celles qui avaient fondé les retraits contestés devant le juge, et des conséquences de ces nouvelles décisions sur l'application des règles relatives au permis probatoire et aux reconstitutions automatiques.

18. Le présent jugement, qui annule les décisions de retrait de points du capital affecté au permis de conduire de M. B à la suite des infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021, implique en principe nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer rétablisse le bénéfice des cinq points illégalement retirés au requérant dans le système automatisé de l'intéressé.

19. Dès lors, il y a seulement lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de rétablir dans le système automatisé de M. B le bénéfice de cinq points retirés à la suite des infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021.

Sur les frais liés au litige :

20. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de faire droit aux conclusions de la requête tendant à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DÉCIDE :

Article 1er : La décision prononçant l'invalidation du permis de conduire de M. B et la décision rejetant implicitement son recours gracieux sont annulées.

Article 2 : Les décisions de retrait de points du capital affecté au permis de conduire de M. B prononcées à la suite des infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021 sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, de rétablir dans le système automatisé relatif au permis de conduire de M. B le bénéfice de cinq points retirés à la suite des infractions commises les 30 avril et 27 novembre 2021.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Une copie de ce jugement sera transmise, pour information, au préfet de la Haute-Saône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 juin 2024.

Le magistrat désigné,

A. PernotLa greffière,

N. Viennet

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

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