mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300586 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP LONQUEUE - SAGALOVITSCH - EGLIE-RICHTERS & Associés |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 6 avril 2023, 7 février et 9 novembre 2024, M. A B, représenté par Me Woldanski, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 7 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a prononcé son changement d'affectation ;
2°) de mettre à la charge du département du Territoire de Belfort une somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'il n'a pas été mis à même de solliciter la communication de son dossier ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle présente le caractère d'une sanction déguisée ;
- elle constitue un détournement de pouvoir ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 octobre 2023 et 26 septembre 2024, le président du conseil départemental du Territoire de Belfort, représenté par Me Lonqueue, conclut à ce qu'il n'y ait plus lieu à statuer, au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. B une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Woldanski, pour M. B, et de Me Wasanga-Allégret, pour le département du Territoire de Belfort.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, agent de maîtrise territorial, était affecté au service entretien des espaces naturels de la direction du patrimoine naturel et du développement durable du département du Territoire de Belfort. A la suite d'un incident survenu le 26 janvier 2023 avec un membre de l'équipe qu'il encadrait, le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a décidé, le 7 mars 2023, d'affecter M. B au centre de maintenance départemental au sein de la direction de la logistique et des achats à compter du 15 mars suivant. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée en défense :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du pourvoi dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le pourvoi formé à son encontre, à la double condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur et que la décision procédant à son abrogation soit devenue définitive.
3. Par un arrêté du 7 mai 2024, le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a prononcé la radiation des cadres de M. B à compter du 1er avril 2024 en vue de sa mutation auprès de la commune d'Essert. Cependant, cette décision n'a pas pour effet de retirer la décision attaquée, laquelle a reçu exécution entre le 15 mars 2023 et le 31 mars 2024. Par suite, l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le président du conseil départemental du Territoire de Belfort ne peut être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes : " Tous les militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté. ". Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. "
5. En vertu des dispositions de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 précitées, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même de demander la communication de son dossier, en étant averti en temps utile de l'intention de l'autorité administrative de prendre la mesure en cause.
6. Il ressort des pièces du dossier que la décision du 7 mars 2023 par laquelle le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a affecté M. B à compter du 15 mars 2023 au centre de maintenance départemental rattaché à la direction de la logistique et des achats, qui n'a pas été prise suite à une demande de l'intéressé, est intervenue dans le contexte d'une situation conflictuelle entre M. B et un agent placé sous sa responsabilité. Cette situation résultait d'un incident survenu le 26 janvier 2023 au cours duquel le requérant soutient, sans être contesté, avoir été saisi par le col de sa veste et injurié par l'autre agent. Il ressort également des pièces du dossier que la décision attaquée modifie le lieu d'exercice des fonctions du requérant, qui est déplacé de Belfort à Bavilliers. De même, la nature des tâches confiées et les responsabilités exercées sont affectées par ladite décision.
7. A cet égard, alors que M. B travaillait au sein du service des espaces verts de la direction du patrimoine naturel et du développement durable, où il assurait la gestion d'une équipe de quatre agents et deux apprentis, l'organisation des chantiers et l'établissement des rapports de chantiers, la décision du 7 mars 2023 a eu pour effet de l'affecter au centre de maintenance départemental où ses fonctions se cantonnaient à établir des fiches d'état et des ordres de réparation de véhicules, à assurer le suivi des mécaniciens, à commander les pièces, à gérer et à contrôler les véhicules de prêt, sans encadrement d'autres agents. Par conséquent, quand bien même la décision attaquée a pu être prise dans l'intérêt du service, dès lors que les relations conflictuelles entre M. B et l'agent auteur des faits du 26 janvier 2023, qui a donné lieu au dépôt d'une plainte pénale par le requérant le 27 janvier 2023, pouvaient porter préjudice au bon fonctionnement du service, elle constitue une mutation dans l'intérêt du service prise en considération de la personne de M. B.
8. Or, il n'est pas contesté que le requérant n'a pas eu communication de son dossier et que la décision du 7 mars 2023, prenant effet le 15 mars 2023, ne mentionne pas son droit à obtenir communication de son dossier. De plus, aucune pièce figurant au dossier ne permet d'établir que M. B aurait été informé préalablement à la décision attaquée que celle-ci était envisagée. Enfin, alors que l'intéressé a demandé, à la réception de la décision attaquée, à être reçu par ses responsables hiérarchiques, le courrier du 10 mars 2023 par lequel un entretien lui est proposé pour le 15 mars 2023, soit à la date même où la décision attaquée prenait effet, ne comporte aucune mention l'informant de son droit à obtenir communication de son dossier. Ainsi, M. B, qui n'a pas été préalablement informé de l'intention de l'administration, n'a pas été mis à même de solliciter la communication de son dossier. Par suite, il est fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure.
9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision attaquée doit être annulée.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Territoire de Belfort une somme de 1 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
11. Il n'y a en revanche pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par le département du Territoire de Belfort sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le président du conseil départemental du Territoire de Belfort a prononcé le changement d'affectation de M. B est annulée.
Article 2 : Il est mis à la charge du département du Territoire de Belfort une somme de 1 400 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par le département du Territoire de Belfort sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié M. A B et au président du conseil départemental du Territoire de Belfort.
Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 février 2025.
Le rapporteur,
P. Debat
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026