mardi 27 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 6 avril et 8 novembre 2023, le 19 novembre 2024 et les 6 et 7 avril 2025, l'association Jura Nature Environnement (JNE) demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2023 par lequel le préfet du Jura a abrogé l'arrêté du 12 mai 2022 portant dérogation à la limite de qualité pour le paramètre ESA-métolachlore sur l'eau potable distribuée par le syndicat mixte des eaux et d'assainissement de Beaufort, Sainte Agnès et environs ;
2°) de mettre en place un comité de surveillance et d'application de l'arrêté du 12 mai 2022 ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association Jura Nature Environnement soutient que :
- la décision attaquée est entachée de deux vices de forme, en raison de l'absence de publication sur le site internet de la préfecture du Jura et de l'absence de référence numérique ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'elle ne prend pas en compte les effets nocifs pour la santé des désherbants S-métolachlore et implique une absence de maîtrise de la réduction de ces produits.
Par un mémoire en défense enregistré le 22 août 2023, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable en raison de l'absence d'intérêt, de qualité et de capacité à agir de l'association requérante, ainsi que de l'imprécision des moyens ;
- les moyens soulevés par l'association requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;
- les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique ;
- et les observations de M. A, pour l'association Jura Nature Environnement.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la constatation d'un taux élevé de pesticides, notamment de ESA-métolachlore, dans l'eau potable distribuée par le syndicat mixte des eaux et d'assainissement de Beaufort, Sainte Agnès et environs, le préfet du Jura a accordé à celui-ci une dérogation à la limite de qualité pour le paramètre ESA-métolachlore, par un arrêté du 12 mai 2022 sur le fondement des dispositions des articles R. 1321-31 à R. 1321-36 du code de la santé publique et d'une instruction du 18 décembre 2020 relative à la gestion des risques sanitaires en cas de pesticides et métabolites de pesticides dans les eaux destinées à la consommation humaine, à l'exclusion des eaux conditionnées. Cet arrêté de dérogation autorisait la poursuite de la distribution d'eau sur une période de trois ans, et était assorti d'un suivi renforcé, d'une obligation d'information de la population et d'un plan d'action portant sur les mesures curatives et préventives à entreprendre afin de réduire la pollution diffuse. Cependant, un avis du 30 septembre 2022 de l'agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) a considéré l'ESA-métolachlore comme un métabolite " non-pertinent " pour les eaux destinées à la consommation humaine. Par conséquent, par un arrêté du 14 février 2023, dont l'association requérante demande l'annulation, le préfet du Jura a abrogé l'arrêté du 12 mai 2022.
Sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir :
2. En premier lieu, l'association requérante soutient que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme, en raison de l'absence de publication sur le site internet de la préfecture du Jura. Toutefois, une telle formalité, à supposer son absence établie, est sans influence sur la légalité de la décision en litige, laquelle s'apprécie à la date à laquelle elle est prise. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
3. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'absence de référence numérique n'est pas davantage de nature à entacher la légalité de la décision critiquée. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
4. En troisième lieu, pour contester la légalité interne de l'arrêté du 14 février 2023 abrogeant l'arrêté du 12 mai 2022, l'association requérante se borne à soutenir que la décision en litige néglige les effets nocifs pour la santé des désherbants S-métolachlore et qu'elle a pour conséquence une absence de maîtrise de la réduction de ces produits. Toutefois, la décision attaquée a seulement pour objet d'abroger l'arrêté du 12 mai 2022 qui accordait une dérogation à la limite de qualité pour le paramètre ESA-métolachlore, afin de tirer les conséquences de l'avis du 30 septembre 2022 de l'ANSES qui a considéré cette substance comme un métabolite " non-pertinent " pour les eaux destinées à la consommation humaine. A cet égard, l'association requérante n'apporte à l'appui de sa contestation aucun élément pertinent ni ne fait état de circonstances locales particulières qui seraient susceptibles de justifier le maintien des limites antérieures plus strictes. Elle ne démontre pas plus que les dispositifs de suivi et d'information mis en œuvre actuellement n'auraient pas efficacement pris le relais de ceux prévus par l'arrêté abrogé, notamment à travers les rubriques d'informations présentes sur le site internet du SMEA ou les informations faisant l'objet d'un affichage dans les mairies concernées ou l'information donnée aux conseils municipaux par les délégués syndicaux.
5. Il résulte de ce qui précède que l'association Jura Nature Environnement n'est pas fondée à soutenir, par les moyens qu'elle soulève, que l'arrêté du 14 février 2023 attaqué est entaché d'illégalité. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association Jura Nature Environnement est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Jura Nature Environnement et à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche.
Copie en sera transmise, pour infirmation, au préfet du Jura et au syndicat mixte eau et assainissement Beaufort
Délibéré après l'audience du 6 mai 2025, à laquelle siégeaient :
- Mme Michel, présidente ;
- M. Debat, premier conseiller ;
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 mai 2025.
La rapporteure,
C. Goyer-Tholon
La présidente,
F. MichelLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026