LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2300701

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2300701

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2300701
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantCGBG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, un mémoire complémentaire et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 avril 2023, 26 octobre 2023 et 5 février 2024, la SCI au Crah et M. A B, représentés par Me Maurin, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 octobre 2022, par lequel le maire de la commune de Beure a, au nom de l'Etat, délivré à un permis de construire en vue de modifier la volumétrie d'une construction située sur le territoire de sa commune, de créer deux terrasses, de supprimer des balcons et de modifier l'accès au garage de cette construction, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux du 22 février 2023 ;

2°) d'annuler le permis de construire initial délivré le 30 août 2021 par le maire de Beure ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Beure et de la somme globale de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :

- les permis de construire contestés constituent une " fraude aux autorisations de permis de construire " ;

- les modifications accordées par l'arrêté du 25 octobre 2022 " ont une ampleur trop importante pour être accordées par la voie d'un permis modificatif " ;

- l'arrêté du 25 octobre 2022 et la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté sont entachés d'un vice de forme ;

- le pétitionnaire n'a pas produit à l'appui de sa demande de permis modificatif les pièces nécessaires à la division foncière ;

- l'arrêté du 25 octobre 2022 méconnaît l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les articles L. 101-2 et suivants du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît l'article R. 111-7 du code l'urbanisme ;

- les règles de densité ne sont pas respectées.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 juillet 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Le préfet du Doubs fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 février 2024, M. et , représentés par Me Grillon, concluent au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge des requérants la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. et soutiennent que les conclusions présentées contre le permis de construire du 30 août 2021 sont irrecevables et font valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

La procédure a été communiquée à la commune de Beure qui n'a pas produit de mémoire.

Un mémoire enregistré le 15 mars 2023 pour la SCI au Crah et M. B n'a pas été communiqué.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seytel,

- les conclusions de M. C,

- les observations de Me Jacquet, substituant Me Maurin, pour la SCI au Crah et M. A B et de Me Tronche pour .

Considérant ce qui suit :

1. Le 30 août 2021, le maire de la commune de Beure a délivré, au nom de l'Etat, à un permis de construire deux maisons sur la parcelle cadastrée comportant déjà une maison. Par un arrêté du 25 octobre 2022, le maire a délivré au même demandeur un permis de construire modificatif de ces deux maisons. Le 26 décembre 2022, la SCI au Crah et M. B ont formé un recours contre ce permis de construire, qui a été tacitement rejeté par le maire de la commune de Beure. Les requérants demandent l'annulation de ces trois décisions.

Sur la légalité des décisions contestées :

2. En premier lieu, le permis de construire modificatif contesté porte sur deux maisons d'habitation. Il modifie la voie qui les dessert, autorise, pour chacune d'elles, la suppression de balcons et prévoit l'augmentation de la surface habitable et l'adjonction de terrasses. Ces modifications n'apportent pas à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. En outre, il n'est pas soutenu, ni même allégué, que les travaux autorisés par le permis de construire initial du 30 août 2021 étaient achevés à la date de l'arrêté contesté. Dans ces conditions, le permis modificatif contesté ne saurait être regardé comme un nouveau permis de construire se substituant au permis initial du 30 août 2021, de sorte que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir que de moyens en lien avec des vices propres du permis modificatif. En outre, le moyen tiré de ce qu'en raison de l'ampleur des modifications, seul un nouveau permis de construire pouvait être accordé, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'oblige l'autorité qui délivre un permis de construire à motiver cette décision par une analyse concrète du projet et à exposer ses conséquences sur les droits des tiers dans l'autorisation d'urbanisme délivrée ou en réponse à un recours gracieux formé contre cette autorisation d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré du vice de forme ne peut être qu'écarté.

4. En troisième lieu, il ne ressort pas de la demande de permis de construire modificatif que celui-ci porte sur une unité foncière devant faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement du projet. Ainsi, le moyen tiré de l'incomplétude de la demande de permis de construire, dès lors qu'elle ne contiendrait pas les documents afférents à la division en propriété ou en jouissance de la propriété d'assiette du projet, ne peut être qu'écarté.

5. En quatrième lieu et ainsi qu'il vient d'être exposé, le permis de construire contesté n'a pas pour objet la division en propriété ou en jouissance du terrain d'assiette du projet et il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige porte sur l'aménagement d'un lotissement. Dès lors, les requérants ne peuvent sérieusement soutenir que la demande a été présentée de manière à contourner les règles applicables en matière de lotissement. Par suite, le moyen tiré de ce qu'il y aurait eu " fraude aux autorisations de permis de construire " manque en fait et doit être écarté.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet () ". En l'espèce, en se bornant à soutenir que le projet ne prévoit pas suffisamment de places de stationnement, les requérants n'établissent pas que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'application des dispositions précitées et le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

7. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à son importance ou à la destination des constructions ou des aménagements envisagés, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie () ". L'autorisation d'urbanisme contestée prévoit la modification de la voie d'accès des constructions projetées qui est désormais rectiligne et d'une largeur d'au moins 4 mètres avec une pente de 18 %. La largeur de la voie permet le passage des véhicules de secours et de lutte contre les incendies et aucune disposition législative ou réglementaire n'interdit la construction de voies d'accès avec une pente de 18 %. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme doit être écarté en toutes ses branches.

8. En septième lieu, les dispositions des articles L. 101-2 et suivants du code de l'urbanisme ne sont opposables qu'à l'action des collectivités publiques et ne peuvent utilement être soulevées à l'encontre d'une autorisation d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que la modification de la voie d'accès va entraîner une artificialisation des sols qui méconnaitrait les objectifs prévus aux L. 101-2 et suivants du code de l'urbanisme, ne peut être qu'écarté.

9. En huitième lieu, aux termes de l'article R. 111-7 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer le maintien ou la création d'espaces verts correspondant à l'importance du projet () ". En l'espèce, en se bornant à s'interroger sur le maintien d'espaces verts, les requérants ne mettent pas à même le tribunal d'apprécier la portée du moyen soulevé qui, par suite, doit être écarté.

10. En dernier lieu, en soutenant qu'un projet de construire trois habitations avec une voie d'accès " en L " ne respecterait pas des règles qui limitent la densité, les requérants n'apportent aucun élément permettant d'apprécier le bien-fondé du moyen soulevé qui ne peut, dès lors, qu'être écarté.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 25 octobre 2022 qu'ils contestent, ainsi que la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cet arrêté. Sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par M. et , les conclusions aux fins d'annulation du permis initial du 30 août 2021 et par voie de conséquence du permis modificatif ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la commune de Beure et de M. et, qui ne sont pas des parties perdantes.

13. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la SCI au Crah et M. A B la somme demandée par M. et au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la SCI au Crah et de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par M. et sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI au Crah, à M. A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Beure et à M. et .

Une copie sera transmise, pour information, au préfet du Doubs.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le rapporteur,

J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. Pernot

La greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier (DEF)(/DEF)

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions