jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2300703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | MAYER-BLONDEAU GIACOMONI DICHAMP MARTINVAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 21 avril 2023 et 17 septembre 2024, Mme C A, représentée par Me Mayer-Blondeau, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 23 février 2023 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé son licenciement ;
2°) de mettre à la charge de la direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- sa mise à pied n'a pas été notifiée à l'inspecteur du travail dans le délai de 48 heures ;
- le comité économique et social n'a pas été saisi dans le délai de dix jours qui a suivi sa mise à pied ;
- une partie des faits reprochés ont déjà été sanctionnés d'un avertissement ;
- la décision contestée repose sur des faits qui ne sont pas fautifs ;
- les agissements reprochés ne sont pas d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 juin 2023, le directeur régional de l'économie, de l'emploi du travail et des solidarités (DREETS) de Bourgogne Franche-Comté conclut au rejet de la requête.
Le DREETS fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2023, la société Ages et Vie gestion, représentée par Me Flahaut, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Ages et Vie gestion fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion qui n'a pas produit de mémoire.
Un mémoire enregistré le 23 septembre 2024 pour la SAS Ages et Vie gestion n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. B,
- les observations de Me Hyvron, substituant Me Mayer-Blondeau, pour Mme A et de Me Flahaut pour la société Ages et Vie gestion.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, chargée de qualité au sein de la SAS Ages et Vie gestion à compter du 1er février 2021, a été élue le 28 juin 2022 membre suppléante du comité social et économique. Le 9 décembre 2022, Mme A a fait l'objet d'une mise à pied et, le 26 décembre 2022, la société Ages et Vie gestion a présenté à l'inspecteur du travail une demande d'autorisation de licenciement. Le 23 février 2023, l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement de la requérante. Mme A demande l'annulation de cette décision.
Sur légalité de la décision contestée :
2. Aux termes de l'article L. 2411-3 du code du travail : " Le licenciement d'un délégué syndical ne peut intervenir qu'après autorisation de l'inspecteur du travail () ". Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail saisi et, le cas échéant, au ministre compétent de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont il est investi.
3. Selon les termes de la décision contestée, celle-ci se fonde, d'une part, sur le comportement abusif et déloyal de Mme A, qui s'est traduit par des propos dénigrants et excessifs tenus auprès d'auxiliaires de vie employées par des résidences du réseau de la société Ages et Vie gestion et, d'autre part, en raison du soutien apporté par Mme A à des propos diffamatoires publiés sur le compte " Facebook " d'une ancienne salariée de cette société.
4. En tant que chargée de la qualité, Mme A a pour mission d'évaluer la qualité des services et des soins apportés aux résidents des maisons du réseau et d'améliorer les relations entre les gestionnaires de ces résidences et la direction de la société Ages et Vie gestion. L'article 10 du règlement intérieur de la société Ages et Vies dispose que : " tout salarié doit s'abstenir, pendant l'exécution de son contrat de travail, de tout acte contraire à l'intérêt de la société et notamment toute activité concurrente, pour son propre compte ou pour le compte d'un tiers, de dénigrer les produits, services ou l'activité de la société, de détourner la clientèle et de débaucher le personnel, ces faits pouvant donner lieu à poursuites et/ou sanctions disciplinaires ". Le contrat de travail de Mme A stipule à son article 37 que : " les sanctions, y compris le licenciement sans préavis ni indemnités de licenciement et de préavis avec mise à pied conservatoire immédiate, pourront être appliquées, notamment dans les cas suivant () critiques et dénigrements systématiques ".
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de ses missions, Mme A a expliqué, le 1er septembre 2022 à une auxiliaire de vie employée au sein d'une résidence gérée par la société, que les difficultés de recrutement s'expliquent par le niveau insuffisant des salaires et que les chaussures de sécurité ne devraient pas être à la charge des employés. Puis, le 3 octobre 2022, Mme A a indiqué à une auxiliaire de vie employée d'une autre résidence que des choix en terme de recrutement étaient discutables, en utilisant les propos " c'est déshabiller Paul pour déshabiller Jacques ". Ces opinions n'excèdent toutefois pas celles que peut tenir un salarié en charge de la qualité des services et au demeurant représentant du personnel.
6. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que Mme A a affiché son soutien à des propos polémiques publiés le 28 novembre 2022 sur le compte " Facebook " d'une ancienne salariée de la société Ages et Vie gestion. Eu égard aux missions de l'intéressée, qui représente la société Ages et Vie gestion auprès des résidences du réseau, ce soutien constitue un agissement fautif. Toutefois, il ressort d'un constat d'huissier de justice du 2 décembre 2022, produit par la société Ages et Vie gestion, que la publication litigieuse n'apparaissait pas sur les moteurs de recherche et que, pour y accéder, il était indispensable de pouvoir accéder au compte " Facebook " de son auteure. De plus, pour connaître la réaction de Mme A, il était nécessaire de cliquer sur un signe " PLUS " en dessous de la publication puis de faire défiler les réactions jusqu'à trouver le nom de l'intéressée. En conséquence, sa réaction a fait l'objet d'une faible diffusion sur le réseau social en cause, alors même que Mme A n'y était pas identifiable en tant que chargée de qualité, ni même en tant que salariée de la société Ages et Vie gestion. Pour l'ensemble de ces raisons, l'approbation de la publication en litige par Mme A n'a pas eu pour effet de mettre la société Ages et Vie gestion en difficulté auprès de ses partenaires ou de favoriser ses concurrents. Il s'ensuit que les faits reprochés à Mme A n'ont pas eu pour conséquence de rendre impossible son maintien sur des missions de chargée de la qualité.
7. Par suite, en estimant que les faits reprochés décrits au point 5 étaient fautifs et ceux exposés au point précédent étaient d'une gravité suffisante pour justifier un licenciement, l'inspecteur du travail a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 2411-3 du code du travail.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
10. Par ailleurs, ces dispositions font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de Mme A, qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 23 février 2023 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé le licenciement de Mme A est annulée.
Article 2 : L'Etat versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A, à la ministre du travail et de l'emploi et à la société Ages et Vie gestion.
Copie du jugement sera adressée, pour information, à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités de Bourgogne Franche-Comté.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLa présidente
S. Grossrieder La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026