mardi 26 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301266 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MIGLIORE GABIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 juin 2023, Mme C B, épouse D, représentée par Me Migliore, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 3 avril 2023 par lesquelles le préfet du Doubs lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'issue de ce délai ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour valide jusqu'au terme de la scolarité de son fils, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer sa situation et, dans l'attente de ce réexamen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) d'enjoindre au préfet du Doubs de procéder à la suppression de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
6°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros à Me Migliore, son avocat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision de refus de délivrance d'un titre de séjour :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier, réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles L. 423-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre qu'elle assortit ;
- elle méconnait les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreurs d'appréciation.
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour et de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
Par un mémoire en défense enregistré le 1er août 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B, épouse D ne sont pas fondés.
Mme B, épouse D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Kiefer, conseillère, a donné lecture de son rapport.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, épouse D, ressortissante turque née le 18 décembre 1977, est entrée en France le 31 octobre 2015 sous couvert d'un visa long séjour. Elle a épousé un ressortissant français, M. A D, le 12 juillet 2012 en Turquie et a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité de conjointe de français, renouvelés jusqu'au 6 octobre 2021. Le 23 août 2021, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 3 avril 2023, le préfet du Doubs a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée à l'issue de ce délai. Mme B, épouse D demande l'annulation de ces décisions.
Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
2. En premier lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet du Doubs a fait application pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à Mme B, épouse D. Elle indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet du Doubs s'est fondé. Ainsi, à sa seule lecture, cet arrêté permet à Mme B, épouse D de comprendre les motifs du refus de titre de séjour qui lui est opposé. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Doubs a procédé à un examen particulier, réel et sérieux de la situation personnelle Mme B, épouse D avant de refuser de lui accorder un titre de séjour.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ". Aux termes de l'article L. 423-3 du même code : " () / Le renouvellement de la carte est subordonné au maintien du lien conjugal et de la communauté de vie avec le conjoint qui doit avoir conservé la nationalité française ". Aux termes de l'article L. 423-5 de ce code : " La rupture de la vie commune n'est pas opposable lorsqu'elle est imputable à des violences familiales ou conjugales ou lorsque l'étranger a subi une situation de polygamie. / () ".
5. Il résulte de la combinaison des dispositions précitées qu'elles ne créent aucun droit au renouvellement du titre de séjour d'un étranger dont la communauté de vie avec son conjoint de nationalité française a été rompue en raison des violences conjugales qu'il a subies de la part de ce dernier. Toutefois, de telles violences, subies pendant la vie commune, ouvrent la faculté d'obtenir, sur le fondement de l'article L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, un titre de séjour, sans que cette possibilité soit limitée au premier titre de séjour. Il incombe à l'autorité préfectorale, saisie d'une telle demande, d'apprécier, sous l'entier contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si la situation de l'intéressé justifie la délivrance du titre à la date où il se prononce, en tenant compte, notamment, du délai qui s'est écoulé depuis la cessation de la vie commune et des conséquences qui peuvent encore résulter, à cette date, des violences subies.
6. Mme B, épouse D fait valoir que la rupture de la vie commune ne peut pas lui être opposée dès lors qu'elle a subi des violences conjugales ayant justifié cette rupture. Il ressort en effet des pièces du dossier qu'elle et son mari ne résident plus ensemble et qu'une procédure de divorce est en cours. Toutefois, les éléments relatifs aux violences conjugales versés au dossier, notamment les deux plaintes pour violences en date des 4 et 19 janvier 2016 relatant une pression morale et physique, des insultes, la confiscation de papiers d'identité et plusieurs altercations au cours desquelles son époux lui a serré les poignets et l'a poussée et maintenue sur leur lit, le certificat médical en date du 14 septembre 2015 faisant état d'hématomes compatibles avec une striction cutanée, et l'attestation d'une proche décrivant ces mêmes hématomes et témoignant avoir appelé la police sur sa demande, aussi regrettables qu'ils soient, concernent la première séparation de Mme B, épouse D et de son époux. Or, il ressort des déclarations de la requérante lors des auditions menées par les services de police en 2018 et en 2022 que celle-ci a effectivement été séparée une première fois de son mari de novembre 2016 à septembre 2017, mais que leur vie conjugale a repris jusqu'au 16 janvier 2020, date à laquelle son époux a définitivement quitté le domicile conjugal. Mme B, épouse D a également précisé durant sa dernière audition que les motifs de leur séparation sont relatifs aux liens entretenus par son époux avec son ex-épouse et sa famille ainsi qu'à des relations extraconjugales. Dans ces conditions, alors que les pièces du dossier ne permettent pas de considérer que la rupture cette fois définitive de la communauté de vie serait due à des violences conjugales, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation au regard des articles L.23-1 et L. 423-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () ". Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser de délivrer ou de renouveler un titre mentionné à l'article L. 423-13, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance ou le renouvellement d'un tel titre, et non de celui de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels les dispositions de l'article L. 423-13 ci-dessus renvoient.
8. Au regard de ce qui été dit au point 6 du présent jugement, Mme B, épouse D ne remplissait pas les conditions pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour. Par suite, le préfet du Doubs n'était pas tenu de soumettre son cas à la commission du titre de séjour avant de rejeter sa demande.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui bénéficie d'une ordonnance de protection en vertu de l'article 515-9 du code civil, en raison des violences exercées au sein du couple ou par un ancien conjoint, un ancien partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou un ancien concubin se voit délivrer, dans les plus brefs délais, une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / Une fois arrivée à expiration elle est renouvelée de plein droit à l'étranger qui continue à bénéficier d'une telle ordonnance de protection. / Lorsque l'étranger a porté plainte contre l'auteur des faits elle est renouvelée de plein droit pendant la durée de la procédure pénale afférente, y compris après l'expiration de l'ordonnance de protection ".
10. Alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme B, épouse D bénéficie d'une ordonnance de protection et que l'arrêté attaqué n'a pas pour objet de lui refuser le renouvellement d'une telle ordonnance, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et doit être écarté.
11. En sixième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
12. Il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.
13. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, épouse D réside habituellement sur le territoire français depuis 2015, qu'elle a exercé notamment en tant que vendeuse et agent de service dans le cadre de plusieurs contrats à durée déterminée et qu'elle a conclu un contrat à durée indéterminée à temps partiel avec un établissement de restauration rapide le 1er août 2021. Toutefois, elle est en instance de divorce de son époux de nationalité française, n'est pas dénuée de famille dans son pays d'origine, et ne justifie que d'une faible ancienneté dans son emploi actuel, qui n'implique pas de qualifications professionnelles particulières. Par ailleurs, la durée de la présence de Mme B, épouse D sur le territoire français ne constitue pas, par elle-même, une circonstance exceptionnelle d'admission au séjour. Dans ces conditions, et alors même que la requérante justifie d'une certaine intégration, notamment par les diplômes et attestations de formation linguistique et de connaissance des valeurs de la République produits en défense, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Doubs a pu estimer que sa situation ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.
14. Il résulte de ce qui précède que Mme B, épouse D n'est pas fondée, par les moyens qu'elle invoque, à demander l'annulation de la décision par laquelle le préfet du Doubs a rejeté la demande de renouvellement de son titre de séjour.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
15. Aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.
16. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, épouse D assure seule la garde de son enfant, né le 18 avril 2007 et arrivé en France avec elle en 2015. Par ailleurs, il ressort de plusieurs pièces produites à l'appui de sa requête et de sa demande de titre de séjour, notamment des certificats de scolarités et des attestations de voisins ou d'amis, que le fils de la requérante est scolarisé en France depuis le 1er septembre 2015, qu'il poursuit au titre de l'année scolaire 2023-2024 un cursus en seconde professionnelle " Métiers de la maintenance des matériels et des véhicules " et qu'il est gardien de but dans une équipe de foot depuis plusieurs années. Dans ces conditions, eu égard à l'âge de l'enfant lors de son arrivée sur le territoire français, à la durée de sa présence en France et à son intégration scolaire et extrascolaire, et alors même que son père réside dans son pays d'origine, le préfet du Doubs a porté atteinte à son intérêt supérieur en obligeant la requérante à quitter le territoire français.
17. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que Mme B, épouse D est fondée à demander l'annulation de la décision du 3 avril 2023 l'obligeant à quitter le territoire français ainsi que, par voie de conséquence, l'annulation de la décision fixant le pays de destination.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
18. D'une part, en application des dispositions combinées de l'article L. 911-2 du code de justice administrative et de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le présent jugement implique que l'autorité administrative réexamine la situation de Mme B, épouse D. Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet du Doubs d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
19. D'autre part, les conclusions présentées afin qu'il soit enjoint au préfet du Doubs de procéder à la suppression de la mention de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen sont sans objet du fait de l'absence d'une décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
Sur les frais liés au litige :
20. Mme B, épouse D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Toutefois, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Migliore d'une somme au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 3 avril 2023 obligeant Mme B, épouse D à quitter le territoire français et fixant le pays de destination sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Doubs de réexaminer la situation de Mme B, épouse D dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, épouse D, au préfet du Doubs et à Me Migliore.
Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- Mme Schmerber, présidente,
- Mme Diebold, première conseillère,
- Mme Kiefer, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.
La rapporteure,
L. Kiefer
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
E. Cartier
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
2/1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026