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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2301482

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2301482

jeudi 5 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2301482
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en plein contentieux, a rejeté la requête de M. B, professeur, qui contestait le retrait de son admission à la retraite anticipée au titre des carrières longues. Le requérant soutenait que l'administration n'avait pas tenu compte de six trimestres cotisés avant ses dix-huit ans. Le tribunal a jugé que, selon les articles L. 25 bis du code des pensions civiles et militaires de retraite et D. 16-1 du même code, les conditions de départ anticipé n'étaient pas remplies, car M. B ne justifiait pas de la durée d'assurance totale requise pour bénéficier de l'abaissement de l'âge de la retraite à soixante ans. La solution retenue est donc le rejet de la demande d'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2023.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 25 juillet 2023, M. A B doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté de la rectrice de l'académie de Besançon du 26 juillet 2023 par lequel l'arrêté du 1er février 2023 portant admission à la retraite à compter du 1er octobre 2023 a été annulé.

M. B soutient que la décision attaquée n'a pas tenu compte des six trimestres cotisés avant l'âge de dix-huit ans.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2024, la rectrice de l'académie de Besançon conclut au rejet de la requête.

La rectrice fait valoir que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 septembre 2024, le ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique conclut au rejet de la requête.

Le ministre fait valoir que le moyen soulevé par M. B n'est pas fondé.

Un mémoire a été enregistré pour M. B le 17 septembre 2024 et n'a pas été communiqué.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- le code de la sécurité sociale ;

- le code de justice administrative.

L'affaire, qui relève du 3° de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, a été renvoyée en formation collégiale, en application de l'article R. 222-19 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Marquesuzaa,

- les conclusions de M. C.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B, né le 12 avril 1963, est professeur certifié classe exceptionnelle au lycée Victor Hugo de Besançon. Par un arrêté du 1er février 2023, M. B a été admis à la retraite à compter du 1er octobre 2023. Par un mail du 25 juillet 2023, le service des retraites de l'Etat (SRE) l'a informé qu'il ne pouvait en réalité pas faire l'objet d'un départ anticipé au titre des carrières longues au 1er octobre 2023 et que la date d'effet de sa pension sera fixée au 1er avril 2024. Par un arrêté du 26 juillet 2023, l'arrêté du 1er février 2023 a été retiré. Par la présente requête, M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de cet arrêté.

2. Lorsqu'il est saisi d'un litige en matière de pension, il appartient au juge administratif, en sa qualité de juge de plein contentieux, de se prononcer sur les droits de l'intéressé en tenant compte de l'ensemble des circonstances de fait qui résultent de l'instruction, et aussi, le cas échéant, d'apprécier, s'il est saisi de moyens en ce sens ou au vu de moyens d'ordre public, la régularité de la décision en litige.

3. D'une part, aux termes de l'article L. 25 bis du code des pensions civiles et militaires de retraite : " L'âge d'ouverture du droit à une pension de retraite résultant de l'application de l'article L. 161-17-2 du code de la sécurité sociale est abaissé d'au moins un an pour les fonctionnaires relevant du régime des pensions civiles et militaires de retraite qui ont commencé leur activité avant un des quatre âges, dont le plus élevé ne peut excéder vingt et un ans, et dans des conditions déterminés par décret et ont accompli une durée totale d'assurance et de périodes reconnues équivalentes dans ce régime et, le cas échéant, dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires au moins égale à une limite définie par le même décret, qui ne peut être supérieure à la durée de services et bonifications requise pour obtenir le pourcentage maximum de la pension mentionné à l'article L. 13, tout ou partie de cette durée totale ayant donné lieu à cotisations à la charge du fonctionnaire. Ce décret précise les modalités d'application du présent article et, notamment, les conditions dans lesquelles, le cas échéant, une partie des périodes de service national et les périodes pendant lesquelles les fonctionnaires ont été placés en congé de maladie statutaire ainsi que les périodes comptées comme périodes d'assurance dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires au titre de la maladie, de la maternité et de l'inaptitude temporaire ainsi qu'en application des articles L. 381-1 et L. 381-2 du code de la sécurité sociale et les périodes pendant lesquelles les fonctionnaires, les magistrats et les militaires vérifiaient les conditions d'affiliation à l'assurance vieillesse du régime général mentionnées aux mêmes articles L. 381-1 et L. 381-2, mais étaient affiliés à un régime spécial peuvent être réputées avoir donné lieu au versement de cotisations à la charge de l'assuré ".

4. D'autre part, aux termes de l'article D. 16-1 du code des pensions civiles et militaires de retraite, dans sa version applicable depuis le 1er septembre 2023 : " I. - Pour les fonctionnaires qui justifient d'une durée d'assurance dans le régime des pensions civiles et militaires de retraite et, le cas échéant, dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires ayant donné lieu à cotisations à leur charge au moins égale à la durée mentionnée à l'article L. 161-17-3 du code de la sécurité sociale, l'âge prévu à l'article L. 161-17-2 du même code est abaissé, en application de l'article L. 25 bis du présent code : / () / 2° A soixante ans pour ceux d'entre eux qui ont débuté leur activité avant l'âge de dix-huit ans / () / II. - Par dérogation au I, le droit à liquidation anticipée à compter d'un certain âge des fonctionnaires nés entre le 1er septembre 1961 et le 31 décembre 1969 est ouvert aux fonctionnaires selon les conditions de date de naissance et d'âge de début d'activité fixées par le tableau ci-dessous ". L'article D. 16-3 du même code dispose que : " Pour l'application de la condition de début d'activité définie à l'article D. 16-1, sont considérés comme ayant débuté leur activité avant l'âge de seize, dix-sept ou vingt ans les fonctionnaires justifiants : / - soit d'une durée d'assurance d'au moins cinq trimestres à la fin de l'année au cours de laquelle est survenu, respectivement, leur seizième, dix-huitième, vingtième ou vingt-et-unième anniversaire () ".

5. Enfin, aux termes de l'article L. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite : " I. - La durée d'assurance totalise la durée des services et bonifications admissibles en liquidation prévue à l'article L. 13, augmentée, le cas échéant, de la durée d'assurance et des périodes reconnues équivalentes validées dans un ou plusieurs autres régimes de retraite de base obligatoires () ". Aux termes de l'article L. 13 du même code : " I. - La durée des services et bonifications admissibles en liquidation s'exprime en trimestres. Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le pourcentage maximum de la pension civile ou militaire est celui mentionné au 6° de l'article L. 161-17-3 du code de la sécurité sociale ". Et en application de l'article L. 161-17-3 du code de la sécurité sociale : " Pour les assurés des régimes auxquels s'applique l'article L. 161-17-2, la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une pension de retraite au taux plein et la durée des services et bonifications nécessaire pour obtenir le pourcentage maximum d'une pension civile ou militaire de retraite sont fixées à : / () / 4° 170 trimestres, pour les assurés nés en 1963 ; / 5° 171 trimestres, pour les assurés nés en 1964 ; / 6° 172 trimestres, pour les assurés nés à partir du 1er janvier 1965 ".

6. Il résulte de la combinaison de l'ensemble des dispositions précitées qu'un fonctionnaire relevant de la fonction publique d'Etat peut bénéficier d'un départ en retraite anticipé au titre d'une activité professionnelle de longue durée à l'âge de 60 ans, à la double condition de comptabiliser au moins cinq trimestres cotisés avant son vingtième anniversaire et de justifier, dans le régime des pensions civiles et militaires de retraite et, le cas échéant, dans un ou plusieurs autres régimes obligatoires, d'une durée d'assurance ayant donné lieu à cotisations à sa charge au moins égale à la durée d'assurance définie à l'article L. 14 du code des pensions civiles et militaires de retraite et applicable l'année où il atteint l'âge de 60 ans, à savoir pour les assurés nés en 1963, un total de 170 trimestres.

7. Il est constant que M. B comptabilise au moins cinq trimestres cotisés avant son vingtième anniversaire. Toutefois, l'administration a relevé que l'intéressé ne remplissait pas, à la date du 1er octobre 2023, la seconde condition exigée au point précédent à savoir un total de 170 trimestres de cotisation. A cet égard, il résulte de l'instruction que la durée d'assurance cotisée par M. B était, à cette date, seulement de 168 trimestres et 15 jours. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que l'administration n'a pas tenu compte des six trimestres cotisés avant l'âge de dix-huit ans pour ne l'admettre à la retraite qu'au 1er octobre 2023. Par suite, ce moyen doit être écarté.

8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 26 juillet 2024. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la rectrice de l'académie de Besançon et au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie.

Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Grossrieder, présidente,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.

La rapporteure,

A. MarquesuzaaLa présidente,

S. GrossriederLa greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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