jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301530 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLT DROIT PUBLIC |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 4 août 2023, Mme A C, représentée par Me Dravigny, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 juin 2023 par laquelle le directeur général du centre hospitalier universitaire (CHU) de Besançon l'a exclue définitivement du centre hospitalier ;
2°) d'enjoindre au directeur général du CHU de Besançon de la réintégrer dans ses fonctions dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et de reconstituer ses droits ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans ce même délai ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C soutient que :
- à titre principal, la décision attaquée est entachée d'une erreur dans la qualification juridique des faits dès lors que les manquements relevés sont seulement constitutifs d'une insuffisance professionnelle ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure et d'une erreur de droit dès lors que, contrairement aux dispositions de l'article L. 327-11 du code général de la fonction publique, le licenciement ne pouvait intervenir moins de six mois après le début du stage, les manquements relevés n'étant pas constitutifs d'une faute ;
- à titre subsidiaire, elle est disproportionnée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que l'avis du conseil de discipline sur lequel elle se fonde est insuffisamment motivé et ce, en méconnaissance des dispositions de l'article 20 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière ;
- elle est insuffisamment motivée et ce, en méconnaissance des dispositions de l'article 20 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 novembre 2023, le CHU de Besançon, représenté par Me Bonnet, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme C lui verse une somme de 3 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le CHU de Besançon fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le décret n° 89-822 du 7 novembre 1989 ;
- le décret n° 97-487 du 12 mai 1997 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa,
- les conclusions de M. B,
- les observations de Me Issartel pour le CHU de Besançon.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C, titulaire du diplôme d'Etat d'infirmière depuis le 8 juillet 2022, a été nommée infirmière stagiaire à compter du 19 septembre 2022 au sein du CHU de Besançon. Elle a été affectée en tant qu'infirmière en soins généraux stagiaire à compter du 19 septembre 2022 au sein du service de cardiologie, puis du service de pneumologie B en novembre 2022. Le 1er janvier 2023, elle a commis une erreur d'administration médicamenteuse à la suite de laquelle, le 14 févier 2023, elle a fait l'objet d'une décision de suspension à titre conservatoire à compter du 20 février 2023. Par une décision du 13 juin 2023, le directeur général du CHU de Besançon l'a exclue définitivement de ses fonctions. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de cette décision.
2. D'une part, aux termes de l'article 2 du décret du 12 mai 1997 fixant les dispositions communes applicables aux agents stagiaires de la fonction publique hospitalière : " Les agents stagiaires sont soumis aux dispositions des lois du 13 juillet 1983 et du 9 janvier 1986 susvisées et à celles des décrets pris pour leur application dans la mesure où elles sont compatibles avec leur situation particulière et dans les conditions et sous les réserves prévues par le présent décret ". Aux termes de l'article 20 du même décret : " Lorsqu'elle engage une procédure disciplinaire, l'administration doit informer l'intéressé qu'il a le droit d'obtenir la communication de l'intégralité de son dossier individuel et qu'il peut se faire assister par un ou plusieurs défenseurs de son choix. / Les sanctions autres que l'avertissement et le blâme sont prononcées après avis de la commission administrative paritaire prévue à l'article 34 du présent décret, siégeant en conseil de discipline. / L'avis de la commission et la décision qui prononce la sanction doivent être motivés ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 9 du décret du 7 novembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires relevant de la fonction publique hospitalière : " Le conseil de discipline, compte tenu des observations écrites et des déclarations orales produites devant lui, ainsi que des résultats de l'enquête à laquelle il a pu être procédé, émet un avis motivé sur les suites qui lui paraissent devoir être réservées à la procédure disciplinaire engagée. / () ". Aux termes de l'article 11 du même décret : " L'avis émis par le conseil de discipline est communiqué sans délai au fonctionnaire intéressé ainsi qu'à l'autorité qui exerce le pouvoir disciplinaire. Celle-ci statue par décision motivée ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que l'exigence de motivation de l'avis de la commission administrative paritaire compétente siégeant en conseil de discipline constitue une garantie et, d'autre part, que cette motivation peut être attestée par la production, sinon de l'avis motivé lui-même, du moins du procès-verbal de la réunion de cette commission comportant des mentions suffisantes.
5. En l'espèce, alors que Mme C soutient qu'il n'est pas établi que l'avis de la commission paritaire administrative siégeant en conseil de discipline aurait été régulièrement motivé, il ressort des pièces du dossier que ni cet avis, ni même le procès-verbal de la séance au cours de laquelle la commission a émis cet avis n'ont été produits par le CHU de Besançon. Dans ces conditions, l'exigence de motivation attendue ne saurait être regardée comme respectée ce qui a privé l'intéressée d'une garantie. Par suite, le moyen est fondé et doit être accueilli.
6. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme C est fondée à demander l'annulation de la décision du 13 juin 2023.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
7. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision du 13 juin 2023 implique nécessairement, compte tenu de l'absence de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, que le CHU de Besançon procède à la réintégration juridique et effective de Mme C en qualité de stagiaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme C, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que le CHU de Besançon demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
9. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du CHU de Besançon une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par Mme C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 13 juin 2023 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur général du CHU de Besançon de procéder à la réintégration juridique et effective de Mme C en qualité de stagiaire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le CHU de Besançon versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier universitaire de Besançon.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
A. MarquesuzaaLa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026