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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2301544

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2301544

jeudi 20 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2301544
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 août 2023 et 22 mars 2024, M. B A, représenté par Me Bochet-Allanet, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 16 mai 2023 par laquelle le directeur du conseil national des activités de sécurité (CNAPS) a retiré la carte professionnelle lui permettant d'exercer la profession d'agent privé de sécurité ;

2°) d'enjoindre au CNAPS de lui restituer sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité ;

3°) de mettre à la charge du CNAPS la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 févier 2024, le CNAPS conclut au rejet de la requête.

Le CNAPS fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité publique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seytel,

- les conclusions de M. C

- les observations de Me Bocher-Allanet pour M. A.

Considérant ce qui suit :

1. Le 20 juin 2019, le directeur du CNAPS a délivré à M. A une carte professionnelle pour l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité. Par un courrier du 8 février 2023, l'intéressé a été informé que le directeur du CNAPS envisageait de la lui retirer. Par une décision du 16 mai 2023, dont M. A demande l'annulation, le directeur du CNAPS a retiré la carte professionnelle qui lui avait été délivrée.

Sur la légalité de la décision contestée :

2. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " () La carte professionnelle peut être retirée lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues aux 1°, 2°, 3°, 4° et 5° du présent article () " et aux termes de ce même article : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / 1° S'il a fait l'objet d'une condamnation à une peine correctionnelle ou à une peine criminelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire () 2° S'il résulte de l'enquête administrative () que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ; () ".

3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à la délivrance d'une carte professionnelle d'agent de sécurité à M. A, l'intéressé a été condamné le 7 octobre 2022 à une peine de dix-huit mois d'emprisonnement dont douze mois avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits commis entre le 15 décembre 2019 et le 29 juin 2020 de violence sans incapacité, entre le 1er décembre 2019 et le 2 décembre 2022 de harcèlement et dégradations des conditions de vie, entre le 4 mars 2022 et le 30 août 2022 d'appels téléphoniques malveillants réitérés, entre le 13 février 2022 et le 26 août 2022 de menaces de mort réitérées, entre le 4 mars 2022 et le 5 mars 2022 d'envois réitérés de messages malveillants, entre le 6 juillet 2022 et le 12 août 2022 d'atteinte à l'intimité de la vie privée par captation, enregistrement ou transmission de la localisation d'une personne, entre le 26 janvier 2022 et le 30 août 2022 de dégradation ou détérioration d'un bien appartenant à autrui, entre le 1er janvier 2022 et le 26 août 2022 de menaces réitérées de destruction dangereuse pour les personnes et le 15 mars 2022 de dénonciation mensongère à une autorité judiciaire ou administrative entrainant des recherches inutiles.

4. Les agissements qui ont fait l'objet de la condamnation du 7 octobre 2022 traduisent un comportement de M. A qui n'est pas compatible avec l'exercice de la profession d'agent privé de sécurité. De plus, ces agissements présentent un caractère grave, se sont répétés sur plusieurs années, étaient très récents à la date de la décision contestée et sont intervenus alors que M. A était titulaire de la carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Les circonstances que les faits s'inscrivent dans le cadre d'une séparation maritale " particulièrement douloureuse ", que l'intéressé a reconnu sa responsabilité, exerce la profession d'agent de sécurité de manière honorable depuis de nombreuses années et bénéficie de plusieurs témoignages qui lui sont favorables ne suffisent pas, compte tenu de ce qui vient d'être exposé, à infirmer l'appréciation du directeur du CNAPS sur les agissements de M. A. Enfin, l'arrêt du 26 janvier 2023 de la cour d'appel de Besançon, qui a pour effet d'effacer l'inscription de la condamnation précédemment rappelée du casier judiciaire de M. A, ne permet pour autant pas de justifier d'un comportement compatible pour l'exercice de la profession d'agent de sécurité. Cet arrêt n'a pas non plus pour objet ni pour effet d'obliger le directeur du CNAPS à restituer à l'intéressé sa carte professionnelle dès lors que l'autorité administrative n'est jamais tenue, pour refuser ou retirer cette carte, par l'absence de mentions au bulletin n° 2 du casier judiciaire de l'intéressé. Il s'ensuit que le directeur du CNAPS n'a pas entaché la décision contestée d'une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure et, par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.

Sur les autres demandes :

6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, la demande d'injonction doit être rejetée.

7. Par ailleurs, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du CNAPS qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :

- Mme Grossrieder, présidente,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.

Le rapporteur,

J. Seytel

La présidente,

S. Grossrieder

La greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

(DEF)(/DEF)

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