vendredi 8 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301545 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 21 août et 7 septembre 2023, M. C B, représenté par Me Bocher-Allanet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de la décision par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) lui a retiré sa carte d'agent privé de sécurité le 16 mai 2023, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
2°) d'enjoindre au directeur du CNAPS de l'autoriser à exercer son activité d'agent privé de sécurité dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du CNAPS une somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'urgence est constituée par la suspension de son contrat de travail depuis le 26 juin 2023 et l'absence de tout revenu depuis cette date alors qu'il doit subvenir aux besoins de quatre enfants ;
- la décision attaquée présente un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;
- il n'est pas justifié de l'habilitation des personnes ayant consulté les fichiers de police et de gendarmerie qui ont permis au directeur du CNAPS de prendre connaissance des infractions commises par l'intéressé ;
- la non inscription au bulletin numéro 2 de la condamnation pénale prononcée contre lui le 7 octobre 2022 fait obstacle à ce que les faits commis puissent fonder la décision attaquée et à ce que la juridiction confirme la légalité de cette décision.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 août et 8 septembre 2023, le directeur du CNAPS conclut au rejet de la requête.
Le CNAPS soutient que :
- l'urgence à suspendre la décision attaquée n'est pas établie dès lors que l'intérêt public justifie le maintien de l'exécution de cette décision et qu'en outre le référé a été introduit tardivement ;
- il n'existe pas de doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée dès lors notamment que les infractions commises par l'intéressé et pour lesquelles il a été condamné par le tribunal correctionnel de Besançon le 7 octobre 2022 sont graves, que la dispense d'inscription de cette condamnation au bulletin numéro 2 de son casier judiciaire ne lui a été octroyée que postérieurement à la consultation du casier judiciaire par les services du CNAPS le 24 janvier 2023 et qu'en outre les services de police de la Moselle ont adressé au CNAPS le 23 janvier 2023 un rapport le concernant dont il ressort qu'il a commis de nombreuses infractions de 2001 à 2022.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 19 août 2023 sous le numéro 2301544 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. A en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 8 septembre 2023 en présence de Mme Chiappinelli, greffière, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Bocher-Allanet, représentant M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a obtenu le 20 juin 2019 une carte professionnelle d'agent de sécurité privée. Par un arrêté du 16 mai 2023, le directeur du CNAPS a procédé au retrait de cette carte sur le fondement de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. Par le présent recours, M. B demande la suspension des effets de cette décision.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ".
3. En l'état de l'instruction et sans qu'il soit besoin de statuer sur l'urgence, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
4. La présente ordonnance, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant, n'appelle, par elle-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CNAPS, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice de M. B au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et au Conseil national des activités privées de sécurité.
Fait à Besançon, le 8 septembre 2023.
Le juge des référés,
A. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2301545
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