jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301550 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ANNE LAGARRIGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 août 2023 et 2 avril 2024, l'association Pro Natura Jussey demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 16 juin 2023 en tant seulement que le maire de la commune de Jussey a interdit la marche pour la biodiversité organisée le 17 juin 2023 de 14h30 à 16h30 dans les rues Victor Hugo, Gambetta et de l'Hôtel de Ville ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Jussey la somme de 100 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
L'association Pro Natura Jussey soutient que :
- le mémoire en défense de la commune est irrecevable ;
- la marche organisée le 17 juin 2023 n'était pas de nature à troubler l'ordre public ;
- la décision contestée n'est pas adaptée, nécessaire et proportionnée aux risques de trouble à l'ordre public ;
- elle méconnaît la liberté d'expression ;
- l'arrêté contesté ne lui a pas été notifié ;
- le délai de réponse à la déclaration de manifester est excessif.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 janvier et 30 avril 2024, la commune de Jussey, représentée par Me Lagarrigue, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'association requérante la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune soutient que les moyens soulevés par l'association Pro Natura Jussey ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. B,
- les observations de M. A pour l'association Pro Natura Jussey.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 juin 2023, l'association Pro Natura Jussey a déclaré une marche pour la biodiversité dans les rues de Jussey, qui devait se tenir le 17 juin 2023 de 14h30 à 16h30. Par un arrêté du 16 juin 2023, le maire de Jussey a autorisé cette manifestation en la " cantonnant sur la place du Pré Jean Roche ". L'association Pro Natura Jussey demande l'annulation de cet arrêté, en tant qu'il interdit la marche organisée dans les rues Victor Hugo, Gambetta et de l'Hôtel de Ville.
Sur la légalité de la décision contestée :
2. Aux termes de l'article L. 211-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumis à l'obligation d'une déclaration préalable tous cortèges, défilés et rassemblements de personnes, et, d'une façon générale, toutes manifestations sur la voie publique () " et aux termes de l'article L. 211-4 du même code : " Si l'autorité investie des pouvoirs de police estime que la manifestation projetée est de nature à troubler l'ordre public, elle l'interdit par un arrêté qu'elle notifie immédiatement aux signataires de la déclaration au domicile élu () ".
3. En application de ces dispositions, le maire de Jussey a limité la manifestation organisée le 17 juin 2023 de 14h30 à 16h30 par l'association Pro Natura Jussey à la place du Pré Jean Roche, en estimant que dans les rues Victor Hugo, Gambetta et de l'Hôtel de Ville, " rues commerçantes à forte fréquentation ", la commune ne disposait pas " des moyens humains et matériels pour assurer la sécurité de cette manifestation et des personnes y prenant part ". Toutefois, le choix d'un parcours qui emprunte des rues commerçantes ne permet pas, à lui seul, de démontrer que la manifestation déclarée serait de nature à troubler l'ordre public. Ainsi, la commune de Jussey, qui se borne à opposer le manque de moyens humains et matériels, n'établit pas la réalité du trouble à l'ordre public allégué pour justifier une restriction de la manifestation organisée par l'association requérante à la seule place du Pré Jean Roche. Par suite, le moyen tiré de ce que la marche organisée par l'association Pro Natura Jussey n'était pas de nature à troubler l'ordre public doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête et d'examiner la fin de non-recevoir opposée par l'association Pro Natura Jussey tenant à la recevabilité de la défense de la commune, que cette association est fondée à demander l'annulation de l'arrêté qu'elle conteste en tant seulement qu'il a interdit la marche pour la biodiversité le 17 juin 2023 de 14h30 à 16h30 dans les rues Victor Hugo, Gambetta et de l'Hôtel de Ville à Jussey.
Sur les frais liés au litige :
5. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Jussey la somme de 100 euros demandée par l'association Pro Natura Jussey au titre des frais liés au litige.
6. En revanche, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de l'association Pro Natura Jussey qui n'est pas la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 16 juin 2023, en tant seulement que le maire de Jussey a interdit la marche pour la biodiversité organisée par l'association Pro Natura Jussey le 17 juin 2023 de 14h30 à 16h30 dans les rues Victor Hugo, Gambetta et de l'Hôtel de Ville, est annulé.
Article 2 : La commune de Jussey versera à l'association Pro Natura Jussey la somme de 100 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Jussey sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association Pro Natura Jussey et à la commune de Jussey.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. Grossrieder
La greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026