jeudi 20 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301718 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 31 août 2023 et 1er novembre 2023, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 22 mars 2023 par laquelle le maire de la commune de Huanne-Montmartin a, au nom de l'Etat, délivré un certificat d'urbanisme opérationnel pour un projet situé sur le territoire de sa commune.
M. A soutient que :
- le projet en litige se situe dans la partie urbanisée de la commune ;
- il ne compromet aucune activité agricole.
Par un courrier, enregistré le 5 octobre 2023, la commune de Huanne-Montmartin indique qu'elle est favorable au projet et que la décision contestée relève des services déconcentrés de l'Etat.
Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2023, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 31 août 2022, M. A a présenté une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la construction de deux appartements dans un bâtiment existant situé sur le territoire de la commune de Huanne-Montmartin (Doubs) ainsi que la construction de quatre habitations supplémentaires sur ce même terrain. Par un certificat d'urbanisme du 22 mars 2023, le maire de Huanne-Montmartin a, au nom de l'Etat, indiqué que le terrain peut être utilisé pour la construction de deux appartements dans le volume du bâtiment existant, qu'en revanche la construction de quatre habitations supplémentaires ne pouvait être envisagée. M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de ce certificat d'urbanisme positif en tant qu'il refuse la construction de quatre habitations supplémentaires.
2. Aux termes de l'article L. 111-3 du code de l'urbanisme : " En l'absence de plan local d'urbanisme, de tout document d'urbanisme en tenant lieu ou de carte communale, les constructions ne peuvent être autorisées que dans les parties urbanisées de la commune " et aux termes de l'article L. 111-14 du même code : " En dehors des parties urbanisées des communes, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation ou sa destination : / 1° A favoriser une urbanisation dispersée incompatible avec la vocation des espaces naturels environnants, en particulier lorsque ceux-ci sont peu équipés ; / 2° A compromettre les activités agricoles ou forestières, notamment en raison de la valeur agronomique des sols, des structures agricoles, de l'existence de terrains faisant l'objet d'une délimitation au titre d'une appellation d'origine contrôlée ou d'une indication géographique protégée ou comportant des équipements spéciaux importants, ainsi que de périmètres d'aménagements fonciers et hydrauliques ; () ".
3. D'une part, il ressort des pièces du dossier que la parcelle d'assiette du projet est située à l'extrême Est de la commune de Huanne-Montmartin sur un terrain largement constitué d'espaces naturels, eux-mêmes ouverts sur un ensemble naturel plus vaste. De plus, et en dépit de sa proximité avec l'église, le projet n'est pas situé au centre du village et n'a pas pour effet de le densifier. Dans ces conditions, la construction de quatre habitations supplémentaires envisagée par le projet en litige favorisera une urbanisation dispersée. Au demeurant, si M. A soutient que le projet est un habitat participatif respectueux de l'environnement, cette situation ne permet pas de déroger aux dispositions citées au point précédent. Enfin, le fait que la parcelle d'assiette du projet est desservie par les réseaux et une voie publics existants et qu'elle comporte déjà une construction ne suffit pas à regarder la construction envisagée comme s'intégrant dans une partie urbanisée de la commune. Dès lors, le maire agissant au nom de l'Etat a pu légalement, dans la décision contestée, opposer le motif tiré de ce que le projet de construire quatre habitations supplémentaires se situe en dehors des parties urbanisées de la commune.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet possède une vocation agricole qui serait en partie compromise par la réalisation du projet en litige. Les circonstances que l'exploitation agricole de ce terrain implique au préalable certains aménagements ou encore que la commune n'ait pas jugé opportun de préempter ce terrain, à supposer d'ailleurs les conditions légales réunies pour une telle préemption, ne sauraient obérer sa vocation agricole. Dès lors, le maire agissant au nom de l'Etat a pu, dans la décision contestée, légalement opposer le motif tiré de ce que le projet se situe sur un terrain à vocation agricole.
5. Par suite, les moyens tirés de ce que le maire de la commune aurait, au nom de l'Etat, entaché la décision contestée d'une inexacte application des dispositions citées au point 2 doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de la transition écologique et la cohésion des territoires.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Doubs et à la commune de Huanne-Montmartin.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2024.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière(DEF)(/DEF)
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