vendredi 22 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301798 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERTIN BRIGITTE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 septembre 2023, Mme A B, représentée par Me Bertin, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel le préfet du Doubs a décidé de la remettre aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel le préfet Doubs l'a assignée à résidence dans le département de la Haute-Saône pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de 48 heures à compter de la notification du jugement à intervenir, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de 8 jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme B soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté de remise aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile :
- il méconnaît les articles 4 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il méconnaît les articles 21 et 22 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il méconnaît les articles 3 et 17 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013.
En ce qui concerne l'arrêté l'assignant à résidence :
- il est illégal par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'arrêté de remise aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile,
- il méconnaît l'article L. 751-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Le préfet du Doubs a produit des pièces enregistrées le 22 septembre 2023 à 11h20
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Seytel, conseiller, pour statuer en application de l'article R. 776-15 du code de justice administrative, l'article L. 614-9 et de l'article L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique qui s'est tenue à partir de 11 h 45 :
- le rapport de M. Seytel, conseiller ;
- les observations de Me Bouchoudjian, substituant Me Bertin pour Mme B, qui s'en rapporte pour l'essentiel aux écritures et fait état des difficultés pour l'Italie de respecter les conditions matérielles d'accueil des demandeurs d'asile et la situation de vulnérabilité de la requérante qui vit seule avec un enfant en bas âge ;
- les observations de Mme B, assistée par téléphone de M. C, interprète en langue Malinké/ Bambara, qui fait état des conditions de prise en charge insuffisantes en Italie et la nécessité pour son enfant d'aller à l'école ;
- les observations de Mme D, pour la préfecture du Doubs, qui indique que les difficultés que peuvent rencontrer les autorités italiennes sont sans lien avec la situation de l'île de Lampedusa, que tous les pays européens connaissent des difficultés dans l'accueil et l'hébergement des demandeurs d'asile et que selon les écritures de la requérante, celle-ci a bien eu accès à un hébergement et qu'elle n'a pas de problème d'état de santé.
La clôture de l'instruction a été prononcée à 11 h 57.
Une note en délibéré, présentée pour Mme B, par Me Bertin a été enregistrée le 22 septembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, ressortissant guinéenne, est entrée sur le territoire français à une date indéterminée et a déposé une demande d'asile en France le 27 mars 2023. La consultation du fichier Eurodac a fait ressortir que Mme B a été identifiée le 23 février 2023 en Italie et elle n'établit pas avoir, depuis lors, quitté le territoire des Etats membres pendant une durée au moins égale à trois mois. Le préfet du Doubs a alors saisi les autorités italiennes, lesquelles ont implicitement accepté la prise en charge de la demande d'asile présentée par Mme B. Par des arrêtés du 15 septembre 2023, le préfet du Doubs a décidé, d'une part, de remettre Mme B aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile et, d'autre part, de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois. Mme B demande l'annulation de ces arrêtés.
Sur la légalité des arrêtés contestés :
En ce qui concerne l'arrêté de transfert aux autorités responsables de la demande d'asile :
2. Il résulte de l'article 4 du règlement UE du 26 juin 2013, que l'administration qui entend faire application de ce règlement à un demandeur d'asile doit lui remettre, dès le moment où le préfet est informé que ce demandeur est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments mentionnés au paragraphe 1 de cet article.
3. L'arrêté contesté a pour objet de remettre aux autorités italiennes, Mme A B, née le 1er janvier 2005, qui a déposé une demande d'asile en France le 27 mars 2023. Or, pour justifier du respect de la procédure prévue par le règlement UE du 26 juin 2013, le préfet produit des pièces qui concernent une demandeuse d'asile, dénommée A B, née le 10 janvier 1999 et qui a déposé une demande d'asile le 28 avril 2023. Dans ces circonstances, le préfet du Doubs n'établit pas avoir respecté, dans le cadre de la demande d'asile de la requérante, l'obligation prévue à l'article 4 du règlement UE du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit être accueilli.
4. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés contre l'arrêté contesté, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel elle a été remise aux autorités italiennes.
En ce qui concerne l'arrêté d'assignation à résidence :
5. Aux termes de l'article L. 572-7 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de transfert est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues au livre VII. L'autorité administrative statue à nouveau sur le cas de l'intéressé. ".
6. L'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2023 portant transfert aux autorités italiennes de Mme B entraîne, par voie de conséquence, l'annulation de l'arrêté assignant l'intéressée à résidence édicté le même jour.
7. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens soulevés contre l'arrêté contesté, que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel elle a été assignée à résidence.
Sur la demande d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement implique que le préfet du Doubs statue à nouveau sur la situation de Mme B. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de lui enjoindre d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Bertin d'une somme de 1 000 euros HT, en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve du renoncement par cette avocate au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
DECIDE :
Article 1 : L'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel le préfet du Doubs a décidé de remettre Mme B aux autorités italiennes en vue de l'examen de sa demande d'asile est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 15 septembre 2023 par lequel le préfet Doubs a assigné à résidence Mme B dans le département de la Haute-Saône pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois est annulé.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Doubs de statuer à nouveau sur la situation de Mme B dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'Etat versera à Me Bertin la somme de 1000 euros HT en application des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve du renoncement par ce conseil au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, au préfet du Doubs et au préfet de la Haute-Saône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 septembre 2023.
Le magistrat désigné,
J. Seytel
La greffière,
S. Matusinski
La République mande et ordonne au préfet du Doubs et au préfet de la Haute-Saône en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026