LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2301826

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2301826

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2301826
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantDSC AVOCATS TA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 septembre 2023 et 22 décembre 2023, Mme B A, représentée par Me Hebmann et Me Ciaudo, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la délibération du 23 mars 2023 par laquelle le conseil municipal de Champlitte a approuvé la mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme ainsi que la décision du 21 juillet 2023 de rejet du recours gracieux formé contre cette délibération ;

2°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2023 par lequel le préfet de la Haute-Saône a accordé à la société Solefra 16 un permis de construire une centrale solaire sur le territoire de la commune de Champlitte ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Champlitte la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme A soutient que :

En ce qui concerne la délibération du 23 mars 2023 :

- les conditions de publicité de l'enquête publique méconnaissent l'article R. 123-11 du code de l'environnement ;

- les modalités d'organisation de l'enquête publique méconnaissent l'article R. 123-10 du code de l'environnement ;

- l'étude environnementale réalisée dans le cadre de l'opération de construction en litige est insuffisante ;

- le classement des parcelles cadastrées et en zone Npv est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le classement des terrains cadastrés et en zone Npv est incompatible avec les orientations du schéma de cohérence territoriale du Pays Graylois.

En ce qui concerne l'arrêté du 17 avril 2023 :

- il est illégal par voie de conséquence de l'illégalité de la délibération du 23 mars 2023.

Par un mémoire en défense, enregistré le 8 novembre 2023, la commune de Champlitte, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Champlitte fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 10 janvier 2024, la société Solefra 16, représentée par Me Harada, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Solefra 16 soutient que son intervention est recevable, que la demande d'annulation du permis de construire délivré le 17 avril 2023 est tardive et fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

La procédure a été communiquée au préfet de la Haute-Saône qui n'a pas produit de mémoire.

Un mémoire enregistré le 14 février 2024 pour la commune de Champlitte n'a pas été communiqué.

Un mémoire enregistré le 4 mars 2024 pour Mme A n'a pas été communiqué.

En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Seytel,

- les conclusions de M. C,

- les observations de Me Weber pour Mme A, de Me Suissa pour la commune de Champlitte et de Me Terray pour la société Solefra 16.

Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération adoptée le 23 mars 2023, le conseil municipal de Champlitte a mis en compatibilité son plan local d'urbanisme avec une déclaration de projet de centrale solaire au sol. Par un courrier du 19 mai 2023, reçu le 22 mai suivant, Mme A a formé un recours gracieux contre cette délibération, rejeté par une décision du 21 juillet 2023 du maire de la commune. En outre, par un arrêté du 17 avril 2023, le préfet de la Haute-Saône a accordé à la société Solefra 16 un permis de construire une centrale solaire sur le territoire de la commune de Champlitte. Mme A demande l'annulation de la délibération adoptée par le conseil municipal de la commune de Champlitte le 23 mars 2023, l'annulation de la décision de rejet de son recours gracieux et l'annulation du permis de construire précité.

Sur la légalité de la délibération du 23 mars 2023 et de la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cette délibération :

En ce qui concerne l'intervention de la société Solefra 16 :

2. La délibération contestée met en compatibilité le plan local d'urbanisme de la commune de Champlitte avec une déclaration de projet de centrale solaire au sol et concerne en particulier deux parcelles qui correspondent à l'emprise de l'autorisation d'urbanisme rappelée au point 1. La société Solefra 16 étant la bénéficiaire de cette autorisation d'urbanisme, elle dispose d'un intérêt au maintien des décisions contestées. Par suite, son intervention est recevable.

En ce qui concerne la légalité des décisions contestées :

3. Aux termes de l'article L. 131-4 du code de l'urbanisme : " Les plans locaux d'urbanisme et les documents en tenant lieu ainsi que les cartes communales sont compatibles avec : / 1° Les schémas de cohérence territoriale prévus à l'article L. 141-1 ; () ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient aux auteurs des plans locaux d'urbanisme, qui déterminent les partis d'aménagement à retenir en prenant en compte la situation existante et les perspectives d'avenir, d'assurer, non leur conformité aux énonciations des schémas de cohérence territoriale, mais leur compatibilité avec les orientations générales et les objectifs qu'ils définissent. Pour apprécier la compatibilité d'un plan local d'urbanisme avec un schéma de cohérence territoriale, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert en prenant en compte l'ensemble des prescriptions du document supérieur, si le plan ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation du plan à chaque disposition ou objectif particulier. Par ailleurs, les orientations du schéma de cohérence territoriale du Pays Graylois, qui comprend le territoire de la commune de Champlitte, prévoient que " les centrales photovoltaïques et solaires ne sont autorisées qu'en dehors d'espaces d'intérêt écologique, paysager ou agricole () ".

4. Afin de rendre compatible le plan local d'urbanisme de la commune de Champlitte avec la déclaration de projet d'une centrale solaire au sol, la délibération contestée a classé des terrains cadastrés et en zone Npv. Elle a par ailleurs modifié le règlement du plan local d'urbanisme qui prévoit désormais que le secteur Npv " correspond à une centrale solaire au sol ". Il ressort toutefois des pièces du dossier, et notamment de l'avis adopté lors de la séance du 27 juillet 2021 du conseil général de l'environnement et du développement durable de la mission régionale d'autorité environnementale Bourgogne-Franche-Comté, que les parcelles en litige sont situées au sein de milieux xériques ouverts et que 138 espèces végétales ont été recensées dans ces milieux, dont deux patrimoniales, parmi lesquelles la cotonnière des champs qui est classée en danger selon la liste rouge régionale. De plus, le secteur en litige constitue un milieu favorable pour la reproduction d'espèces nicheuses dont le bruant jaune, le bruant proyer, la pie grièche écorcheur et la tourterelle des bois qui sont recensés comme espèces menacées à l'échelle nationale ou régionale. Il constitue également un lieu favorable à des espèces d'amphibiens, dont certaines sont protégées telles que l'azuré et le serpolet. Enfin, l'enquête publique réalisée dans le cadre de la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme indique que le secteur contient " un corridor en pas japonais de la trame verte permettant le déplacement de la faune et de la flore ". Dès lors, ces parcelles doivent être regardées comme des " espaces d'intérêt écologique " au sens des orientations précitées du schéma de cohérence territoriale du Pays Graylois. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'analyse globale du territoire couvert par le plan local d'urbanisme permettait d'envisager l'implantation de la centrale solaire dans d'autres secteurs que celui en litige. Dans ces conditions, le classement en zone naturelle " Npv " approuvé par la délibération contestée contrarie l'objectif de construire les centrales photovoltaïques et solaires uniquement en dehors des " espaces d'intérêt écologique ". Par suite, le moyen tiré de ce que la modification du plan local d'urbanisme approuvée par la délibération en litige n'est pas compatible avec le schéma de cohérence territoriale du Pays Graylois doit être accueilli.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de la délibération qu'elle conteste ainsi que de la décision portant rejet du recours gracieux formé contre cette délibération. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens soulevés n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.

Sur la légalité du permis de construire délivré le 17 avril 2023 :

6. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée " et aux termes de l'article R. 311-6 de ce code : " I.- Le présent article régit les litiges portant sur les installations et ouvrages suivants, y compris leurs ouvrages connexes : () / - ouvrages de production d'électricité à partir de l'énergie solaire photovoltaïque d'une puissance égale ou supérieure à 5 MW ; () / Il s'applique aux décisions suivantes, y compris de refus () : () / 7°Le permis de construire mentionné à l'article L. 421-1 du code de l'urbanisme ; () II.- Le cas échéant par dérogation aux dispositions spéciales applicables aux décisions mentionnées au I, le délai de recours contentieux contre ces décisions est de deux mois à compter du point de départ propre à chaque réglementation. Ce délai n'est pas prorogé par l'exercice d'un recours administratif ()

IV.- Les dispositions du présent article s'appliquent aux décisions mentionnées au I prises entre le 1er novembre 2022 et le 31 décembre 2026 ".

7. Il n'est pas contesté par Mme A qu'elle a, par courrier daté du 15 juin 2023, formé un recours gracieux à l'encontre de l'arrêté contesté. Par conséquent, l'intéressée était réputée avoir eu la connaissance acquise du permis de construire contesté à cette date, laquelle constitue le point de départ du délai de recours contentieux de deux mois prévu à l'article R. 421-1 du code de justice administrative. En outre, l'arrêté contesté a été adopté postérieurement au 1er novembre 2022 et autorise la construction d'un ouvrage de production d'électricité à partir d'énergie solaire photovoltaïque d'une puissance supérieure à 5 MW. Dès lors, la notification de la décision du 20 juillet 2023 par laquelle le préfet de la Haute-Saône a rejeté le recours gracieux formé contre cet arrêté n'a pas eu pour effet de faire redémarrer le délai de recours contentieux. Dans ces conditions, les conclusions tendant à l'annulation du permis de construire délivré le 17 avril 2023, présentées par Mme A dans son mémoire en réplique enregistré le 22 décembre 2023, sont tardives. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société Solefra 16 doit être accueillie.

8. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2023.

Sur les frais liés au litige :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Champlitte une somme de 1 500 euros à verser à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

10. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux demandes de la commune de Champlitte et de la société Solefra 16 présentées sur le même fondement.

D E C I D E :

Article 1 : L'intervention de la société Solefra 16 est admise.

Article 2 : La délibération du 23 mars 2023 par laquelle le conseil municipal de Champlitte a approuvé la mise en compatibilité de son plan local d'urbanisme avec la déclaration de projet d'une centrale solaire au sol ainsi que la décision du 21 juillet 2023 portant rejet du recours gracieux formé contre cette délibération sont annulées.

Article 3 : La commune de Champlitte versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à la commune de Champlitte, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et à la société Solefra 16.

Une copie du jugement sera adressée, pour information, au préfet de la Haute-Saône.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,

- M. Seytel, conseiller,

- Mme Marquesuzaa, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

Le rapporteur,

J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,

A. Pernot

La greffière,

C. Quelos

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

(DEF)(/DEF)

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions