jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2301857 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SOLER-COUTEAUX SELARL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 26 septembre 2023 et 13 septembre 2024, Mme C A, représentée par Me Tronche, demande au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme négatif qui lui a été délivré le 30 juillet 2023 par le maire de la commune de Bletterans ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Bletterans de lui délivrer un certificat d'urbanisme mentionnant le caractère réalisable de l'opération projetée, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bletterans une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- le projet litigieux est conforme à la destination de l'emplacement réservé n° 3 dès lors que celui-ci se limite à la création d'un bouclage entre le chemin des Toupes et la rue du Rondeau ;
- il est compatible avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune de Bletterans dès lors, d'une part, que la parcelle constitue une voie ouverte à la circulation automobile et permet de desservir les propriétés riveraines et, d'autre part, qu'elle prévoit que les véhicules motorisés pourront exceptionnellement être tolérés dans certaines situations (déménagement, secours, accès PMR, etc.) ;
- il ne méconnaît ni les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ni celles de l'article 3-U du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bletterans dès lors qu'étant conforme à l'emplacement réservé n° 3 et compatible avec l'OAP n° 1, la construction ne saurait être regardée comme étant projetée sur un terrain enclavé.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 14 mars et 20 septembre 2024, la commune de Bletterans, représentée par Me Waltuch, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que Mme A lui verse une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa,
- les conclusions de M. B,
- les observations de Me Tronche pour Mme A et de Me Erkel pour la commune de Bletterans.
Une note en délibéré, présentée par Mme A, a été enregistrée le 30 septembre 2024.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 février 2023, Mme A a déposé une demande de certificat d'urbanisme en vue d'une division de la parcelle afin de procéder à l'édification d'une maison individuelle. Le 14 avril 2023, le maire de la commune de Bletterans lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif. Par un courrier du 5 juin 2023, Mme A a formé un recours gracieux contre cette décision. Par un courrier du 7 juillet 2023, le maire de la commune de Bletterans a informé la requérante de son intention de procéder au retrait de ce certificat d'urbanisme et l'a invitée en conséquence à formuler des observations. Ce certificat a été retiré le 25 juillet 2023. Le 30 juillet suivant, un second certificat d'urbanisme négatif lui a été délivré. Par la présente requête, Mme A conteste cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Une décision rejetant une demande d'autorisation d'urbanisme pour plusieurs motifs ne peut être annulée par le juge de l'excès de pouvoir à raison de son illégalité interne, réserve faite du détournement de pouvoir, que si chacun des motifs qui pourraient suffire à la justifier sont entachés d'illégalité. En outre, en application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, le tribunal administratif saisi doit, lorsqu'il annule une telle décision de refus, se prononcer sur l'ensemble des moyens de la demande qu'il estime susceptibles de fonder cette annulation, qu'ils portent d'ailleurs sur la légalité externe ou sur la légalité interne de la décision. En revanche, lorsqu'il juge que l'un ou certains seulement des motifs de la décision de refus en litige sont de nature à la justifier légalement, le tribunal administratif peut rejeter la demande tendant à son annulation sans être tenu de se prononcer sur les moyens de cette demande qui ne se rapportent pas à la légalité de ces motifs de refus.
3. Aux termes de l'article L. 152-1 du code de l'urbanisme : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ".
4. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.
5. En l'espèce, l'OAP n°1 du plan local d'urbanisme et, plus précisément, son schéma d'aménagement, prévoit sur la parcelle qui dessert le terrain d'assiette du projet en litige, la création d'une voie de circulation réservée aux modes de déplacement doux. Le point n° 1. 3 de cette orientation précise que, dans ces itinéraires dédiés aux modes doux, les véhicules motorisés pourront exceptionnellement être tolérés dans certaines situations. A cet égard, elle liste de manière non exhaustive les situations suivantes : " déménagement, secours, accès PMR, etc. ". Si, ainsi que le soutient la requérante, la circulation automobile n'est pas totalement et de manière absolue interdite sur cette voie, les dérogations ainsi visées, eu égard à leur caractère de simples tolérances exceptionnelles, ne sauraient inclure les trajets journaliers que l'édification d'une maison individuelle pourrait générer. Dès lors, le projet porté par Mme A, en ce qu'il induit la circulation régulière, voire quotidienne, de véhicules à moteur sur la parcelle , contrarie l'objectif précité. Par suite, la requérante ne saurait utilement soutenir que le projet d'urbanisme en litige est compatible avec l'OAP n°1 du plan local d'urbanisme de la commune de Bletterans.
6. Le motif tiré de l'incompatibilité avec l'OAP n° 1 du plan local d'urbanisme de la commune de Bletterans étant, à lui seul, de nature à justifier légalement le certificat d'urbanisme négatif, l'éventuelle illégalité des autres motifs de refus de l'autorisation d'urbanisme ne serait pas de nature à entacher d'illégalité la décision attaquée, dès lors qu'il résulte de l'instruction que le maire de la commune de Bletterans aurait pris la même décision s'il n'avait retenu que le motif dont la légalité est confirmée au point 5 du présent jugement.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens invoqués, Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 30 juillet 2023. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de Mme A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Bletterans et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Bletterans la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A et à la commune de Bletterans.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
La rapporteure,
A. MarquesuzaaLa présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Jura en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026