jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2302051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEGI CONSEILS BOURGOGNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 20 octobre 2023 et 21 mai 2024, M. B A, représenté par Me Joudelat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la délibération du 13 juin 2023 par laquelle la commission départementale d'aménagement foncier (CDAF) de la Haute-Saône a statué sur la réclamation de relative aux attributions décidées dans le cadre du projet d'aménagement foncier lié à la déviation de la route nationale (RN) 19 ;
2°) de mettre à la charge du département de la Haute-Saône les dépens et la somme de 4 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est dépourvue de base légale ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur de la qualification juridique des faits.
Par un mémoire en défense enregistré le 19 avril 2024, le département de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Le département fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une intervention enregistrée le 6 septembre 2024, , représenté par Me Costa Ramos, demande que le tribunal rejette la requête de M. A et que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. A sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à et , propriétaires intéressés, qui n'ont pas produit de mémoire.
Un mémoire, enregistré pour M. A le 19 septembre 2024, n'a pas été communiqué.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. C,
- les observations de Me Joudelat pour M. A.
Considérant ce qui suit :
1. En 2014, la déviation de la route nationale 19 a conduit le président du conseil général de la Haute-Saône à ordonner une opération d'aménagement foncier agricole et forestier incluant les communes d'Amblans et Velotte, Genevreuille, Pomoy, Bouhans-les-Lure et Mollans. M. A, sont propriétaires de parcelles incluses dans le périmètre de l'opération. Par une délibération du 17 octobre 2022, la commission intercommunale d'aménagement foncier (CIAF) a statué sur les réclamations de différents propriétaires. A cette occasion, elle a fait droit à la demande de M. A consistant à créer pour son usage personnel un chemin sur une parcelle appartenant à de façon à lui permettre de ne plus emprunter la RN 19 pour rejoindre ses terres agricoles. Par une délibération du 13 juin 2023, la CDAF a examiné différentes réclamations dont celle formée par . La CDAF a alors décidé de ne pas maintenir la décision prise par la CIAF suite à la demande de M. A et a réintégré la surface initialement attribuée à M. A au parcellaire de l'ancien propriétaire, . M. A demande l'annulation de cette délibération en tant qu'elle fait droit à la demande de .
Sur l'intervention de :
2. M. A conteste le refus de la CDAF de créer un chemin sur la propriété de . Dès lors, a intérêt au maintien de la décision contestée et son intervention est recevable.
Sur la légalité de la décision contestée :
3. En premier lieu, il est constant que la décision contestée fait droit à la réclamation présentée par Mme et M. devant la CDAF. Elle constitue ainsi une décision favorable aux demandeurs de sorte que M. A ne peut utilement soutenir qu'elle devait être motivée. En tout état de cause, la délibération vise les dispositions du code rural et de la pêche maritime et indique les circonstances de faits qui ont conduit la CDAF à ne pas maintenir la décision de la CIAF. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut être qu'écarté.
4. En deuxième lieu et ainsi qu'il a été rappelé au point 1, la décision contestée a été prise dans le cadre de l'opération d'aménagement foncier agricole et forestier en vue de créer une déviation de la RN 19. Elle procède des dispositions des articles L. 123-1 et suivants du code rural et de la pêche maritime. Par suite, le moyen tiré de l'absence de base légale permettant à la CDAF d'adopter la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 123-1 du code rural et de la pêche maritime : " L'aménagement foncier agricole, forestier et environnemental, applicable aux propriétés rurales non bâties, se fait au moyen d'une nouvelle distribution des parcelles morcelées et dispersées / Il a principalement pour but, par la constitution d'exploitations rurales d'un seul tenant ou à grandes parcelles bien groupées, d'améliorer l'exploitation agricole des biens qui y sont soumis. Il doit également avoir pour objet l'aménagement rural du périmètre dans lequel il est mis en œuvre () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que l'opération d'aménagement foncier en litige n'a pas pour effet de modifier les conditions d'accès de M. A à ses terres agricoles dès lors qu'avant comme après l'opération, il devra emprunter la RN 19 pour s'y rendre depuis son bâtiment d'exploitation. Il en résulte qu'il ne peut utilement soutenir que ses conditions d'exploitation auraient été aggravées par l'opération d'aménagement foncier en raison du refus de la CDAF de maintenir le chemin dont la création avait été acceptée le 17 octobre 2022 par la CIAF. Par suite, ainsi soulevé, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut être qu'écarté.
7. En dernier lieu, M. A soutient que les motifs pour lesquels la CDAF a refusé de maintenir l'existence d'un chemin d'exploitation sur la parcelle de seraient entachés d'une erreur de fait dès lors que les nuisances invoquées par du fait de ce chemin ne seraient pas établies. Toutefois, le refus de maintenir l'existence de ce chemin n'ayant pas aggravé les conditions d'exploitation de M. A, la circonstance que cette décision soit entachée d'une erreur de fait est sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen soulevé en ce sens ne peut être qu'écarté.
8. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.
Sur les autres demandes :
9. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Dès lors, la demande d'injonction doit être rejetée.
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge du département de la Haute-Saône, qui n'est pas la partie perdante.
11. Par ailleurs, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. A une somme demandée par au titre des frais liés au litige.
12. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les demandes présentées à ce titre par M. A, d'une part, et , d'autre part, doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de est admise.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Les conclusions présentées par sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au département de la Haute-Saône, à , et à .
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
J. SeytelLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
(DEF)(/DEF)
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026