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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2302106

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2302106

jeudi 9 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2302106
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 8 novembre 2023, M. A D, représenté par Me Tronche, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 30 octobre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Saône lui a retiré son attestation de demande d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office à l'expiration de ce délai de départ volontaire et lui a fait interdiction de revenir sur le territoire français durant un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet de la Haute-Saône l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans l'attente de l'exécution de la mesure d'éloignement ;

3°) d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de réexaminer sa situation dans le délai de d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer durant cet examen une autorisation provisoire de séjour dans le délai de cinq jours à compter de cette notification ;

4)° à titre subsidiaire, de suspendre la mesure d'éloignement jusqu'à la date de lecture en audience publique de la décision de la CNDA ou de la date de notification de l'ordonnance de la CNDA, et d'enjoindre au préfet de la Haute-Saône de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

5°) en, tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros hors-taxe, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la décision portant retrait de l'attestation de demande d'asile est entachée d'une erreur de droit en ce que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée et n'a pas procédé à un examen individuel de sa situation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant retrait de l'attestation de demande d'asile ;

- l'habilitation du signataire de cette décision n'est pas établie ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

- la décision fixant un délai de départ volontaire de trente jours est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- la mesure d'assignation à résidence est illégale du fait de l'illégalité de la mesure d'éloignement dans l'attente de l'exécution de laquelle elle a été prise ;

- il doit être mis en mesure de se présenter devant la Cour nationale du droit d'asile pour pouvoir présenter son récit et produire toutes pièces utiles.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 novembre 2023, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête, et à titre subsidiaire, dans l'hypothèse d'une annulation, à la réduction des frais irrépétibles à la somme de 300 euros.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Diebold, première conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 776-15 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Diebold, première conseillère,

- les observations de Me Tronche, représentant M. D, qui reprend l'argumentation de la requête en soulignant qu'il n'est pas justifié de la publication régulière de la décision de délégation de signature de sorte que son opposabilité n'est pas établie.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. D, ressortissant géorgien né le 24 février 1982, est arrivé en France le 11 avril 2023 selon ses déclarations. Il a présenté, le 22 juin suivant, une demande d'asile qui a été instruite en procédure accélérée du fait de sa provenance d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr et rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 28 août 2023. Par un arrêté du 30 octobre 2023, le préfet de la Haute-Saône lui a retiré son attestation de demandeur d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, a désigné le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé d'office, l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français durant un an à compter de l'exécution effective de la mesure d'éloignement. M. D demande l'annulation de ces décisions ou, à défaut, la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision portant retrait de l'attestation de demande d'asile :

2. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Haute-Saône a effectivement procédé à un examen de la situation personnelle de M. D, en particulier au regard des éventuels risques encourus par l'intéressé dans son pays d'origine, avant de retirer son attestation de demande d'asile et ne s'est pas estimé en situation de compétence liée pour procéder à ce retrait.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 () Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". Aux termes de l'article L. 531-24 de ce code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé. ".

4. En l'espèce, M. D, ressortissant géorgien, est originaire d'un pays considéré comme sûr par une délibération du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Par une décision du 28 août 2023, cet office, statuant en procédure accélérée, a rejeté sa demande d'asile. Le 10 octobre 2023, la demande d'aide juridictionnelle de M. D, effectuée le 11 septembre 2023 pour former un recours devant la Cour nationale du droit d'asile, a été acceptée. M. D soutient qu'il a subi des persécutions de la part des autorités géorgiennes, a été emprisonné illégalement en raison de l'influence de son ancienne belle-famille mais aussi de ses fonctions de policier en poste de 2004 à 2012 sous l'ancien gouvernement, et risque de subir de nouvelles persécutions. Il ne produit toutefois pas de pièce susceptible de venir au soutien de son récit, alors qu'il est resté en Géorgie jusqu'en 2023 avant de venir en France. Par suite, M. D ne peut pas être regardé comme établissant la réalité des faits allégués et l'existence de risques personnels et actuels qu'il encourrait en cas de retour en Géorgie. En conséquence, en retirant l'attestation de demande d'asile de M. D, le préfet de la Haute-Saône n'a pas méconnu ni les dispositions de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

6. Compte-tenu de ce qui a été dit au point 4, le préfet de la Haute-Saône n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis une erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

7. En premier lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées que la décision de retrait de l'attestation de demande d'asile ne constitue pas la base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité des décisions de retrait des attestations de demande d'asile doit être écarté comme inopérant.

8. En deuxième lieu, la décision en litige a été signée par M. B C, directeur de la citoyenneté, de l'immigration et des libertés publiques à la préfecture de la Haute-Saône, qui disposait d'une délégation de signature du préfet de la Haute-Saône, par un arrêté n° 70-2023-10-16-00007 du 16 octobre 2023, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture au recueil spécial 70-2023-129, comme il ressort de la consultation du site internet de la préfecture de la Haute-Saône, accessible tant au juge qu'aux parties, l'autorisant expressément à signer les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision attaquée doit être écarté comme manquant en fait.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

10. Si le requérant fait valoir les risques de persécutions encourus en cas de retour en Géorgie, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre d'une décision portant obligation de quitter le territoire français qui n'a pas pour objet de fixer le pays à destination duquel l'intéressé sera reconduit. Par suite, et compte-tenu de ce qui a été dit aux points 4 et 6, le préfet n'a pas davantage commis d'erreur manifeste d'appréciation.

En ce qui concerne la décision désignant le pays de destination :

11. En premier lieu, il résulte de l'examen ci-avant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette mesure d'éloignement à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision désignant le pays à destination duquel il pourrait être éloigné d'office.

12. En second lieu, aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. " et ce dernier texte énonce que " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".

13. Ces dispositions combinées font obstacle à ce que puisse être légalement désigné comme pays de destination d'un étranger faisant l'objet d'une mesure d'éloignement un Etat pour lequel il existe des motifs sérieux et avérés de croire que l'intéressé s'y trouverait exposé à un risque réel pour sa personne, soit du fait des autorités de cet Etat, soit même du fait de personnes ou de groupes de personnes ne relevant pas des autorités publiques, dès lors que, dans ce dernier cas, les autorités de l'Etat de destination ne sont pas en mesure de parer à un tel risque par une protection appropriée.

14. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 4, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. D encourrait en Géorgie des risques personnels et actuels qui permettraient de regarder le préfet de la Haute-Saône comme ayant méconnu les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision d'octroi d'un délai de départ volontaire de trente jours :

15. Il résulte de l'examen ci-avant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette mesure d'éloignement à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui accordant un délai de trente jours pour exécuter volontairement cette obligation.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :

16. Il résulte de l'examen ci-avant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette mesure d'éloignement à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision lui faisant interdiction de retourner sur le territoire français durant un an à compter de l'exécution effective de cette obligation.

En ce qui concerne la décision d'assignation à résidence :

17. Il résulte de l'examen ci-avant de la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, que M. D n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette mesure d'éloignement à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision l'assignant à résidence dans l'attente de l'exécution de cette obligation.

18. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions contestées du 30 octobre 2023.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

19. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". En application de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

20. Il ressort des pièces du dossier que M. D a présenté, le 11 septembre 2023, une demande d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle en vue de saisir la Cour nationale du droit d'asile d'un recours à l'encontre de la décision du 28 août 2023 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qui a rejeté sa demande d'asile, et qu'il été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale le 10 octobre 2023.

21. A l'appui de sa demande de suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, M. D fait valoir qu'il souhaite présenter son véritable récit devant la Cour nationale du droit d'asile, faute d'avoir pu le faire devant l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Ces éléments, dépourvus de précision notamment sur les raisons de son absence de présentation à l'entretien auquel il avait été convoqué par l'Office ou encore sur les menaces actuelles qu'il encourrait en Géorgie, sont toutefois insuffisants pour permettre de regarder M. D comme présentant des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer la suspension de l'exécution de la mesure d'éloignement prise à son encontre.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

22. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation et de suspension, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens de l'article L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

23. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil du requérant, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. D est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D et au préfet de la Haute-Saône.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 9 novembre 2023.

La magistrate désignée,

N. DieboldLa greffière,

S. Matusinski

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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