mercredi 29 janvier 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2302398 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DSC AVOCATS TA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 16 décembre 2023 et 19 avril 2024, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 24 juin 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Montbenoît a approuvé son plan local d'urbanisme en tant qu'il classe la parcelle cadastrée en zone naturelle et la grève des emplacements réservés n° 1 et n° 2 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Montbenoît une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'emplacement réservé n° 1 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que cette aire de retournement n'est pas nécessaire et qu'en tout état de cause, des terrains communaux pourraient être utilisés pour ce faire ;
- l'emplacement réservé n° 2 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'un chemin est déjà existant de sorte que ce projet ne présente aucun intérêt général ;
- le classement de sa parcelle en zone naturelle est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle constitue une dent creuse et qu'elle ne fait pas partie des corridors à protéger.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2024, la commune de Montbenoît, représentée par Me Suissa, conclut au rejet de la requête et, en outre, à ce que M. B lui verse une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que :
- la requête est irrecevable car tardive ;
- subsidiairement, aucun des moyens invoqués par M. B n'est fondé.
En application des dispositions de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour présider la deuxième chambre du tribunal, en cas de vacance ou d'empêchement.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Marquesuzaa,
- les conclusions de M. C,
- les observations de M. B et de Me Suissa pour la commune de Montbenoit.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 24 juin 2022, le conseil municipal de la commune de Montbenoît a approuvé son plan local d'urbanisme en tant notamment qu'il classe la parcelle cadastrée en zone naturelle et la grève des emplacements réservés n° 1 et n° 2. Par un courrier du 4 juillet 2023, réceptionné le 23 août suivant, M. B, propriétaire de la parcelle concernée, a formé un recours gracieux contre cette décision expressément rejeté le 23 octobre 2023. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette délibération en tant qu'elle approuve le classement de la parcelle cadastrée en zone naturelle et la grève des emplacements réservés n° 1 et n° 2.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques ; / 2° Des emplacements réservés aux installations d'intérêt général à créer ou à modifier () ".
3. L'appréciation à laquelle se livrent les auteurs d'un plan local d'urbanisme lorsqu'ils décident de créer des emplacements réservés ne peut être discutée devant le juge de l'excès de pouvoir que si elle repose sur des faits matériellement inexacts, si elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ou si elle procède d'un détournement de pouvoir. En outre, l'intention d'une commune de réaliser un aménagement sur une parcelle suffit à justifier légalement son classement en tant qu'emplacement réservé sans qu'il soit besoin pour la commune de faire état d'un projet précisément défini. Enfin, il n'appartient pas au juge d'apprécier l'utilité publique de l'opération à laquelle est destiné l'emplacement ni l'opportunité du choix de la localisation d'un emplacement réservé par rapport à d'autres localisations possibles.
4. En premier lieu, l'emplacement réservé n° 1 a été élaboré en vue de permettre la création d'une placette de retournement afin de faciliter les manœuvres pour le camion de ramassage des ordures ménagères. Compte tenu de l'étendue du contrôle exercé par le tribunal telle qu'elle a été précisée au point 3 du présent jugement, le requérant ne peut utilement soutenir que cette aire de retournement ne serait pas utile ou qu'elle aurait pu être prévue sur des parcelles communales adjacentes. Dans ces conditions, la décision attaquée qui crée l'emplacement réservé n° 1 n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'emplacement réservé n° 2 est destiné à créer un cheminement piétonnier reliant le chemin des Moines au cœur du village. Compte tenu de l'étendue du contrôle exercé par le tribunal, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la circonstance que ce cheminement serait inutile eu égard à l'existence de deux autres chemins à proximité. En outre, si le chemin projeté présentera nécessairement une certaine déclivité compte tenu de la configuration de la parcelle en litige, cette circonstance n'est pas suffisante pour retenir l'existence d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 151-24 du code de l'urbanisme : " Les zones naturelles et forestières sont dites " zones N ". Peuvent être classés en zone naturelle et forestière, les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison : / 1° Soit de la qualité des sites, milieux et espaces naturels, des paysages et de leur intérêt, notamment du point de vue esthétique, historique ou écologique ; / 2° Soit de l'existence d'une exploitation forestière ; / 3° Soit de leur caractère d'espaces naturels ; / 4° Soit de la nécessité de préserver ou restaurer les ressources naturelles ; / 5° Soit de la nécessité de prévenir les risques notamment d'expansion des crues ".
7. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan, en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
8. Il ressort des pièces du dossier que la parcelle litigieuse, dépourvue de toute construction et bordée à l'ouest et au sud par des terrains à l'état naturel, ne saurait, pour ce dernier motif, être regardée comme " une dent creuse ". En outre, le projet d'aménagement et de développement durable du plan local d'urbanisme de la commune de Montbenoît fait apparaitre un objectif de " [maintien] d'une cohérence environnementale, paysagère et [de préservation] des continuités écologiques ". Dans ces conditions, eu égard aux caractéristiques propres de cette parcelle et au parti d'aménagement retenu par les auteurs du plan local d'urbanisme, la délibération attaquée, en tant qu'elle approuve le classement de la parcelle en zone naturelle, n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation. Par suite, ce moyen doit être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la recevabilité de la requête, M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la délibération du 24 juin 2022 par laquelle le conseil municipal de la commune de Montbenoît a approuvé son plan local d'urbanisme en tant qu'il classe la parcelle cadastrée en zone naturelle et la grève des emplacements réservés n° 1 et n° 2. Par suite, ses conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Montbenoît, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, les frais exposés par M. B et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de M. B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Monbenoît et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune de Montbenoît une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Montbenoît est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Montbenoît.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2025, à laquelle siégeaient :
- M. Pernot, premier conseiller faisant fonction de président,
- M. Seytel, premier conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.
La rapporteure,
A. MarquesuzaaLe premier conseiller faisant fonction de président,
A. PernotLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026