jeudi 5 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400346 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 février 2024, M. B A demande au tribunal d'annuler la décision du 23 décembre 2023 par laquelle le maire de la commune de Bolandoz a, au nom de l'Etat, délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction de deux pavillons.
M. A soutient que :
- son projet se situe à proximité de plusieurs habitations et les réseaux desservent ses parcelles, dès lors son projet sera localisé dans le secteur urbanisé de la commune ;
- le terrain d'assiette du projet ne présente pas d'intérêt agricole.
Par un mémoire, enregistré le 27 mars 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 20 février 1974 portant délimitation de zones de montagne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel,
- les conclusions de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 26 octobre 2023, M. A a présenté une demande de certificat d'urbanisme pour la construction de deux pavillons sur le territoire de la commune de Bolandoz (Doubs). Le 23 décembre 2023, le maire de Bolandoz a, au nom de l'Etat, délivré un certificat d'urbanisme négatif. M. A demande l'annulation de cette décision.
2. En application de l'arrêté du 20 février 1974, la commune de Bolandoz est une commune de montagne, dès lors les règles de construction qui y sont applicables sont prévues par les dispositions des articles L. 122-1 et suivants du code de l'urbanisme. Aux termes de l'article L. 122-5 de ce code : " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ". Aux termes de l'article L. 122-10 du même code : " Les terres nécessaires au maintien et au développement des activités agricoles, pastorales et forestières, en particulier les terres qui se situent dans les fonds de vallée, sont préservées. La nécessité de préserver ces terres s'apprécie au regard de leur rôle et de leur place dans les systèmes d'exploitation locaux. Sont également pris en compte leur situation par rapport au siège de l'exploitation, leur relief, leur pente et leur exposition ".
3. D'une part, les parcelles d'assiette du projet, situées à l'extrême nord-est de la commune de Bolandoz, sont ouvertes sur un vaste ensemble agricole et sont séparées des parties urbanisées de la commune par des voies de circulation. Dans ces conditions, la construction de deux pavillons aux emplacements envisagés par le projet en litige favorisera une urbanisation dispersée. Au demeurant, le fait que les parcelles d'assiette du projet soient desservies par les réseaux ne suffit pas à faire regarder les constructions projetées comme étant en continuité du village existant. Dès lors, le maire agissant au nom de l'Etat a légalement pu opposer le motif tiré de ce que le projet ne se situe pas dans la continuité du village existant.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet possède une vocation agricole, dotée d'un indice de 5 à 7 sur 10 sur l'atlas départemental de la valeur des espaces agricoles. La réalisation du projet en litige aurait pour effet de compromettre en partie cette vocation agricole. Les circonstances que les parcelles d'assiette du projet sont situées sur un plateau et que M. A envisage de ne plus les déclarer au titre de la politique agricole commune n'ont pour effet d'obérer leur vocation agricole. Dès lors, le maire agissant au nom de l'Etat a légalement pu opposer le motif tiré de ce que le projet se situe sur un terrain à vocation agricole.
5. Par suite, les moyens tirés de ce que le maire de la commune aurait, au nom de l'Etat, entaché la décision contestée d'une inexacte application des dispositions citées au point 2 doivent être écartés.
6. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision qu'il conteste.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Doubs et à la commune de Bolandoz.
Délibéré après l'audience du 14 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Grossrieder, présidente,
- M. Seytel, conseiller,
- Mme Marquesuzaa, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 décembre 2024.
Le rapporteur,
J. Seytel
La présidente,
S. GrossriederLa greffière,
C. Quelos
La République mande et ordonne à la ministre du partenariat avec les territoires et de la décentralisation, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière(DEF)(/DEF)
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