mardi 26 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400502 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | LUTZ LOUIS-MARIE |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 19 mars 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a transmis au tribunal administratif de Besançon, sur le fondement de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, la requête de M. E B, enregistrée le 14 mars 2024.
Par cette requête, M. B, placé au centre de rétention administrative de Metz à l'introduction de sa requête, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 13 mars 2024 par lequel le préfet du Doubs a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en application d'une interdiction définitive du territoire français prononcée par le tribunal correctionnel de Besançon le 13 janvier 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros à son conseil, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, contre renoncement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision :
- est insuffisamment motivée ;
- a été signée par une autorité incompétente ;
- n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- méconnait les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 mars 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête, et fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Goyer-Tholon, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 776-15 du code de justice administrative et des articles L. 614-9 et L. 572-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;
- les observations de Me Lutz, avocat de M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens ;
- et les observations de Mme C, pour le préfet du Doubs.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien, a fait l'objet d'une interdiction définitive du territoire français prononcée par le tribunal correctionnel de Besançon le 13 janvier 2021. Par un arrêté du 13 mars 2024, le préfet du Doubs a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné, en application de cette peine. M. B a été libéré du centre de rétention administration de Metz par une ordonnance du juge des libertés et de la détention du 16 mars 2024. Le même jour, le préfet du Doubs l'a assigné à résidence dans le département du Doubs. M B demande l'annulation de l'arrêté du 13 mars 2024 par lequel le préfet du Doubs a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné en application de l'interdiction définitive du territoire français prononcée à son encontre.
Sur la légalité de l'arrêté du 13 mars 2024 :
2. Par un arrêté du 29 janvier 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Doubs sous le numéro 25-2024-01-29-00009, le préfet du Doubs a donné délégation à M. A D, pour signer certaines décisions limitativement énumérées en matière d'" éloignement et contentieux ", parmi lesquelles ne figurent pas les décisions portant fixation du pays de destination. En l'espèce, la décision attaquée a été signée par M. A D, alors qu'elle porte fixation du pays de destination. Par suite, M. B est fondé à soutenir que cette décision est entachée d'un vice d'incompétence.
3. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens soulevés à l'encontre de l'arrêté du 13 mars 2024, que M. B est fondé à demander l'annulation de cette décision, qui est entachée d'incompétence.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 13 mars 2024 du préfet du Doubs est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par M. B est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E B, au préfet du Doubs et à Me Lutz.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 mars 2024.
La magistrate désignée,
C. Goyer-Tholon
La greffière,
C. Chiappinelli
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026