mercredi 17 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400626 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | SANGUE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 avril 2024, M. A B, représenté par Me Sangue, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution de la décision du 19 mars 2024 par laquelle le préfet du Doubs refuse de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure normale, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile en procédure normale dans un délai de cinq jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 199, subsidiairement en cas de rejet de la demande d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire, sur le seul fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'urgence à faire droit à sa demande est caractérisée par la précarité de sa situation, dès lors qu'il est privé de ressources et exposé à tout moment à un risque de transfert illégal vers la Suède ;
- s'il a fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités suédoises le 1er septembre 2023, dont la légalité a été confirmée par le juge administratif, le délai de 6 mois étant arrivé à son terme, la France est désormais responsable de sa demande d'asile, de sorte que la préfecture du Doubs, qui n'a pas pris de nouvel arrêté de transfert, ne pouvait refuser de lui remettre une attestation de demandeur d'asile en procédure normale ; il ne peut être regardé comme en situation de fuite.
Vu les autres pièces du dossier, notamment la requête n° 2400627 enregistrée le 8 avril 2024 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision litigieuse.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
1. Aux termes de l'article 20 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
2. En raison de l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête susvisée, il y a lieu d'admettre M. A B au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
4. En premier lieu, si M. B demande l'annulation d'une décision du 19 mars 2024 par laquelle le préfet du Doubs aurait refusé de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale, l'attestation de présentation au guichet versée au dossier ne saurait être regardée comme établissant l'existence de la décision que M. B entend contester. Dans ces conditions, ses conclusions aux fins de suspension sont irrecevables.
5. En second lieu, M. B expose qu'il a fait l'objet d'une décision de transfert aux autorités suédoises le 1er septembre 2023, dont la légalité a été confirmée par le juge administratif, que toutefois le délai de 6 mois étant arrivé à son terme, la France est désormais responsable de sa demande d'asile, de sorte que la préfecture du Doubs, qui n'a pas pris de nouvel arrêté de transfert, ne pouvait refuser de lui remettre une attestation de demandeur d'asile en procédure normale. Il ajoute qu'il ne peut être regardé comme en situation de fuite. Au regard des éléments du dossier, sa demande est manifestement mal fondée.
6. Il y a lieu, compte tenu de ce qui précède, de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête, en toutes ses conclusions.
ORDONNE:
Article 1er : M. A B est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à Me Sangue.
Copie en sera adressée au préfet du Doubs.
Fait à Besançon, le 17 avril 2024.
La juge des référés,
C. Schmerber
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Une greffière,
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