jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MIGLIORE GABIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 avril 2024 à 00 heures 57, M. B D, représenté par Me Migliore, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet du Doubs en date du 9 avril 2024 l'assignant à résidence dans le département du Doubs pour une durée de quarante-cinq jours ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Doubs en date du 9 avril 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, lui refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de procéder à la suppression des mentions le concernant sur le fichier des personnes recherchées (FPR) et sur le système d'informations Schengen (SIS) ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. D soutient que :
- il incombe au préfet de prouver que la décision d'assignation à résidence n'est pas entachée d'incompétence ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est illégale consécutivement à l'illégalité de l'arrêté du préfet du Doubs en date du
9 avril 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination, lui refusant un délai de départ volontaire et portant interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an ;
- s'agissant des autres décisions, il incombe au préfet du Doubs de démontrer que l'obligation de quitter le territoire français a été signée par une personne compétente pour ce faire ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation et est intervenue en l'absence d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- son droit d'être entendu, protégé par l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et au titre d'un principe général du droit de l'Union européenne, a été méconnu ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et a été prise en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est illégale par voie d'exception compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est insuffisamment motivée ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale par voie d'exception compte tenu de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit à être entendu ;
- elle méconnaît les stipulations de l'articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an est illégale par voie d'exception compte tenu de l'illégalité des décisions précédentes ;
- elle a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu ;
- elle est insuffisamment motivée, le préfet ne reprenant pas le critère de présence en France ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 12 avril 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Schmerber, présidente,
- et les observations de M. E, représentant le préfet du Doubs, qui a repris l'argumentation du mémoire en défense.
Le requérant n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. D, ressortissant arménien né le 3 octobre 1995, est entré irrégulièrement en France au courant de l'année 2013 selon ses déclarations et s'y est irrégulièrement maintenu. Par un arrêté du 9 avril 2024, le préfet du Doubs l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Doubs a assigné M. D à résidence dans le département du Doubs, pour une durée de quarante-cinq jours et l'a astreint à se présenter tous les jours du lundi au vendredi, sauf les jours fériés, entre 8h et 8h30 au commissariat de police de Montbéliard, et à ne pas sortir du département sans autorisation.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions prises dans leur ensemble :
2. Par un arrêté du 29 mars 2024 régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Doubs, le préfet du Doubs a donné délégation à M. A C, directeur de la citoyenneté et des libertés, pour signer toute décision portant notamment sur les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ". En l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui vise notamment les dispositions du 1° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et indique que M. D est entré irrégulièrement en France au courant de l'année 2013 et se maintient irrégulièrement en France depuis lors, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier et en particulier des mentions de l'arrêté contesté, que le préfet du Doubs a effectivement procédé à un examen de la situation personnelle de M. D avant de prendre la mesure d'éloignement en litige.
5. En troisième lieu, M. D ne peut pas utilement invoquer la violation des dispositions de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, qui ne sont pas applicables aux relations entre les États membres de l'Union européenne et les administrés. A supposer qu'il ait entendu soulever le moyen tiré de la méconnaissance du principe général du droit communautaire de bonne administration, dont le droit d'être entendu préalablement à la prise d'une décision défavorable est une composante, il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal dressé par les services de police le 9 avril 2024 de l'audition de M. D, que ce dernier, interrogé par un gendarme F, comprend la langue française et a été mis en mesure d'exposer sa situation personnelle. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise en méconnaissance de son droit d'être entendu qu'il tient du principe général de droit de l'Union européenne, dès lors qu'un interprète était indispensable, doit être écarté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. D était entré en France depuis plus de dix ans à la date de la décision attaquée. Toutefois, il s'est maintenu pendant toute la durée de son séjour en situation irrégulière sur le territoire, sans établir ni même alléguer qu'il aurait entrepris des démarches aux fins de régulariser sa situation. S'il se prévaut de ses activités de bénévolat et de la présence en France de quelques membres de sa famille, son intégration par le travail est récente et irrégulière. De plus, M. D ne conteste pas avoir conservé des attaches familiales dans son pays d'origine. Rien ne fait ainsi obstacle à ce que sa vie privée et familiale se poursuive, dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge de 18 ans. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France de l'intéressé, l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels il a été décidé. Il suit de là que le préfet du Doubs n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni commis d'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur la situation personnelle de l'intéressé.
8. En dernier lieu, M. D ne peut utilement invoquer les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, pas plus qu'une erreur manifeste d'appréciation eu égard aux risques auxquels il prétend être exposé en cas de retour en Arménie.
En ce qui concerne la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire :
9. En premier lieu, M. D n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir par voie d'exception à l'appui de sa demande d'annulation de la décision portant refus de lui accorder un délai de départ volontaire.
10. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 () sont motivées. ". En l'espèce, la décision portant refus d'accorder un délai de départ volontaire, qui vise notamment les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, indique que M. D n'est pas en mesure de présenter son passeport ou un document d'identité en cours de validité et qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanence dans un local affecté à sa résidence principale. Dans ces conditions, la décision comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement. Dès lors, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision doit être écarté.
11. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le préfet peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire lorsqu'il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé s'est maintenu en situation irrégulière depuis son arrivée en France en 2013 et n'a jamais sollicité l'octroi d'un titre de séjour, qu'il n'a pas présenté de documents d'identité ou de voyage en cours de validité et qu'il a indiqué ne pas souhaiter retourner dans son pays d'origine. Dans ces conditions, le préfet du Doubs pouvait, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que le comportement de M. D présentait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, justifiant ainsi qu'aucun délai de départ volontaire ne lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant fixation du pays de destination :
12. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision fixant le pays de destination, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
13. En deuxième lieu, si M. D invoque le moyen tiré de la méconnaissance de son droit d'être entendu, il sera écarté, en l'absence d'autre élément, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5 du présent jugement.
14. En troisième lieu, M. D soutient que la décision fixant le pays de destination a été prise en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, en faisant voir qu'il est réfractaire au service militaire eu égard à la situation de violence perdurant dans son pays d'origine et qu'il risque des persécutions en cas de retour en Arménie. Toutefois, il ne présente en dehors de son récit et de publications de portée générale, aucun élément de justification permettant d'établir la réalité du risque allégué et la possible méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, alors au demeurant que, depuis 2013, il lui était loisible de solliciter son admission au titre de l'asile.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
16. En deuxième lieu, ainsi qu'il a été dit aux points 5 et 13, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux et du droit d'être entendu articulé à l'encontre de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, doit être écarté.
17. En troisième lieu, Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Les décisions () d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 () sont motivées. ".
18. Il résulte des dispositions précitées que, lorsque le préfet prend, à l'encontre d'un étranger, une décision portant obligation de quitter le territoire français ne comportant aucun délai de départ volontaire, il lui appartient d'assortir sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français, sauf dans le cas où des circonstances humanitaires y feraient obstacle. Seule la durée de cette interdiction de retour doit être appréciée au regard des quatre critères énumérés à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à savoir la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, la nature et l'ancienneté de ses liens avec la France, l'existence ou non d'une précédente mesure d'éloignement et, le cas échéant, la menace pour l'ordre public que constitue sa présence sur le territoire.
19. En l'espèce, l'interdiction de retour en litige vise notamment l'article L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle mentionne que M. D déclare être entré irrégulièrement en France au courant de l'année 2013 et s'est maintenu en situation irrégulière depuis cette date sans avoir jamais sollicité un titre de séjour, qu'il n'a pas d'attaches personnelles en France, qu'il n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et qu'il ne constitue pas une menace pour l'ordre public. Ainsi, la décision est suffisamment motivée.
20. Il ressort de ce qui a été dit aux points précédents qu'en dépit de la durée sur le territoire de M. D, il ne dispose pas de liens anciens dont il pourrait se prévaloir. Ainsi et quand bien même M. D n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et ne représente pas une menace pour l'ordre public, c'est sans commettre d'erreur d'appréciation que le préfet a prononcé l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
En ce qui concerne la décision portant assignation à résidence :
21. M. D n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions du 9 avril 2024 portant obligation de quitter le territoire sans délai, fixant le pays de destination et portant interdiction de retour pendant une durée d'un an, il n'est pas fondé à s'en prévaloir par voie d'exception pour demander l'annulation de l'arrêté du même jour l'assignant à résidence.
22. Il résulte de tout ce qui précède que M. D n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés attaqués du 9 avril 2024. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées.
Sur les conclusions à fins d'injonction :
23. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. D, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
24. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
DECIDE:
Article 1er : La requête de M. D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B D et au préfet du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 18 avril 2024.
La présidente,
C. SchmerberLa greffière,
S. Matusinski
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°240065
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026