jeudi 18 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400700 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 avril 2024 à 19 heures 35, sous le n° 2400700,
Mme B A demande au juge des référés :
1°) d'enjoindre au préfet du Doubs, sur le fondement des dispositions de l'article
L.521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de carte de séjour ou de première demande de titre de séjour, dans un délai de
48 heures à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 700 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- titulaire d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " délivrée par la préfecture de Mayotte le 20 avril 2022, valable jusqu'au 19 avril 2023, elle est arrivée en métropole le 6 mars 2023 et a entrepris les démarches auprès de la préfecture du Doubs afin de renouveler son titre de séjour, se présentant une première fois dans les services préfectoraux le 26 avril 2023 ; malgré de nombreuses démarches, elle n'a toujours pas obtenu ni titre de séjour, ni même un récépissé ;
- l'urgence à mettre fin à cette situation est caractérisée dès lors qu'elle ne peut pas circuler, ni travailler, ni aller et venir librement, ni vivre dignement avec sa famille, se trouvant en situation irrégulière exposée à un risque d'éloignement ;
- il est porté une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'aller et venir, à son droit au travail et à sa vie familiale ;
- les importants dysfonctionnements induits par la procédure de dématérialisation des demandes des étrangers en France en rapport avec la préfecture du Doubs impliquent que des mesures soient prises par le juge des référés ;
- sa demande remplit les conditions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures " et aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 du même code dispose : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Enfin aux termes du premier alinéa de l'article R. 522-1 dudit code : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire ".
2. Mme A fait valoir que l'urgence à faire droit à sa requête est caractérisée dès lors qu'elle ne peut pas circuler, ni travailler, ni aller et venir librement, ni vivre dignement avec sa famille, se trouvant en situation irrégulière exposée à un risque d'éloignement. Toutefois, et alors qu'une éventuelle décision d'éloignement du territoire français pourra le cas échéant être contestée devant le juge, les éléments ainsi exposés ne caractérisent pas une situation d'urgence au sens de l'article L. 521-2 précité du code de justice administrative justifiant que le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures.
3. Par suite, et pour regrettables que soient les difficultés administratives rencontrées par Mme A, il y a lieu de faire application de l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative et de rejeter la requête en toutes ses conclusions, y compris celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE:
Article 1er : La requête n° 2400700 de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au préfet du Doubs.
Fait à Besançon, le 18 avril 2024
La juge des référés,
C. Schmerber
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
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