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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400739

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400739

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400739
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantGORGULU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I./ Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024 sous le n° 2400739, M. A B, représenté par Me Gorgulu, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de trente jours pour exécuter volontairement cette mesure d'éloignement, a désigné le pays à destination duquel il pourrait être renvoyé d'office à l'expiration de ce délai et l'a assigné à résidence durant quarante-cinq jours ;

2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français en application des dispositions combinées des articles L. 542-6 et 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- dès lors qu'il bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français en application des dispositions combinées des articles L. 541-1 et L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet a commis une erreur de droit en lui faisant application des dispositions de l'article L. 542-2 du même code ;

- en l'absence de rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français prise sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est entachée d'un défaut de base légale ;

- la mesure d'éloignement prise à son encontre le prive d'un recours effectif devant la Cour nationale du droit d'asile, en violation des stipulations du 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 46 de la directive (UE) 2013/32/UE du 26 juin 2013.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.

II./ Par une requête, enregistrée le 23 avril 2024 sous le n° 2400740, Mme E D, représentée par Me Gorgulu, demande au tribunal :

1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 22 avril 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a fait obligation de quitter le territoire français, lui a accordé un délai de trente jours pour exécuter volontairement cette mesure d'éloignement, a désigné le pays à destination duquel elle pourrait être renvoyée d'office à l'expiration de ce délai et l'a assignée à résidence durant quarante-cinq jours ;

2°) à titre subsidiaire, de suspendre l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français en application des dispositions des articles L. 542-6 et L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Elle invoque, à l'appui de sa requête, les mêmes moyens que ceux, visés ci-avant, soulevés par son époux dans le cadre de sa propre requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- la convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la directive 2013/32/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- la décision du 9 octobre 2015 fixant la liste des pays d'origine sûrs ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Guitard, première conseillère, pour statuer en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guitard, première conseillère,

- les observations de Me Gorgulu, représentant M. B et Mme D, qui reprend l'argumentation de la requête tenant notamment aux recours pendants devant la Cour nationale du droit d'asile, devant laquelle les requérants sont en attente de convocation, et la nécessité pour eux de rester sur le territoire français pour être entendus par cette juridiction afin de bénéficier d'un droit au recours effectif. Il précise que les requérants disposeront de nouvelles pièces à présenter devant la Cour, soit des attestations et un dépôt de plainte en Géorgie, qu'il n'est pas en mesure de présenter aujourd'hui. Il évoque une nouvelle loi géorgienne visant à lutter contre l'influence étrangère, rappelle que Mme D est engagée politiquement et affirme que la Géorgie n'est pas un pays sûr pour elle et son époux ;

- les observations de Mme D, assistée de Mme C, interprète en langue géorgienne, jointe par téléphone, qui fait valoir qu'ils sont menacés de mort en Géorgie, en raison de la situation politique compliquée de ce pays, dont le régime est contesté par des manifestants et où les agissements des forces de l'ordre sont contestables. Elle indique qu'ils ont quitté la Géorgie après que son époux a été convoqué par les services de police pour lui demander qu'elle cesse son activité politique. Elle précise qu'elle-même a été licenciée, qu'elle a alors ouvert un magasin qui a été cambriolé et a tenté d'entrer dans la fonction publique mais que sa candidature n'a pas été acceptée malgré ses qualifications et compétences. Elle affirme que le régime l'empêche ainsi de disposer de ressources pour vivre et souligne que les membres de sa famille qui vivent en Géorgie et qui travaillaient dans la fonction publique ont dû quitter leurs postes et tirent désormais leurs revenus du travail de la terre ;

- et les observations de M. B, assisté de Mme C, interprète en langue géorgienne, jointe par téléphone, qui confirme le récit de son épouse et soutient qu'ils ont été obligés de quitter leur pays, où ils étaient dans l'impossibilité de travailler, et qu'ils ne sont pas venus en France pour commettre des actes délictueux mais pour trouver la liberté.

- le préfet du Territoire de Belfort n'étant ni présent ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A B et Mme E D, ressortissants géorgiens nés respectivement les 5 décembre 1992 et 10 novembre 1995, sont arrivés en France le 15 septembre 2023 selon leurs déclarations. Le 22 septembre 2023, ils ont présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le

22 décembre 2023, après une instruction en procédure accélérée du fait de leur provenance d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr. Par deux arrêtés du 22 avril 2024, le préfet du Territoire de Belfort a fait obligation à M. B et à Mme D de quitter le territoire français sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, leur a accordé un délai de départ volontaire de trente jours, a désigné le pays à destination duquel ils pourraient être renvoyés d'office et les a assignés à résidence pour une durée de quarante-cinq jours sur le fondement de l'article L. 542-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. M. B et Mme D demandent l'annulation de ces décisions ou, à défaut, la suspension de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français qui leur est faite.

2. Les deux requêtes susvisées sont présentées par des époux et présentent à juger les mêmes questions. Il y a donc lieu de les joindre pour y statuer par un même jugement.

Sur les demandes d'admission à l'aide juridictionnelle :

3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé () L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Aux termes de l'article 62 du même décret : " La décision d'admission provisoire est immédiatement notifiée à l'intéressé, () par () le greffier de la juridiction. Lorsque l'intéressé est présent, la décision peut être notifiée verbalement contre émargement au dossier. ". Aux termes de l'article 80 du même décret : " () l'avocat () désigné d'office () est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle () si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide. () ".

4. M. B et Mme D ont tous deux présenté une demande d'aide juridictionnelle. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre d'office M. B et Mme D, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

5. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° ; () ". En application de l'article L. 542-1 du même code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. ". En application de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () Les dispositions du présent article s'appliquent sous réserve du respect des stipulations de l'article 33 de la convention de Genève du 28 juillet 1951, et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ". Aux termes de l'article L. 531-24 du même code : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : / 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Enfin, en vertu d'une décision du conseil d'administration de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides adoptée le 9 octobre 2015, la Géorgie est au nombre des pays d'origine sûrs.

6. Il ressort des pièces des dossiers que, par deux décisions du 22 décembre 2023, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, statuant en procédure accélérée, a rejeté les demandes d'asile présentées par M. B et Mme D et que les intéressés ne disposent pas d'un titre de séjour en cours de validité. Par suite, le 22 avril 2024, M. B et Mme D se trouvaient dans le cas prévu par les dispositions combinées du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du d) du 1° de l'article L. 542-2 et du 1° de l'article L. 531-24 du même code, où le préfet peut faire obligation à un étranger de quitter le territoire français. Le préfet du Territoire de Belfort n'a donc pas commis d'erreur de droit ni entaché ses décisions d'un défaut de base légale en prenant les arrêtés portant obligation de quitter le territoire français en litige.

7. Il résulte des dispositions combinées du 4° de l'article L. 611-1 et de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'étranger dont la demande d'asile a fait l'objet d'une décision de rejet de l'office français de protection des réfugiés et apatrides dans les cas prévus à l'article L. 531-24 de ce code ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français et peut faire l'objet d'une mesure d'éloignement. Il s'ensuit qu'en application de ces dispositions, l'exercice d'un recours à l'encontre de la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides devant la Cour nationale du droit d'asile ne présente pas de caractère suspensif et n'induit aucun droit au maintien sur le territoire français pour l'intéressé. Toutefois, en vertu de l'article L. 722-7 du même code, l'obligation de quitter le territoire français éventuellement prise à son encontre ne peut être exécutée d'office avant l'expiration du délai prévu pour exercer un recours contentieux contre cette mesure d'éloignement et 1'exercice de ce recours contentieux suspend son caractère exécutoire jusqu'à la fin de l'instance. Par ailleurs, l'intéressé peut faire valoir ses arguments dans le cadre d'une procédure écrite devant la Cour nationale du droit d'asile et se faire représenter à l'audience. Enfin, les articles L. 752-5 et L. 752-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettent au magistrat désigné par le président du tribunal administratif, à la demande de l'étranger, de suspendre l'exécution de la mesure d'éloignement jusqu'à la date de la décision de la Cour nationale du droit d'asile si l'étranger présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire français durant l'examen de son recours par la Cour. Par suite, les requérants, qui disposent ainsi d'un recours effectif devant une juridiction contre les décisions concernant leurs demandes de protection internationale, ne sont pas fondés à soutenir que les décisions les obligeant à quitter le territoire français méconnaissent leur droit à un recours effectif protégé par les stipulations de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article 46 de la directive 2013/32/UE, alors, au demeurant qu'ils ont fait usage de leur droit de solliciter la suspension de l'exécution de ces décisions en application de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Sur les conclusions aux fins de suspension de l'exécution des obligations de quitter le territoire français présentées sur le fondement de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

8. Aux termes de l'article L. 542-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b, c ou d du 1° de l'article L. 542-2, l'étranger peut demander la suspension de l'exécution de la décision d'éloignement. / Cette demande est présentée dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles L. 752-5 à L. 752-12 lorsque le droit de se maintenir sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2. () ". Aux termes de l'article L. 752-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont le droit au maintien sur le territoire a pris fin en application des b ou d du 1° de l'article L. 542-2 et qui fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français peut, dans les conditions prévues à la présente section, demander au tribunal administratif la suspension de l'exécution de cette décision jusqu'à l'expiration du délai de recours devant la Cour nationale du droit d'asile ou, si celle-ci est saisie, soit jusqu'à la date de la lecture en audience publique de la décision de la cour, soit, s'il est statué par ordonnance, jusqu'à la date de la notification de celle-ci. ". En application de l'article L. 752-11 du même code : " Le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné, saisi en application des articles L. 752-6 ou L. 752-7, fait droit à la demande de l'étranger lorsque celui-ci présente des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de sa demande d'asile, son maintien sur le territoire durant l'examen de son recours par la Cour nationale du droit d'asile. ".

9. Il ressort des pièces des dossiers que M. B et Mme D ont contesté les décisions de rejet de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides devant la Cour nationale du droit d'asile qu'ils ont saisie le 11 mars 2024 et que la Cour ne s'est pas encore prononcée sur ces recours.

10. A l'appui de leurs conclusions aux fins de suspension de l'exécution des obligations de quitter le territoire français prises à leur encontre, M. B et Mme D font valoir qu'ils ont été menacés et harcelés par les autorités de leur pays en raison de l'engagement politique de Mme D en faveur d'un parti d'opposition. Ils se bornent toutefois à produire à l'appui de leurs allégations leur récit devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et les décisions de rejet de l'Office. Au vu de ces éléments, M. B et Mme D ne peuvent pas être regardés comme présentant des éléments sérieux de nature à justifier, au titre de leurs demandes d'asile, leur maintien sur le territoire français durant l'examen de leurs recours par la Cour nationale du droit d'asile. Par suite, il n'y a pas lieu de prononcer la suspension de l'exécution des mesures d'éloignement prises à leur encontre.

11. Il résulte de ce qui précède que M. B et Mme D ne sont fondés à demander ni l'annulation des décisions contestées, ni la suspension des mesures d'éloignement prises à leur encontre. Leurs conclusions aux fins de mise à la charge de l'Etat des frais exposés par eux et non compris dans les dépens doivent être rejetées par voie de conséquence.

DECIDE :

Article 1er : M. B et Mme D sont admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Article 2 : Les requêtes de M. B et Mme D sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Mme E D et au préfet du Territoire de Belfort.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 avril 2024.

La magistrate désignée,

F. GuitardLa greffière,

S. Matusinski

La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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2 - 2400740

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