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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2400742

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2400742

mercredi 5 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2400742
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationJU étrangers 6 semaines
Avocat requérantEL AMINE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une ordonnance n° 2329578 du 23 avril 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Besançon, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 26 décembre 2024, présentée par M. G A D.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal le 23 avril 2024 sous le numéro 2400741, M. A D, représenté par Me El Amine, demande au tribunal :

1°) de lui octroyer l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet de la Haute-Saône l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné en cas de non-respect de ce délai et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;

3°) d'annuler la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a méconnu son droit à être entendu prévu par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :

- elle est entachée d'illégalité dès lors que le signataire de l'acte est incompétent ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête et à titre subsidiaire, en cas d'annulation, à ce que soit ordonné le réexamen de la situation de M. A D et à ce que le montant dû au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit limité à 300 euros.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.

II. Par une ordonnance n° 2329581 du 23 avril 2024, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Besançon, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête, enregistrée le 26 décembre 2024, présentée par

Mme E B.

Par une requête, enregistrée au greffe du tribunal le 23 avril 2024 sous le numéro 2400742, Mme E B, représentée par Me El Amine, demande au tribunal :

1°) de lui octroyer l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 6 décembre 2023 par lequel le préfet de police l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

3°) d'annuler la décision de signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;

4°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer une attestation de demande d'asile dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a méconnu son droit à être entendu prévu par les stipulations de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour pour une durée d'un an :

- elle est entachée d'illégalité dès lors que le signataire de l'acte est incompétent ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête et à titre subsidiaire, en cas d'annulation, à ce que soit ordonné le réexamen de la situation de Mme B et à ce que le montant dû au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative soit limité à 300 euros.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requérante n'est fondé.

Par une décision du 14 mars 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à M. A D.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Pernot, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. A D et Mme B, ressortissants bangladais, respectivement nés le 10 novembre 1976 et le 6 juin 1982, sont entrés sur le territoire français irrégulièrement le 27 décembre 2022 selon leurs déclarations. Le 27 janvier 2023, ils ont déposé des demandes d'asile qui ont été rejetées par des décisions de l'office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) le 30 juin 2023, confirmées par la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le

8 novembre 2023. Par des arrêtés du 6 décembre 2023, le préfet de la Haute-Saône a obligé

M. A D et Mme B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits en cas de non-respect de ce délai et a prononcé une interdiction de retour d'une durée d'un an. Par les requêtes nos 2400741 et 2400742, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. A D et Mme B demandent l'annulation de ces arrêtés.

Sur les conclusions relatives à l'aide juridictionnelle provisoire :

2. M. A D ayant obtenu l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 mars 2024, sa demande d'aide juridictionnelle provisoire est devenue sans objet.

3. Mme B n'a pas déposé une demande d'aide juridictionnelle. Par suite, ses conclusions à fins d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :

4. En premier lieu, si aux termes de l'article 41 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions et organes de l'Union. / Ce droit comporte notamment : / - le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre () ", il résulte de la jurisprudence de la Cour de Justice de l'Union européenne que cet article s'adresse non pas aux Etats membres mais uniquement aux institutions, organes et organismes de l'Union. Ainsi, le moyen tiré de leur violation par une autorité d'un Etat membre est inopérant.

5. Toutefois, il résulte également de la jurisprudence de la Cour de Justice que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux Etats membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Ce droit se définit comme celui de toute personne de faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue au cours d'une procédure administrative avant l'adoption de toute décision susceptible d'affecter de manière défavorable ses intérêts. Il ne saurait cependant être interprété en ce sens que l'autorité nationale compétente est tenue, dans tous les cas, d'entendre l'intéressé lorsque celui-ci a déjà eu la possibilité de présenter, de manière utile et effective, son point de vue sur la décision en cause.

6. Dans le cas prévu à l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision portant obligation de quitter le territoire français est prise, notamment, après que la qualité de réfugié a été définitivement refusée à l'étranger. Or, l'étranger est conduit, à l'occasion du dépôt de sa demande d'asile, à préciser à l'administration les motifs pour lesquels il demande que lui soit reconnue la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire et à produire tous éléments susceptibles de venir au soutien de cette demande. Il lui appartient, lors du dépôt de cette demande, laquelle doit en principe faire l'objet d'une présentation personnelle du demandeur en préfecture, d'apporter à l'administration toutes les précisions qu'il juge utiles. Il lui est loisible, au cours de l'instruction de sa demande, de faire valoir toute observation complémentaire, au besoin en faisant état d'éléments nouveaux.

7. En l'espèce, les décisions portant obligation de quitter le territoire français ont été prises à la suite des rejets définitifs des demandes d'asiles de M. A D et de Mme B qui ne bénéficiaient ainsi plus du droit de se maintenir sur le territoire français en vertu de l'article L. 611-1 4° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les requérants ne pouvaient ignorer qu'en cas de refus de reconnaissance de la qualité de réfugié, une telle mesure pourrait être prise à leur encontre. Ils ont pu être entendus à l'occasion de l'examen de leurs demandes d'asile. Le droit d'être entendu, ainsi satisfait avant que n'intervienne le rejet de leurs demandes, n'imposait pas au préfet de la Haute-Saône de mettre les requérants à même de réitérer leurs observations ou d'en présenter de nouvelles, de façon spécifique, sur les obligations de quitter le territoire français prises en conséquence du rejet définitif de leurs demandes d'asile. Dès lors, dans les circonstances de l'espèce, M. A D et Mme B ne peuvent être regardés comme ayant été privés du droit à être entendu garanti par le droit de l'Union européenne. Par suite, le moyen développé en ce sens ne peut être qu'écarté.

8. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

9. En l'espèce, M. A D et Mme B soutiennent que le préfet de la

Haute-Saône a méconnu leur droit au respect de leur vie privée et familiale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les intéressés ont vécu la majeure partie de leur vie dans leur pays d'origine où résident leurs familles respectives et qu'ils étaient présents en France depuis moins d'un an à la date des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions fixant le pays de destination :

10. En premier lieu, les requérants n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, ils ne sont pas fondés à exciper de l'illégalité de ces décisions à l'appui de leurs conclusions dirigées contre les décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen développé en ce sens ne peut être qu'écarté.

11. En second lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : " () Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

12. Il ressort des pièces du dossier que l'OFPRA puis la CNDA ont, par décisions respectives des 30 juin et 8 novembre 2023, rejeté les demandes d'asile présentées par les intéressés. M. A D et Mme B se bornent à soutenir qu'ils craignent pour leurs vies au Bangladesh, sans fournir la moindre explication sur leurs craintes ni apporter aucun élément pour en justifier. Par suite, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle des requérants doit être écarté.

En ce qui concerne les décisions portant interdiction de retour pour une durée d'un an :

13. En premier lieu, par un arrêté n°70-2023-10-16-00007 du 16 octobre 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de Haute-Saône, le préfet de la Haute-Saône a accordé à M. C F, directeur de la citoyenneté, de l'immigration et des libertés publiques à la préfecture de la Haute-Saône, délégation à l'effet de signer notamment les décisions figurant dans les arrêtés attaqués. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaqué doit être écarté.

14. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour.

() ". Aux termes de l'article L. 612-8 du même code : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français./ Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

15. M. A D et Mme B ayant bénéficié d'un délai de départ volontaire de trente jours, les décisions contestées sont fondées sur l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile de sorte que les intéressés ne peuvent utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 612-6 du même code. D'autre part, pour prononcer les interdictions de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, le préfet de la Haute-Saône s'est fondé sur la courte durée du séjour des requérants et sur leur absence de liens privés et familiaux en France. Dans ces conditions, alors même que les intéressés ne se sont pas soustraits à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement et que leur présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public, les décisions attaquées ne sont pas entachées d'une erreur d'appréciation. Par suite, le moyen développé en ce sens doit être écarté.

16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux développés au point 9, le moyen tiré de la violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

17. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution au sens des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative. Les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte peuvent, dès lors, qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

18. Les dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du

10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, une quelconque somme au bénéfice du conseil de M. A D et de Mme B, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

DÉCIDE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire de M. A D.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A D et la requête de Mme B sont rejetés.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G A D, à Mme E B et au préfet de la Haute-Saône.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 juin 2024.

Le magistrat,

A. Pernot

La greffière,

S. Matusinski

La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière

Nos 2400741-240074

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