lundi 24 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2400913 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 22 mai 2024, Mme B A soumet au tribunal un extrait d'un arrêté préfectoral conjoint entre la préfecture du Doubs et l'Agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté relatif à un danger sanitaire ponctuel nécessitant des mesures d'urgence au sein d'un logement situé à Le Luhier (25) dont elle est propriétaire.
Mme A soutient qu'elle a besoin d'un délai plus long pour effectuer les travaux afin " de réunir les fonds nécessaires " au paiement des factures et que la locataire a refusé à plusieurs reprises l'accès au logement concerné.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".
2. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 412-1 du même code : " La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée de la décision attaquée, ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant du dépôt de la réclamation () ".
3. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 411-1 du même code : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge () ".
4. En dernier lieu, aux termes de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser ".
5. D'une part, la requête de Mme A n'était accompagnée que de la page 1 de l'arrêté préfectoral conjoint contesté. Le 31 mai 2023, le greffe du tribunal a invité Mme A, en application de l'article R. 612-1 du code de justice administrative, à régulariser sa requête au regard des dispositions de l'article R. 412-1 de ce code. Cette demande de régularisation qui lui a été adressée le 31 mai 2024 à 10h12 au moyen de l'application " télérecours citoyen ", a été lue le même jour à 10h26. Toutefois, dans le délai de quinze jours qui lui était imparti et, en tout état de cause, à la date de la présente ordonnance, Mme A n'a pas produit l'arrêté préfectoral qu'elle entend attaquer dans son ensemble, ni justifié de l'impossibilité de le transmettre de manière complète et lisible.
6. D'autre part, le juge administratif ne peut être saisi que de conclusions tendant à l'annulation d'une décision administrative ou de conclusions indemnitaires lorsque la responsabilité de l'administration est engagée. Dans sa requête, Mme A demande au tribunal de lui accorder un délai supplémentaire pour effectuer les travaux exigés par l'arrêté préfectoral conjoint attaqué. Ainsi, cette requête ne comporte l'énoncé d'aucune conclusion au sens de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par ailleurs, il n'appartient pas au juge administratif, qui ne saurait faire acte d'administrateur, d'adresser des injonctions à l'administration, en dehors des cas prévus aux articles L. 911-1 et suivants du code justice administrative inapplicables en l'espèce.
7. Il résulte de tout ce qui précède, que la requête de Mme A est manifestement irrecevable et doit dès lors être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er: La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Besançon, le 24 juin 2024.
La présidente,
C. Schmerber
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier
N°2400913
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