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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401045

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401045

mardi 8 juillet 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401045
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de Mme B... contestant le refus de son admission en première année de master de psychologie à l'université de Franche-Comté. La requérante invoquait un délai excessif dans le traitement de sa candidature et sa motivation personnelle. Le tribunal a écarté le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure, jugeant que le délai d'instruction de quatre mois prévu à l'article R. 612-36-2-10 du code de l'éducation avait été respecté. Il a également considéré que l'université pouvait fixer des capacités d'accueil et sélectionner les candidats sur dossier, conformément à l'article L. 612-6 du même code, sans que la requérante n'établisse d'erreur manifeste d'appréciation.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 juin 2024, Mme A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision du 14 mai 2024 par laquelle la présidente de l’université de Franche-Comté a rejeté sa demande d’admission en première année de master indifférencié « sciences humaines et sociales », mention « psychologie », parcours « clinique psychopathologique et clinique de la famille », ensemble la décision de rejet de son recours gracieux en date du 16 mai 2024 ;

2°) d’enjoindre à la présidente de l’université de Franche-Comté de réexaminer sa candidature en vue d’émettre un avis favorable à son admission.

Elle soutient que :
elle n’a reçu que le 13 mai 2024 un accusé de réception de sa candidature déposée le 28 janvier 2024, et le 14 mai 2024 la décision faisant suite à sa demande d’admission est intervenue ;
elle répond aux critères exigés pour la formation demandée ;
elle démontre une particulière motivation en raison de son projet professionnel.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mars 2025, l’université Marie et Louis Pasteur, substituée depuis le 1er janvier 2025 à l’université de Franche-Comté, conclut au rejet de la requête.

Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en l’absence d’énoncé des faits et moyens de droit à l’appui de ses conclusions ;
- les moyens soulevés par Mme B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code de l’éducation ;
- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Debat, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Guitard, rapporteure publique.


Considérant ce qui suit :


Mme B... a déposé le 28 janvier 2024 sa candidature en vue de son admission en première année de master indifférencié « sciences humaines et sociales », mention « psychologie », parcours « clinique psychopathologique et clinique de la famille » à l’université de Franche-Comté devenue, depuis le 1er janvier 2025, université Marie et Louis Pasteur. La présidente de l’université de Franche-Comté, par une décision en date du 14 mai 2024, a rejeté sa demande d’admission puis, par une décision du 16 mai 2024, a rejeté son recours gracieux. Par la présente requête, Mme B... doit être regardée comme demandant au tribunal d’annuler la décision du 14 mai 2024, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, aux termes de l’article R. 612-36-2-10 du code de l’éducation : « Les demandes d'admission en première année des formations dispensées dans des établissements publics d'enseignement supérieur conduisant au diplôme national de master et dont le recrutement n'est pas organisé dans le cadre de la procédure dématérialisée prévue à l'article D. 612-36-2 sont instruites dans un délai maximum de quatre mois à compter de la notification aux candidats de la réception de leur demande par ces établissements. ».

Il ressort des pièces du dossier que Mme B... a déposé sa candidature en vue de son admission en première année de master le 28 janvier 2024. Il a été accusé réception de sa demande le 13 mai 2024 et une décision sur sa candidature lui a été communiquée le 14 mai 2024. Par conséquent, en dépit du délai mis pour accuser réception de sa candidature, le délai d’instruction, seul délai obligatoire prévu par les dispositions précitées, a été respecté. Il s’ensuit, à supposer que Mme B... a entendu soulever un moyen tiré de l’irrégularité de la procédure en relevant dans ses écritures le délai entre son dépôt de candidature et l’accusé de réception de celle-ci, que ce moyen doit être écarté.

En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 612-6 du code de l’éducation : « Les formations du deuxième cycle sont ouvertes aux titulaires des diplômes sanctionnant les études du premier cycle ainsi qu'à ceux qui peuvent bénéficier de l'article L. 613-5 ou des dérogations prévues par les textes réglementaires. / Les établissements peuvent fixer des capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle. L'admission est alors subordonnée au succès à un concours ou à l'examen du dossier du candidat. / Cependant, s'ils en font la demande, les titulaires du diplôme national de licence sanctionnant des études du premier cycle qui ne sont pas admis en première année d'une formation du deuxième cycle de leur choix conduisant au diplôme national de master se voient proposer l'inscription dans une formation du deuxième cycle en tenant compte de leur projet professionnel et de l'établissement dans lequel ils ont obtenu leur licence, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat pris après avis du Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche. / Cette demande est faite par l'étudiant immédiatement après l'obtention de la licence sanctionnant des études du premier cycle ou de manière différée. (…) ». Aux termes de l’article D. 612-36-2 du même code : « Les établissements autorisés par l'Etat à délivrer le diplôme national de master peuvent organiser un processus de recrutement conformément aux dispositions de l'article L. 612-6. Les refus d'admission sont notifiés. Les motifs pour lesquels l'admission est refusée sont communiqués aux candidats qui en font la demande dans le mois qui suit la notification de ce refus ».

Il ressort des pièces du dossier que la commission de la formation et de la vie universitaire et le conseil d’administration de l’université de Franche-Comté ont, par deux délibérations en date du 7 décembre 2023 et du 19 décembre 2023, fixé à 35 la capacité d’accueil pour la rentrée 2022 en première année de master mention « psychologie », parcours « clinique psychopathologique et clinique de la famille », et prévu que l’admission se ferait après un examen du dossier du candidat comportant notamment le cursus de l’étudiant, ses relevés de notes et ses expériences professionnelles et acquis personnels, une lettre de recommandation du responsable de formation et une attestation spécifique à la nature des enseignements de la formation visée. Par suite, l’obtention d’un diplôme de licence en psychologie par Mme B..., l’obtention d’un master complémentaire, et son expérience dans un cabinet privé ne pouvaient suffire à garantir à la requérante son admission. Ces différents points ne constituaient en effet que des éléments de son dossier et ne préjugeaient en rien de l’appréciation portée lors de l’examen d’admission. A cet égard, pour prendre la décision attaquée, la présidente de l’université s’est fondée sur le fait qu’après examen de son dossier par la commission pédagogique, le niveau de la requérante avait été considéré comme insuffisant au regard de l’ensemble des candidatures étudiées pour la formation demandée et qu’elle avait décidé de suivre cette proposition. Or, il n’appartient pas au juge de l’excès de pouvoir de contrôler l’appréciation portée par un jury, ni de lui substituer son appréciation sur les mérites des candidatures reçues. Par suite, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation doit être écarté.

En troisième lieu, et pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, le moyen tiré du projet professionnel et de la motivation particulière de la requérante pour suivre la formation demandée doit être écarté.

Par suite, sans qu’il soit besoin d’examiner la fin de non-recevoir opposée par l’université Marie et Louis Pasteur, les conclusions à fin d’annulation présentées par Mme B... doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement n’impliquant aucune mesure d’exécution, les conclusions à fin d’injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.


D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A... B... et à l’université Marie et Louis Pasteur.




Délibéré après l'audience du 17 juin 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,
- M. Debat, premier conseiller,
- Mme Goyer-Tholon, conseillère.



Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2025.




Le rapporteur,

P. Debat
La présidente,

F. Michel

La greffière,





E. Cartier


La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière




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