LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401229

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401229

mardi 15 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401229
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a examiné la requête de M. B, ressortissant géorgien, contestant les arrêtés du 23 mai 2024 par lesquels le préfet du Territoire de Belfort a ordonné son expulsion et fixé le pays de renvoi. Le tribunal a rejeté l'ensemble des moyens soulevés, notamment ceux tirés de l'absence de menace grave pour l'ordre public, d'erreurs de fait, de vice de procédure, et de la violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3 de la Convention internationale des droits de l'enfant. La solution retenue est le rejet de la requête, confirmant la légalité des décisions d'expulsion fondées sur l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en raison des condamnations pénales répétées de l'intéressé pour trafic de stupéfiants et autres infractions.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 28 juin, 14 août et 18 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Tcholakian, demande au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 23 mai 2024 par lesquels le préfet du Territoire de Belfort a prononcé son expulsion du territoire français et a fixé le pays de renvoi ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le comportement qui lui est reproché, constitué d'infractions anciennes, n'est pas constitutif d'une menace à l'ordre public ;

- la décision prononçant son expulsion du territoire français est entachée d'erreurs de fait ;

- elle est entachée d'un vice de procédure au regard des dispositions de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

Par un mémoire en défense enregistré le 26 juillet 2024, et un mémoire en défense enregistré le 13 septembre 2024, non communiqué, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kiefer, conseillère,

- les conclusions de M. Poitreau, rapporteur public,

- et les observations de Me Tcholakian, représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant géorgien né le 6 février 1980, est entré irrégulièrement en France en 2007. Il a bénéficié de titres de séjour en qualité d'étranger malade entre le 16 août 2010 et le 15 août 2013 et, après avoir été admis exceptionnellement au séjour, d'une carte de séjour entre le 23 septembre 2020 et le 22 septembre 2021. Par des arrêtés du 23 mai 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Territoire de Belfort a prononcé son expulsion du territoire français et a fixé son pays de renvoi.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ".

3. Les infractions pénales commises par un étranger ne sauraient, à elles seules, justifier légalement une mesure d'expulsion et ne dispensent pas l'autorité compétente d'examiner, d'après l'ensemble des circonstances de l'affaire, si la présence de l'intéressé sur le territoire français est de nature à constituer une menace grave pour l'ordre public. Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une telle menace pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

4. Il ressort des termes de la décision attaquée que pour considérer que la présence en France de M. B constituait une menace grave pour l'ordre public au sens et pour l'application des dispositions de l'article L. 631-1 précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Territoire de Belfort s'est notamment fondé sur les condamnations prononcées à l'encontre de l'intéressé le 8 septembre 2015, le 14 janvier 2016 et le 5 juillet 2018.

5. Il ressort des pièces du dossier que, par un jugement du tribunal correctionnel de Nevers du 8 septembre 2015, M. B a été condamné à quatre ans d'emprisonnement dont un an avec sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans pour des faits d'usage, transport, détention, offre, cession, importation et acquisition non autorisée de stupéfiants commis du 1er septembre 2012 au 25 mars 2013. En outre, par un jugement du 14 janvier 2016 du tribunal correctionnel de Paris, il a été condamné à un an et six mois d'emprisonnement, 450 euros d'amende et interdiction d'exercer l'activité sociale ayant permis la commission de l'infraction pendant cinq ans, pour des faits d'obtention frauduleuse de document administratif constatant un droit, une identité ou une qualité, ou accordant une autorisation, fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire, détention illégale d'arme, munition ou élément essentiel de catégorie A par une personne déjà condamnée à une peine privative de liberté, détention non autorisée d'arme, munition ou élément essentiel de catégorie B par une personne déjà condamnée à une peine privative de liberté, détention d'arme de catégorie C non déclarée et détention d'arme de catégorie D-1 non enregistrée, commis du 25 mars 2010 au 10 juillet 2013. Enfin, par un arrêt du 5 juillet 2018 de la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Bourges, il a été condamné à quatre ans d'emprisonnement et interdiction de séjour pendant cinq ans dans le département de la Nièvre pour des faits de détention, transport, acquisition, offre ou cession non autorisée de stupéfiants commis en récidive entre le 1er janvier 2017 et le 7 février 2018. Contrairement à ce que soutient le requérant, eu égard aux pièces produites au dossier, le préfet du Territoire de Belfort n'a commis aucune erreur de fait en relevant ces trois condamnations successives pour des faits graves.

6. En deuxième lieu, M. B fait état de l'ancienneté des faits à l'origine de ses condamnations et de son comportement irréprochable en détention. Il indique également qu'il n'a plus commis d'infractions depuis 2018 et qu'il réside désormais dans un autre département. Toutefois, sur la période en question, il ne démontre aucune insertion sociale ou professionnelle hormis trois mois de contrat à durée déterminée entre les mois de février et d'avril 2022 alors qu'il a été en situation régulière à compter du 23 septembre 2020. A cet égard, il n'établit pas avoir été inscrit à Pôle Emploi avant le début de la procédure d'expulsion initiée par le préfet du Territoire de Belfort en avril 2024. Dans ces conditions, eu égard à la nature, à la gravité et au caractère répété des infractions ayant motivé les condamnations dont il a fait l'objet, et en l'absence de garanties suffisantes de réinsertion professionnelle et sociale, le préfet du Territoire de Belfort n'a pas, en dépit de l'avis défavorable émis par la commission d'expulsion, commis d'erreur d'appréciation en estimant que la présence de M. B constituait, à la date de sa décision, une menace grave pour l'ordre public.

7. En troisième lieu, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet s'est également fondé sur la circonstance selon laquelle M. B serait défavorablement connu des forces de l'ordre pour des faits de vol à l'étalage commis en 2011 et des faits des récidive d'édification irrégulière de clôture soumise à déclaration préalable, de chasse non autorisée sur le terrain d'autrui, de participation à association de malfaiteurs et de détention illégale d'armes commis en 2012. Ainsi que le soutient le requérant, ces faits, qu'il conteste, ne sont établis par aucune pièce du dossier. Toutefois, il ressort des motifs exposés aux points précédents que le préfet du Territoire de Belfort aurait pris la même décision, sans commettre d'erreur d'appréciation, s'il s'était fondé uniquement sur les condamnations dont le requérant a fait l'objet. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 230-6 du code de procédure pénale : " Afin de faciliter la constatation des infractions à la loi pénale, le rassemblement des preuves de ces infractions et la recherche de leurs auteurs, les services de la police nationale et de la gendarmerie nationale peuvent mettre en œuvre des traitements automatisés de données à caractère personnel () ". Aux termes du I de l'article R. 40-29 du même code : " Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, (), les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : / () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorable sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code () ".

9. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet du Territoire de Belfort s'est fondé en dernier lieu sur la circonstance selon laquelle M. B aurait circulé avec un véhicule sans assurance en août 2023. Toutefois, il ne verse aucun élément en défense permettant d'attester qu'il aurait saisi préalablement les services compétents pour complément d'information, comme l'exigent les dispositions du 5° du I de l'article R. 40-29 du code de procédure pénale, avant de procéder à la consultation du fichier de traitement d'antécédents judiciaires de l'intéressé, indiquant qu'il aurait commis l'infraction de circulation avec un véhicule terrestre à moteur sans assurance en août 2023. Cette circonstance ne pouvait ainsi pas être prise en compte au titre de l'appréciation de la menace grave à l'ordre public que représente M. B sur le territoire français. Cependant, il ressort des pièces du dossier que le préfet du Territoire de Belfort aurait pris la même décision, sans commettre d'erreur d'appréciation, s'il s'était fondé uniquement sur les condamnations du requérant, qui sont sans rapport avec la procédure de consultation du fichier. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'un vice de procédure au regard l'article R. 40-29 du code de procédure pénale doit être écarté.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

11. Il ressort des pièces du dossier que la compagne de M. B est en situation régulière sur le territoire français, et que leurs trois enfants y sont nés et sont scolarisés à Belfort. Toutefois, sa compagne étant également de nationalité géorgienne, l'intéressé ne démontre pas que leur cercle familial ne pourrait pas se reconstituer hors du territoire français, en particulier en Géorgie. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que ses parents et son frère ont obtenu la nationalité allemande et résident en Allemagne, et que si sa sœur est titulaire d'une carte de séjour pluriannuelle en France, la réalité et l'effectivité de leurs liens ne sont pas démontrées. Dans ces conditions, eu égard à la menace grave pour l'ordre public que représente l'intéressé et en dépit de la durée de son séjour en France, la décision attaquée n'a pas porté, eu égard aux buts qu'elle poursuit, une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

12. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

13. Les enfants du requérant, respectivement âgés de 8, 10 et 14 ans à la date de la décision attaquée, sont nés et scolarisés en France. Toutefois, eu égard à la menace grave pour l'ordre public que représente la présence de leur père sur le territoire français, et alors que ce dernier ne démontre, par les pièces versées au dossier, ni l'intensité de leurs liens, ni la nécessité de sa présence à leurs côtés, la mesure d'expulsion contestée ne peut être regardée, dans les circonstances de l'espèce, comme méconnaissant leur intérêt supérieur.

14. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Territoire de Belfort.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- M. Debat, premier conseiller,

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.

La rapporteure,

L. Kiefer

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions