mercredi 11 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2401656 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | WOLDANSKI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 1er septembre 2024, M. B A, représenté par
Me Woldanski, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 26 août 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a refusé un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an ;
2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Territoire de Belfort l'a assigné à résidence dans ce département pendant une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre la somme de 1 200 euros à la charge de l'Etat sur le fondement de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, contre renoncement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- la décision de refus de séjour méconnait les articles 6-2 et 6-4 de l'accord franco-algérien et l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité du refus de titre de séjour lui-même illégal ;
- l'interdiction de retour est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'assignation à résidence est illégale par exception d'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français elle-même illégale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Pernot, premier conseiller, pour statuer sur le présent litige en application de l'article L.922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Pernot, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 29 mars 1988, est entré irrégulièrement en France le 30 septembre 2017. Il n'a présenté une demande de titre de séjour que le 11 septembre 2020 sans pouvoir justifier d'un passeport algérien en cours de validité. Le 25 novembre 2022, il a déposé une nouvelle demande de titre de séjour en qualité de conjoint de ressortissante française et parent d'enfant français. Le 26 août 2024, le préfet du Territoire de Belfort a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai avec interdiction de retour sur le territoire pour une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans le département du Territoire de Belfort. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le refus de séjour :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () 2) au ressortissant algérien, marié avec un ressortissant de nationalité française, à condition que son entrée sur le territoire français ait été régulière, que le conjoint ait conservé la nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, qu'il ait été transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français ; () / 4) au ressortissant algérien ascendant direct d'un enfant français mineur résident en France, à la condition qu'il exerce même partiellement l'autorité parentale à l'égard de cet enfant ou qu'il subvienne effectivement à ses besoins. Lorsque la qualité d'ascendant direct d'un enfant français résulte d'une reconnaissance de l'enfant postérieure à la naissance, le certificat de résidence d'un an n'est délivré au ressortissant algérien que s'il subvient à ses besoins depuis sa naissance ou depuis au moins un an () ". Ces stipulations ne privent pas l'autorité compétente du pouvoir qui lui appartient de refuser à un ressortissant algérien la délivrance du certificat de résidence d'un an lorsque sa présence en France constitue une menace pour l'ordre public.
3. D'une part, M. A ne conteste pas être entré irrégulièrement en France. Dès lors, il n'entre pas dans le champ des dispositions du 2 de l'article 6 de l'accord franco-algérien précité.
4. D'autre part, à supposer que M. A soit regardé comme subvenant effectivement aux besoins de son fils, il ressort du bulletin n°2 du casier judiciaire de l'intéressé que ce dernier a été condamné le 22 septembre 2021 à une peine de 2 mois d'emprisonnement avec sursis pour des faits de détention sans déclaration d'arme de catégorie C et fourniture d'identité imaginaire pouvant provoquer des mentions erronées au casier judiciaire. Il ressort également des documents produits par le préfet que l'intéressé avait été condamné en Algérie en 2010 pour des faits d'outrage à un fonctionnaire, coups et blessures volontaires et port d'arme prohibé. Par ailleurs, l'intéressé ne conteste pas la matérialité des faits de violences sans incapacité par une personne étant ou ayant été conjoint, conjoint ou partenaire lié à la victime par un pacte de solidarité en date du 24 octobre 2023, refus par le conducteur d'un véhicule d'obtempérer à une sommation de s'arrêter et conduite d'un véhicule sans permis commis le 15 mars 2024. Enfin, il ressort du compte rendu de la commission du titre de séjour, qui a été saisie préalablement au refus de titre de séjour contesté, qu'à l'occasion de son audition par cette commission, l'intéressé a tenu des propos dont il résulte que tant qu'il n'aurait pas de titre de séjour, il continuerait à commettre des actes de délinquance. Ainsi, compte tenu de ces éléments, qui démontrent une intolérance à la frustration et la volonté manifeste de ne pas respecter les lois de la République, la présence en France de M. A constitue donc une menace pour l'ordre public. Il ne peut dès lors prétendre à la délivrance de plein droit d'un certificat de résidence d'un an sur le fondement des stipulations de l'accord franco-algérien citées au point 2. Par suite, le moyen développé en ce sens doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. A est entré irrégulièrement en France en 2017 et n'a cherché que tardivement à régulariser sa situation administrative. S'il s'est marié et a eu un enfant avec une ressortissante française, il se trouvait alors en situation irrégulière sur le territoire national. Enfin compte tenu de ce qui a été indiqué au point 4 de la présente ordonnance, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant la mesure d'éloignement contestée, le préfet du Territoire de Belfort aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale tel que garanti par l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme. Par suite, le moyen afférent doit être écarté.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
7. M. A n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de séjour, il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne l'illégalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
8. En vertu de l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français sauf circonstances humanitaires. Pour fixer la durée de cette interdiction de retour, qui ne peux excéder trois ans, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français.
9. Eu égard à la situation personnelle et familiale de M. A et compte tenu de ce qui a été dit au point 4 de la présente ordonnance, le préfet du Territoire de Belfort n'a en l'espèce pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
En ce qui concerne l'arrêté portant assignation à résidence :
10. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre de la mesure d'assignation à résidence, tiré de l'illégalité de cette décision, doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions relatives aux frais de l'instance ne peuvent également qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Territoire de Belfort.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
A. Pernot
La greffière,
Mme C
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026