LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401847

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401847

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401847
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantCGBG

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de M. B, ressortissant turc, qui contestait l'arrêté du préfet du Jura du 18 juillet 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence de l'auteur de l'acte, de défaut de motivation et de défaut d'examen de la situation personnelle, estimant que la décision était suffisamment motivée et fondée sur les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. La solution retenue confirme la légalité de l'obligation de quitter le territoire, de la fixation du pays de renvoi et de l'interdiction de retour d'un an, sans qu'aucune erreur manifeste d'appréciation ou violation de la convention européenne des droits de l'homme ne soit retenue.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 septembre 2024, M. A B, représenté par Me Tronche, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 18 juillet 2024 par lequel le préfet du Jura l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet du Jura de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans le délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 000 euros à Me Tronche, son avocat, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle a été signée par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation et d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, dès lors notamment que l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'impose pas au préfet d'obliger à quitter le territoire un étranger dont la reconnaissance de la qualité de réfugié a été définitivement refusée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant fixation du pays de renvoi :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 octobre 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 28 août 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- et les observations de Me Tronche, représentant le requérant.

Une note en délibéré enregistrée le 12 novembre 2024 a été présentée par Me Tronche pour M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant turc né le 11 mai 2000, est entré irrégulièrement en France le 1er décembre 2023 et a présenté une demande d'asile qui a été définitivement rejetée, à la suite d'une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 9 juillet 2024. Par un arrêté du 18 juillet 2024, dont M. B demande l'annulation, le préfet du Jura l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné à l'issue de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

2. En premier lieu, par un arrêté du 27 janvier 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs spécial sous le numéro 39-2023-01-27-00001, le préfet du Jura a donné délégation à Mme Elisabeth Sevenier-Muller, secrétaire générale de la préfecture, à l'effet de signer toute décision relevant des compétences et attributions du représentant de l'Etat dans le département, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figurent pas les décisions contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée. ". En l'espèce, la décision portant obligation de quitter le territoire français vise notamment les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qu'elle met en œuvre. Elle indique également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles elle est fondée. Ainsi, à sa seule lecture, la décision attaquée permet à M. B d'en comprendre les motifs. Dès lors, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier et en particulier des mentions de la décision contestée, que le préfet du Jura, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation du requérant, a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle de celui-ci. A cet égard, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Jura se serait cru tenu par les termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile d'obliger M. B à quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.

5. En quatrième lieu, Il ressort des pièces du dossier que M. B, qui déclare être entré en France le 1er décembre 2023, n'y a séjourné que durant le temps nécessaire à l'examen de sa demande d'asile devant l'Office français de protection des réfugiés et apatrides puis la Cour nationale du droit d'asile. L'intéressé soutient qu'il a dû fuir son pays d'origine en raison des persécutions, violences et traitements dégradants qu'il a subis du fait de son appartenance à l'ethnie kurde, notamment pendant son service militaire en 2020 et 2021. Il produit, sur ce point, un compte-rendu radiologique faisant état de séquelles traumatiques de la jambe gauche, ainsi qu'un certificat médical évoquant une cicatrice du front compatible avec un coup de crosse de fusil, une cicatrice importante de la cuisse compatible avec un coup de hachoir, des séquelles de multiples fractures du bassin, du fémur gauche et de la cheville droite, ainsi qu'un état de stress post-traumatique. Toutefois, la Cour nationale du droit d'asile, dans une décision du 9 juillet 2024, a considéré que ces documents étaient insuffisants pour pallier les insuffisances du récit peu cohérent du requérant et n'étaient pas de nature à permettre de remettre en cause l'appréciation du caractère infondé de sa demande de protection par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Ainsi, compte tenu de la durée et des conditions du séjour en France de M. B, le préfet du Jura n'a pas commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. ".

7. En l'espèce, M. B soutient qu'il a dû fuir son pays d'origine en raison de persécutions, violences et traitements dégradants. S'il produit, ainsi qu'il a été dit au point 5, un compte-rendu radiologique et un certificat médical faisant état de séquelles traumatiques et d'un état de stress post-traumatique, ces éléments ne démontrent pas que ces troubles trouveraient leur origine dans des agressions subies dans son pays d'origine. Il s'ensuit que le requérant n'établit pas la réalité et l'actualité des risques qu'il encourrait personnellement en cas de retour dans ce pays, alors que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et la Cour nationale du droit d'asile ont rejeté sa demande d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant fixation du pays de renvoi :

8. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant fixation du pays de renvoi.

9. Pour les mêmes motifs que ceux exprimés au point 6, M. B n'est pas fondé à se prévaloir de la méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Les moyens soulevés sur ces fondements doivent par suite être écartés.

Sur la légalité de la décision portant fixation du délai de départ volontaire :

10. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant fixation du délai de départ volontaire.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

11. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour, il n'est pas fondé à s'en prévaloir, par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.

12. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, au préfet du Jura et à Me Tronche.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente ;

- M. Debat, premier conseiller ;

- Mme Goyer-Tholon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 décembre 2024.

La rapporteure,

C. Goyer-Tholon

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201

03/08/2026

TA78Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562

03/08/2026

TA77Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484

03/08/2026

← Retour aux décisions