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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2401858

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2401858

jeudi 17 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2401858
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantBERTIN BRIGITTE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 2 et 10 octobre 2024, M. F G, représenté par Me Bertin, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le préfet du Doubs l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an ;

2°) d'annuler l'arrêté du même jour par lequel le préfet du Doubs l'a assigné à résidence dans le département du Doubs, pour une durée de quarante-cinq jours ;

3°) d'enjoindre au préfet du Doubs de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant des deux arrêtés attaqués pris dans leur ensemble :

- ils ont été signés par une autorité incompétente ;

- ils méconnaissent les articles L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration et 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union Européenne ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle méconnaît l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

- elle méconnaît l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français.

Par deux mémoires en défense enregistrés les 11 et 14 octobre 2024, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. G ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Goyer-Tholon, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Goyer-Tholon, conseillère ;

- les observations de Me Bertin, représentant M. G ;

- les observations de M. G ;

- et les observations de M. E, représentant le préfet du Doubs.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. G, ressortissant algérien né le 23 janvier 1965, est entré régulièrement en France le 10 novembre 2022 sous couvert d'un visa touristique délivré par les autorités espagnoles, valable jusqu'au 15 décembre 2022. Par deux arrêtés du 26 septembre 2024, dont

M. G demande l'annulation, le préfet du Doubs l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans le département du Doubs, pour une durée de quarante-cinq jours.

Sur la légalité des deux arrêtés attaqués pris dans leur ensemble :

2. En premier lieu, les arrêtés contestés ont été signés par M. A D, directeur de la citoyenneté et des libertés de la préfecture du Doubs, qui disposait d'une délégation de signature du préfet du Doubs délivrée par un arrêté du 11 juin 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, à l'effet de signer tous documents administratifs et comptables concernant son service dans les matières relevant des attributions du ministre de l'intérieur, à l'exception d'actes au nombre desquels ne figurent pas les décisions litigieuses. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.

3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " 1. Toute personne a le droit de voir ses affaires traitées impartialement, équitablement et dans un délai raisonnable par les institutions, organes et organismes de l'Union. / 2. Ce droit comporte notamment : / a) le droit de toute personne d'être entendue avant qu'une mesure individuelle qui l'affecterait défavorablement ne soit prise à son encontre (). ". Le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie. D'autre part, il résulte des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des décisions portant obligation de quitter le territoire français et des décisions pouvant les assortir. Dès lors, les dispositions de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sauraient être utilement invoquées à l'encontre de la décision attaquée et le moyen doit être écarté comme inopérant.

4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. G a été entendu le

26 septembre 2024 par les services de police sur ses conditions de séjour et sur la perspective d'un éloignement préalablement à l'édiction de la mesure contestée. Dans ces conditions, le requérant n'est pas fondé à soutenir que son droit d'être entendu a été méconnu. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ce droit doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction issue de la loi n°2024-42 du 26 janvier 2024 : " La décision portant obligation de quitter le territoire français () est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. () ". Il résulte de ces dispositions que, quel que soit le fondement d'une obligation de quitter le territoire français, une telle décision ne peut être édictée qu'après que l'autorité administrative a procédé à la vérification du droit de l'intéressé au séjour, laquelle doit tenir compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et d'éventuelles considérations humanitaires de nature à justifier un tel droit. A cet égard, si une obligation de quitter le territoire français ne peut être prise à l'encontre d'un étranger qu'après vérification de son droit au séjour, cette vérification ne saurait être interprétée comme consistant en une analyse par le préfet des divers titres de séjour auxquels l'étranger pourrait prétendre. Il appartient seulement au préfet, ainsi qu'il l'a fait, de prendre en considération les éléments tenant à la durée de sa présence sur le territoire, à ses liens avec la France et aux considérations humanitaires qui pourraient justifier son maintien sur le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet a entaché sa décision d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.

6. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la rédaction-même de la décision attaquée, que le préfet du Doubs, qui n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments relatifs à la situation personnelle et professionnel du requérant, a bien procédé à un examen particulier de la situation personnelle de celui-ci.

7. En troisième lieu, l'article L. 435-1, dont se prévaut le requérant, est applicable en présence d'une demande de régularisation présentée par un étranger sur le fondement de ces dispositions. En l'espèce, les décisions attaquées ne portant pas sur un refus de titre de séjour et M. G n'ayant pas sollicité d'admission exceptionnelle au séjour, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté comme inopérant.

8. En quatrième lieu, d'une part, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces dernières stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine. D'autre part, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait d'institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ". Il résulte de ces stipulations, qui peuvent être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir, que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Ces stipulations sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

9. Il résulte des pièces du dossier que M. G, arrivé en France en 2022, y vit avec son épouse, de nationalité algérienne et en situation irrégulière, et deux de leurs enfants dont un mineur, nés en Algérie et présents en France depuis 2007. Si le requérant se prévaut de la circonstance que son épouse rencontre des problèmes de santé suite à un accident vasculaire et qu'il lui apporte une aide indispensable, il ne fournit pas de documents médicaux récents de nature à démontrer qu'elle ne pourrait retourner avec lui en Algérie ; il n'établit pas davantage qu'elle ne pourrait bénéficier là-bas d'un traitement adapté. A cet égard, M. G ne saurait utilement se prévaloir de l'absence d'exécution forcée par l'Etat des différentes obligations de quitter le territoire français qui ont été prises à l'encontre de son épouse pour justifier son maintien sur le sol français. M. G se prévaut également de la présence en France de sa fille B, âgée de 13 ans, scolarisée dans le cadre d'un dispositif ULIS adapté à ses difficultés d'apprentissage. Toutefois, il n'est pas établi qu'elle ne pourrait bénéficier d'un accompagnement scolaire adapté en Algérie, pays dont elle est originaire et qu'elle a quitté à l'âge de six ans. Par ailleurs, si le requérant se prévaut également de la présence en France de son fils C, qui était majeur à la date de la décision attaquée, il n'établit pas que celui-ci ne pourrait retourner en Algérie, pays dont il est également originaire, ni au demeurant qu'il ne pourrait vivre en France séparé de ses parents, après avoir obtenu la régularisation de sa situation. De plus, M. G n'établit ni même n'allègue être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où demeurent ses trois premières filles majeures. Rien ne fait ainsi obstacle à ce que sa vie familiale se poursuive dans son pays d'origine, ni à ce que sa cellule familiale se reconstitue dans ce pays. En outre, il ne justifie pas davantage d'une intégration sociale ou professionnelle particulière en France. Dans ces conditions, eu égard à la durée et aux conditions du séjour en France de l'intéressé, la décision attaquée n'a pas porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été décidée. Il suit de là que le préfet du Doubs n'a pas méconnu l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'a pas méconnu l'intérêt supérieur de ses enfants, au regard des stipulations précitées de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, les moyens soulevés en ce sens doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision portant refus de délai de départ volontaire :

10. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Aux termes de l'article L. 612-3 du même code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () L'étranger s'est maintenu sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa ou, s'il n'est pas soumis à l'obligation du visa, à l'expiration d'un délai de trois mois à compter de son entrée en France, sans avoir sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; () 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français () ".

11. Il ressort des pièces du dossier, ainsi que le relève l'arrêté attaqué, que l'intéressé s'est maintenu en situation irrégulière depuis son arrivée en France sous couvert d'un visa expirant le 15 décembre 2022, qu'il n'a jamais sollicité l'octroi d'un titre de séjour, et qu'il a déclaré lors de son audition par les services de police qu'il ne voulait pas retourner en Algérie. Dans ces conditions, le préfet du Doubs pouvait, sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation, estimer que le comportement de M. G présentait un risque qu'il se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet, justifiant ainsi qu'aucun délai de départ volontaire ne lui soit accordé. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

12. En premier lieu, le moyen tiré de l'erreur de fait n'étant pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé, ne peut être qu'écarté.

13. En second lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 9 du présent jugement, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations des articles 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, ainsi que de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :

14. Le requérant n'ayant pas démontré l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, il n'est pas fondé à s'en prévaloir par la voie de l'exception à l'encontre de la décision portant assignation à résidence. Le moyen soulevé en ce sens doit par conséquent être écarté.

15. Il résulte de tout ce qui précède que M. G n'est pas fondé à demander l'annulation des deux arrêtés attaqués du 26 septembre 2024. Ses conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1er : La requête de M. G est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F G et au préfet du Doubs.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. Goyer-Tholon

La greffière,

S. Matusinski

La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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