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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2402152

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2402152

mardi 28 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2402152
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 8 novembre et 4 décembre 2024, Mme A D, épouse C, et M. B C, représentés par Me Harir, demandent au tribunal :

1°) d'annuler les arrêtés du 2 juillet 2024 par lesquels le préfet du Jura leur a refusé la délivrance d'un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français, leur a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés à l'issue de ce délai et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;

2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet du Jura de leur délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Jura de délivrer à Mme D, épouse C un titre de séjour mention " salariée " et à M. C un titre de séjour mention " travailleur temporaire ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) à titre infiniment subsidiaire, de réexaminer leur situation et de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros à leur verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

S'agissant des décisions de refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de leur situation personnelle ;

- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles n'ont pas tenu compte de leur situation familiale sur le territoire français, de leur insertion professionnelle, de leur intégration sociale et de l'absence de menace à l'ordre public qu'ils représentent ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- en ce qui concerne Mme A D, épouse C, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-1 et de l'article L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- en ce qui concerne M. C, elle méconnaît les dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elles méconnaissent les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité des décisions de refus de titre qu'elles assortissent ;

- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- elles sont illégales en raison de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français qu'elles assortissent ;

- elles sont entachées d'un défaut d'examen particulier de leur situation personnelle ;

- elles méconnaissent les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le préfet du Jura n'était pas en situation de compétence liée.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 novembre 2024, le préfet du Jura conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme D, épouse C et M. C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Au cours de l'audience publique, Mme Kiefer, conseillère, a donné lecture de son rapport.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, épouse C, et M. C, ressortissants géorgiens nés respectivement les 12 mai 1993 et 2 mai 1991, entrés en France le 10 juillet 2018 selon leurs déclarations, ont sollicité leur admission exceptionnelle au séjour le 24 mai 2024. Par deux arrêtés du 2 juillet 2024, le préfet du Jura a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français, leur a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés à l'issue de ce délai, et a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans. Par la présente requête, Mme D, épouse C et M. C demandent l'annulation de ces arrêtés.

Sur la légalité des décisions de refus de titre de séjour :

2. En premier lieu, les décisions attaquées visent les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet du Jura a fait application pour refuser la délivrance de titres de séjour à Mme D, épouse C et à M. C. Elles indiquent également, avec suffisamment de précisions, les circonstances de fait sur lesquelles le préfet du Jura s'est fondé. Ainsi, à leur seule lecture, ces décisions permettent à Mme D, épouse C et à M. C de comprendre les motifs des refus de titre de séjour qui leur sont opposés. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes des décisions de refus de séjour attaquées, que le préfet du Jura a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de Mme D, épouse C et de M. C.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".

5. En présence d'une demande de régularisation présentée sur le fondement de ces dispositions par un étranger, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ". Dans cette dernière hypothèse, un demandeur qui justifierait d'une promesse d'embauche ou d'un contrat de travail ne saurait être regardé, par principe, comme attestant, par là même, des " motifs exceptionnels " exigés par la loi. Il appartient, en effet, à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, d'examiner, notamment, si la qualification, l'expérience et les diplômes de l'étranger ainsi que les caractéristiques de l'emploi auquel il postule, de même que tout élément de sa situation personnelle dont l'étranger ferait état à l'appui de sa demande, tel que par exemple, l'ancienneté de son séjour en France, peuvent constituer, en l'espèce, des motifs exceptionnels d'admission au séjour.

6. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, épouse C et M. C résident habituellement sur le territoire français depuis le mois de juillet 2018. Ils sont à cet égard locataires d'un appartement à Poligny depuis le mois de juillet 2022. Mme D, épouse C démontre être employée en qualité de serveuse au restaurant " La Case B " depuis le 24 septembre 2021. M. C démontre quant à lui avoir occupé divers emplois agricoles depuis 2021, notamment en tant que vendangeur et porteur, et a été employé quelques jours dans le cadre d'un contrat à durée déterminée en 2022 par la société où travaille son épouse. Toutefois, alors qu'ils ne justifient pas être dénués de famille dans leur pays d'origine, compte tenu, pour Mme D, épouse C, de son absence de qualifications professionnelles particulières, et pour M. C, de l'instabilité de sa situation professionnelle, et alors que leur durée de présence en France ne constitue pas, par elle-même, une circonstance exceptionnelle d'admission au séjour, c'est sans erreur manifeste d'appréciation que le préfet du Jura a pu estimer que leur situation ne relevait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels au sens et pour l'application de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et leur refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Pour l'application de ces dernières stipulations, l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

8. Mme D, épouse C et M. C se prévalent de ce qu'ils vivent avec leur fille en France depuis 2018. Ils indiquent que la sœur de Mme D, épouse C ainsi que son mari de nationalité française résident également sur le territoire français, à Paris, mais ne démontrent ni l'intensité de leurs liens, ni être dépourvus d'attaches familiales dans leur pays d'origine, où ils ont vécu jusqu'aux âges de 25 et 27 ans, et où leur cellule familiale peut se reconstituer avec leur fille. Par ailleurs, ils ne démontrent pas avoir tissé d'autres liens en France. Dès lors, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en refusant la délivrance de titres de séjour à Mme D, épouse C et à M. C, le préfet du Jura n'a pas porté à leur droit au respect de leur vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts qu'il a poursuivis. Il n'a donc ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ni les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

9. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Jura n'ait pas tenu compte de la situation familiale des requérants sur le territoire français, de leur insertion professionnelle, de leur intégration sociale ou de l'absence de menace à l'ordre public qu'ils représentent.

10. En sixième lieu, Mme D, épouse C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions des articles L. 421-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle ne démontre pas avoir sollicité un titre de séjour sur ce fondement.

11. En septième lieu, M. C ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il ne démontre pas avoir sollicité un titre de séjour sur ce fondement.

12. En dernier lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 26 janvier 1990 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ". Il résulte de ces stipulations que, dans l'exercice de son pouvoir d'appréciation, l'autorité administrative doit accorder une attention primordiale à l'intérêt supérieur des enfants dans toutes les décisions les concernant. Elles sont applicables non seulement aux décisions qui ont pour objet de régler la situation personnelle d'enfants mineurs mais aussi à celles qui ont pour effet d'affecter, de manière suffisamment directe et certaine, leur situation.

13. Mme D, épouse C et M. C ne font état d'aucun élément qui ferait obstacle à ce que leur cellule familiale, composée sur le territoire français d'eux-mêmes et de leur fille à la date des arrêtés attaqués, se reconstitue dans leur pays d'origine, où ils ont vécu la majorité de leur existence, et où ils n'allèguent pas que leur fille ne pourrait pas être scolarisée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale de droits de l'enfant doit être écarté.

Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " La décision portant de quitter le territoire français est motivée. / Dans le cas prévu au 3° de l'article L. 611-1, la décision portant obligation de quitter le territoire français n'a pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle de la décision relative au séjour. () ". En application de ces dispositions, les décisions portant obligation de quitter le territoire français n'ont pas à faire l'objet d'une motivation distincte de celle des décisions portant refus de titre de séjour, dès lors que ces dernières sont, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, régulièrement motivées.

15. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 13, et de ce que les requérants ne présentent aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des refus de titre de séjour doit être écarté.

16. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, l'obligation de quitter le territoire français ne peut être regardée comme portant une atteinte excessive au droit de Mme D, épouse C et de M. C au respect de leur vie privée et familiale, en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur la légalité de l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans :

17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ".

18. En premier lieu, les décisions attaquées, qui mentionnent l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et font état de manière suffisante des éléments relatifs à la situation de Mme D, épouse C et de M. C, comportent les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, dès lors, suffisamment motivées.

19. En deuxième lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 2 à 16, et de ce que les requérants ne présentent aucun autre moyen à ce titre, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

20. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des termes des décisions attaquées, que le préfet du jura a procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de Mme D, épouse C et de M. C avant de prononcer à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

21. En quatrième lieu, pour prononcer une interdiction de retour sur le territoire français à l'encontre de Mme D, épouse C et de M. C, le préfet du Jura s'est fondé sur la circonstance qu'ils s'étaient vus refuser l'octroi d'un délai de départ volontaire. Par suite, en application des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Jura devait assortir ses décisions d'une interdiction de retour, sauf à ce qu'il constate des circonstances humanitaires de nature à faire obstacle à l'édiction d'une telle décision. En l'espèce, Mme D, épouse C et M. C ne font pas état de circonstances humanitaires de nature à justifier que le préfet n'édicte pas d'interdiction de retour. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

22. En cinquième lieu, il ne ressort pas des termes des décisions attaquées que le préfet du Jura se soit estimé en situation de compétence liée lorsqu'il a prononcé à l'encontre des requérants une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.

23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme D, épouse C et par M. C doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, leurs conclusions à fin d'injonction et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D, épouse C et de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, épouse C, à M. B C et au préfet du Jura.

Délibéré après l'audience du 7 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Michel, présidente,

- M. Debat, premier conseiller,

- Mme Kiefer, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 janvier 2025.

La rapporteure,

L. Kiefer

La présidente,

F. MichelLa greffière,

E. Cartier

La République mande et ordonne au préfet du Jura, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

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