mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2402217 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | MOLENAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 25 novembre et 4 décembre 2024, M. D B, représenté par Me Molenat, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 15 novembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Saône l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours ;
2°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2024 par lequel le préfet de la Haute-Saône a retiré son attestation de demandeur d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a assorti cette décision d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant d'une durée d'un an, à défaut, de suspendre l'exécution de ces arrêtés jusqu'à la décision de la Cour nationale du droit d'asile ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros HT à verser à son conseil en application des dispositions combinées des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- il n'est pas établi que l'auteur des arrêtés contestés disposait d'une délégation de signature ;
- les décisions contestées ne sont pas suffisamment motivées ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que le préfet n'a pas tenu compte de sa situation de demandeur d'asile ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire est illégale dès lors que l'administration ne caractérise aucun risque de fuite ;
- les décisions contestées méconnaissent les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la décision le plaçant en rétention administrative est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il est demandeur d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect d'une vie privée et familiale ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet n'a pas justifié ses décisions et " les conditions posées par la loi n'étaient pas réunies en l'espèce " ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des effets sur sa situation personnelle ;
- l'arrêté l'assignant à résidence repose sur des faits inexacts puisqu'il ne s'est jamais maintenu sur le territoire français en tant que demandeur d'asile ;
- il l'oblige à faire un déplacement de 50 kilomètres aller-retour alors qu'il ne dispose ni d'un véhicule ni de ressources suffisantes pour payer les frais de transport.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 et 4 décembre 2024, le préfet de la Haute-Saône conclut au rejet de la requête.
Le préfet soutient que les conclusions tendant à l'annulation de l'arrêté portant obligation de quitter le territoire français sont irrecevables et les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Seytel, conseiller, pour statuer en application des articles L. 922-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, M. Seytel, conseiller a présenté son rapport.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant albanais, est irrégulièrement entré en France le 11 janvier 2024. Le 8 mars 2024, sa demande d'asile a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides. Par un arrêté du 27 septembre 2024, le préfet de la Haute-Saône a obligé M. B à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an. Par un arrêté du 15 novembre 2024, le préfet de la Haute-Saône l'a assigné à résidence pendant une durée de quarante-cinq jours. M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Il résulte des articles L. 614-1 et L. 911-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le délai de recours contentieux contre la décision portant obligation de quitter le territoire français, celle relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français est d'un mois à compter de la notification des décisions.
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'interdiction de retour sur le territoire français ont été notifiées à M. B le 15 octobre 2024. Par suite, la requête enregistrée le 25 novembre 2024 est tardive en tant qu'elle demande l'annulation de ces décisions et la fin de non-recevoir opposée en défense doit être accueillie.
Sur la légalité de l'arrêté portant assignation à résidence :
4. En premier lieu, l'auteur de l'arrêté contesté est M. A C, qui disposait, en vertu d'un arrêté du préfet de la Haute-Saône adopté le 14 octobre 2024 d'une délégation à l'effet de signer les assignations à résidence. Par suite, le moyen afférent doit être écarté.
5. En deuxième lieu, l'arrêté contesté comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
6. En troisième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'est assorti d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé.
7. En quatrième lieu, en refusant d'exécuter la mesure d'éloignement du 27 septembre 2024, M. B s'est maintenu sur le territoire français de manière irrégulière. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté conteste repose sur des faits inexacts, doit être écarté.
8. En dernier lieu, la circonstance que M. B doit se présenter tous les jours de la semaine au service de gendarmerie de Marnay situé à plus de 25 kilomètres de son domicile et qu'il ne dispose pas des ressources suffisantes pour régler le titre de transport pour se rendre à Marnay ne permet pas de conclure au caractère disproportionné de la mesure par rapport à l'objectif poursuivi par l'assignation. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés qu'il conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet de la Haute-Saône.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.
Le magistrat désigné,
J. Seytel
La greffière,
C. Chiappinelli
La République mande et ordonne au préfet de la Haute-Saône en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026