mardi 17 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2402279 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DIAZ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 2 décembre 2024 sous le numéro 2402278, M. D C, représenté par Me Diaz, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assigné à résidence dans le département du Territoire de Belfort, pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 2 décembre 2024 sous le numéro 2402279, Mme A B, représentée par Me Diaz, demande au tribunal :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 26 novembre 2024 par lequel le préfet du Territoire de Belfort lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et l'a assignée à résidence dans le département du Territoire de Belfort, pour une durée de quarante-cinq jours ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant l'obligation de quitter le territoire français ;
Par un mémoire en défense enregistré le 10 décembre 2024, le préfet du Territoire de Belfort conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Goyer-Tholon, conseillère, pour statuer sur les litiges relevant des articles L. 922-2 et R. 922-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, Mme Goyer-Tholon, conseillère, a donné lecture de son rapport.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. C et Mme B, son épouse, sont ressortissants algériens nés respectivement les 26 août 1984 et 21 février 1992. Ils sont entrés en France sous couvert de visas de court séjour en août 2023. Par deux arrêtés du 26 novembre 2024, le préfet du Territoire de Belfort leur a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés, a prononcé à leur encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an et les a assignés à résidence dans le département du Territoire de Belfort, pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes, qu'il convient de joindre dès lors qu'elles sont relatives à des situations personnelles connexes, M. C et Mme B demandent l'annulation des deux arrêtés susvisés du
26 novembre 2024.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président. ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire peut être accordée dans une situation d'urgence, notamment lorsque la procédure met en péril les conditions essentielles de vie de l'intéressé () L'admission provisoire est accordée par () le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle () sur laquelle il n'a pas encore été statué. ". Aux termes de l'article 62 du même décret : " La décision d'admission provisoire est immédiatement notifiée à l'intéressé, () par () le greffier de la juridiction. Lorsque l'intéressé est présent, la décision peut être notifiée verbalement contre émargement au dossier. ". Aux termes de l'article 80 du même décret : " () l'avocat () désigné d'office () est valablement désigné au titre de l'aide juridictionnelle () si la personne pour le compte de laquelle il intervient remplit les conditions d'éligibilité à l'aide. () ".
3. En raison de l'urgence résultant de l'application des dispositions de l'article L. 921-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il y a lieu d'admettre provisoirement M. C et Mme B au bénéfice de l'aide juridictionnelle sur le fondement de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991.
Sur la légalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français :
4. En premier lieu, les arrêtés contestés ont été signés par M. Renaud Nury, secrétaire général de la préfecture du Territoire de Belfort, lequel disposait d'une délégation de signature du préfet du Territoire de Belfort, par un arrêté du 25 novembre 2024, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour sous le numéro 90-2024-11-25-00002, l'autorisant à signer les décisions contestées. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit par conséquent être écarté.
5. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la rédaction-même des arrêtés attaqués, qui rappellent notamment le parcours des intéressés, leur lien de mariage et l'existence de leurs deux enfants mineurs à charge, que le préfet du Territoire de Belfort a procédé à un examen particulier de leur situation personnelle, la circonstance que l'arrêté ne mentionne pas tous les éléments relatifs à leur situation étant, en l'espèce, sans incidence. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen de la situation personnelle des intéressés doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. C et Mme B, dont l'arrivée en France est récente, font valoir qu'ils sont mariés et ont la charge de deux enfants en bas âge dont l'aîné, né en 2021, est scolarisé et la plus jeune est née en 2024 en France. Toutefois, ils n'établissent pas être dépourvus d'attaches personnelles ou familiales dans leur pays d'origine, dans lequel résident les parents de Mme B et la famille de M. C, ainsi qu'ils l'ont déclaré lors de leur audition auprès des services de police. Rien ne fait ainsi obstacle à ce qu'ils poursuivent leur vie de famille dans leur pays d'origine où ils ont vécu jusqu'à l'âge de 39 et 31 ans, ni à ce que leur fils poursuive sa scolarité dans ce pays dont il est originaire. Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est susceptible d'entraver l'activité professionnelle de M. C, cette circonstance ne suffit pas à établir une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur sa situation personnelle. Dans ces conditions, le préfet du Territoire de Belfort n'a pas commis erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de sa décision sur la situation personnelle des intéressés. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur la légalité des décisions portant refus de délai de départ volontaire :
7. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 2, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des décisions attaquées doit être écarté.
Sur la légalité des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
8. Les requérants n'ayant pas démontré l'illégalité des décisions portant obligation de quitter le territoire français, ils ne sont pas fondés à s'en prévaloir, par la voie de l'exception, à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. C et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation des deux arrêtés attaqués du 26 novembre 2024. Leurs conclusions aux fins d'annulation doivent par suite être rejetées, ainsi que par voie de conséquence, celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : M. C et Mme B sont admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Les requêtes de M. C et Mme B sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D C, à Mme A B et au préfet du Territoire de Belfort.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 décembre 2024.
La magistrate désignée,
C. Goyer-Tholon
La greffière,
S. Matusinski
La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°s 2402278 - 2402279
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026