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AccueilJurisprudence administrativeN° TA25-2402340

Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2402340

vendredi 13 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2402340
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantMOURA HENRI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de M. B, qui contestait le classement sans suite de sa demande d’acquisition de la nationalité française par le préfet du Doubs. Le tribunal a jugé que le refus d’enregistrer une demande accompagnée d’un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief, et est donc insusceptible de recours pour excès de pouvoir. En l’espèce, M. B n’a pas justifié avoir fourni sa déclaration de revenus 2023 dans le délai imparti, malgré la mise en demeure du préfet. La requête a été rejetée comme manifestement irrecevable sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, en application du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Moura, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 2 septembre 2024 par laquelle le préfet du Doubs a classé sans suite sa demande en vue d'acquérir la nationalité française au motif qu'il n'a pas produit dans les délais sa déclaration de revenus établie au titre des revenus perçus pour l'année 2023 dans son intégralité ;

2°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui accorder la nationalité française dans le délai de deux mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de procéder au réexamen de son dossier ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par une décision du 15 octobre 2024, M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance :/ () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (). ".

2. Aux termes de l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité français : " Sans préjudice de l'application des dispositions du dernier alinéa de l'article 35, l'autorité qui a reçu la demande peut mettre en demeure le postulant de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. Si le postulant ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le postulant est informé par écrit de ce classement ".

3. Le refus d'enregistrer une demande tendant, comme en l'espèce, à l'acquisition de la nationalité française, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.

4. En l'espèce, M. B n'établit ni même n'allègue avoir effectivement présenté au préfet du Doubs un dossier complet dans le délai qui lui était imparti au soutien de sa demande d'acquisition de la nationalité française. A cet égard, s'il fait valoir que le préfet du Doubs lui a réclamé sa déclaration des revenus perçus au titre de l'année 2023, le 6 mai 2024, alors que la date limite des dépôts des déclarations était fixée au 21 mai 2024, il ne justifie pas avoir transmis le document demandé après la date du 21 mai 2024 et de surcroit avant le 2 septembre 2024, alors qu'il a procédé à une déclaration automatique en ligne de ses revenus de l'année 2023. Dans ces conditions, le dossier présenté par M. B n'étant pas complet, la lettre du 2 septembre 2024 de classement sans suite de sa demande d'acquisition de la nationalité française ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B qui peut s'il s'y croit fondé saisir le préfet du Doubs d'une demande de renouvellement de sa demande, est manifestement irrecevable et peut, en application du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er: La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Une copie de cette ordonnance sera adressée, pour information, au préfet du Doubs.

Fait à Besançon, le 13 décembre 2024.

La présidente de la 1ère chambre,

F. Michel

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier

- p 2 -

N°2402340

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