jeudi 26 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2402423 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CGBG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 20 décembre 2024, le préfet du Doubs demande au juge des référés d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, la suspension de l'exécution de l'arrêté du 13 décembre 2024 par lequel le maire de la commune de Jougne a prononcé la fermeture du secteur de Piquemiette et l'interdiction d'accès à la piste du Troupézy de la station de ski de Métabief, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur la légalité de cette décision.
Le préfet du Doubs soutient que la décision attaquée présente un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que :
- le risque d'avalanche qui la motive n'est pas constitué, aucun élément ne démontre un risque d'avalanche sur le secteur concerné ;
- elle n'est pas proportionnée à l'objectif d'intérêt général poursuivi dès lors que l'interdiction couvre l'ensemble de la période hivernale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 décembre 2024, la commune de Jougne, représentée par Me Grillon conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code justice administrative.
La commune de Jougne soutient que la requête est irrecevable et que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le déféré enregistré le 20 décembre 2024 sous le numéro 2402424 par lequel le préfet du Doubs demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal administratif a désigné M. C en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique qui s'est tenue le 26 décembre 2024 en présence de Mme Matusinski, greffière, M. C a lu son rapport et entendu :
- M. B, sous-préfet, représentant le préfet du Doubs;
- M. A, maire de la commune de Jougne.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. La station de ski de Métabief (Doubs) se situe sur le territoire de plusieurs communes dont celle de Jougne. Son exploitation est assurée par le syndicat mixte du Mont d'Or. Le domaine skiable de cette station était jusqu'à présent organisé en trois secteurs : Métabief, Piquemiette, situé sur la commune de Jougne, et Super-Longevilles. En septembre 2024, le syndicat mixte du Mont d'Or a décidé de mettre un terme définitif à l'exploitation du secteur de Piquemiette. Le
13 décembre 2024, le maire de la commune de Jougne a pris pour toute la saison hivernale un arrêté interdisant à toute personne l'accès au secteur de Piquemiette et à la partie inférieure de la piste du Troupézy excepté une bande de 100 mètres devant " le chalet du pisteur ". Cette décision a été transmise en préfecture le 17 décembre 2024. Dans le cadre de l'article L. 2131-6 du code général des collectivités territoriales, le préfet du Doubs a déféré au tribunal administratif de Besançon cette décision sous le n° 2402424 et il a assorti son recours d'une demande de suspension, conformément aux dispositions de cet article du code général des collectivités territoriales.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Aux termes de l'article L.2131-6 du code général des collectivités territoriales : " Le représentant de l'Etat dans le département défère au tribunal administratif les actes mentionnés à l'article L. 2131-2 qu'il estime contraires à la légalité dans les deux mois suivant leur transmission. () / Le représentant de l'Etat peut assortir son recours d'une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l'un des moyens invoqués paraît, en l'état de l'instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'acte attaqué. Il est statué dans un délai d'un mois () ".
3. Le préfet du Doubs ayant présenté le 20 décembre 2024 un recours au fond contre l'arrêté pris le 13 décembre dernier par le maire de Jougne, la commune de Jougne n'est pas fondée à soutenir que le présent recours serait irrecevable faute d'assortir un recours en annulation. Par suite, la fin de non-recevoir afférente doit être écartée.
Sur les conclusions à fin de suspension :
4. Aux termes de l'article L.2131-6 du code général des collectivités territoriales :
" () Lorsque l'acte attaqué est de nature à compromettre l'exercice d'une liberté publique ou individuelle, le président du tribunal ou un membre du tribunal délégué à cet effet prononce le sursis dans les quarante-huit heures () ".
5. En l'état de l'instruction, les deux moyens soulevés par le préfet du Doubs sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté attaqué. Il y a donc lieu d'en suspendre l'exécution jusqu'à ce que sa légalité soit examinée au fond.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. L'Etat, qui n'est pas la partie perdante, ne peut être condamné à verser une quelconque somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : L'exécution de l'arrêté du 13 décembre 2024 par lequel le maire de la commune de Jougne a prononcé la fermeture du secteur de Piquemiette et l'interdiction d'accès à la piste du Troupézy de la station de ski de Métabief est suspendue.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Jougne présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée au préfet du Doubs et à la commune de Jougne.
Fait à Besançon, le 26 décembre 2024.
Le juge des référés,
A. C
La République mande et ordonne au préfet du Doubs, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
N°2402423
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026