mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2500190 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DESSOLIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 11 février 2025, Mme B A, représentée par Me Dussolin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 janvier 2025 par laquelle le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre à l'OFII de lui octroyer le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, à défaut, de procéder à un réexamen de sa demande dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme A soutient que :
- la décision contestée méconnaît l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'elle ne tient pas compte de sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2025, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
L'OFII fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Seytel, premier conseiller, pour statuer en application des articles L. 922-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel, magistrat désigné,
- et les observations de Me Dessolin, représentant Mme A qui rappelle la situation de vulnérabilité de la requérante en raison des agressions physiques, verbales et sexuelles qu'elle a subies dans son pays d'origine, de son hypertension artérielle et de son infection au VIH. Mme A bénéficie d'un traitement en France et elle est accueillie par des compatriotes uniquement la nuit. Cette situation de vulnérabilité n'ayant pas été prise en compte, la décision contestée est illégale.
L'OFII n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Le 3 octobre 2023, le directeur de l'OFII de Besançon a mis fin aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficiait Mme A. Par une décision du 21 janvier 2024, le directeur territorial de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de Besançon a refusé sa demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Mme A demande l'annulation de cette seconde décision.
2. Aux termes de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants () 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 () Lorsque la décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil a été prise en application des 1°, 2° ou 3° du présent article et que les raisons ayant conduit à cette décision ont cessé, le demandeur peut solliciter de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. L'office statue sur la demande en prenant notamment en compte la vulnérabilité du demandeur ainsi que, le cas échéant, les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acception initiale des conditions matérielles d'accueil ".
3. En premier lieu, la décision contestée rejette une demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil en application des dispositions citées au point précédent. Or, les dispositions de l'article D. 551-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, soulevées par Mme A, qui prévoient une obligation de motivation en tenant le cas échéant compte de l'état de vulnérabilité du demandeur ne s'appliquent pas aux décisions refusant le rétablissement des conditions matérielles d'accueil. Cette exigence ne concerne que les décisions de refus à une demande initiale ainsi qu'aux décisions de suspension ou de retrait des conditions matérielles d'accueil. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision contestée est insuffisamment motivée ne peut qu'être écarté.
4. En second lieu, il ressort des pièces du dossier que le directeur de l'OFII de Besançon a mis fin aux conditions matérielles d'accueil de Mme A parce qu'elle avait quitté son lieu d'hébergement sans motif légitime. A l'appui de sa requête, Mme A présente une attestation établie le 29 novembre 2024 par une assistante sociale du CHU Jean Minjoz, une attestation d'une psychologue clinicienne établie le 10 janvier 2025, ainsi qu'un certificat médical non daté qui lui prescrit du Biktarvy. Ces pièces indiquent que Mme A bénéficie d'un suivi médical depuis janvier 2023 en raison de symptômes évocateurs d'un syndrome de stress post-traumatique pouvant la rendre invalide, ainsi que d'un suivi VIH et d'un suivi gynécologique tous les quatre mois. Or, l'état de santé de Mme A et les suivis médicaux dont elle bénéficie ne suffisent pas à expliquer l'abandon par l'intéressée de son lieu d'hébergement. De la même manière, la volonté de se soustraire à l'exécution d'une décision de transfert ne saurait constituer un motif légitime de quitter le lieu d'hébergement fourni par l'OFII. Dans ces conditions, la requérante n'était pas fondée à obtenir le rétablissement des conditions matérielles d'accueil et l'OFII n'était pas dans une situation où il devait tenir compte de l'état de vulnérabilité de l'intéressée lorsqu'il a statué sur sa demande. En tout état de cause, il ressort des éléments produits par l'OFII que préalablement à l'édiction de la décision contestée, Mme A a bénéficié les 7 et 17 janvier 2025 de deux entretiens afin d'évaluer son niveau de vulnérabilité. Par suite, le moyen tiré de que l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation de Mme A doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède de Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision qu'elle conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 11 février 2025.
Le magistrat désigné,
J. SeytelLa greffière,
S. Matusinski
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026