mardi 11 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Besançon |
| Section | Tribunal Administratif de Besançon |
| N° Dossier | TA25-2500195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CGBG |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2025, M. C D B, représenté par
Me Tronche, demande au tribunal :
1°) d'annuler les arrêtés du 22 janvier 2025 par lesquels le préfet du Doubs a décidé, d'une part, de le remettre aux autorités portugaises en vue de l'examen de sa demande d'asile et, d'autre part, de l'assigner à résidence dans le département du Doubs pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois ;
2°) d'enjoindre au préfet du Doubs de lui remettre une attestation de demandeur d'asile dans le délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de cette même notification ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des dispositions combinées du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
- l'arrêté de remise aux autorités responsables de sa demande d'asile méconnaît l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;
- il méconnaît l'article 15, 18 et 19 du règlement (CE) n°1560/2003 du 2 septembre 2023 dès lors qu'il n'est pas établi qu'une requête aux fins de prise en charge ait été transmis aux autorités portugaises ;
- il méconnaît l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 puisqu'en ne tenant pas compte son état de santé le préfet n'a pas procédé à un examen réel et sérieux de sa situation et en refusant de mettre en œuvre la clause de souveraineté il a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'arrêté d'assignation à résidence est illégal par l'effet de l'illégalité de l'arrêté de remise aux autorités responsables de sa demande d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2025, le préfet du Doubs conclut au rejet de la requête.
Le préfet fait valoir que les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n°1560/2003 du 2 septembre 2023 ;
- le règlement (UE) n°604/2013 du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Seytel, premier conseiller, pour statuer en application des articles L. 922-2 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Seytel, premier conseiller ;
- les observations de Me Dessolin substituant Me Tronche, représentant M. B, qui soutient que le préfet n'a pas respecté l'article 17 du règlement Dublin en ne tenant pas compte de sa pathologie pulmonaire ni du traitement qu'il a débuté en France et rappelle qu'un certificat médical du 10 février 2025 fait état de ce que l'interruption de son suivi médical " pourrait l'exposer à une aggravation de son état de santé et mettre en jeu son pronostic vital ".
- les observations de Mme A, pour le préfet, qui indique que M. B n'a jamais fait mention de ses problèmes de santé lors de son entretien individuel ou lors de la procédure de transfert. De plus, les soins et le suivi médical se poursuivront au Portugal. Mme A fait observer que
M. B a lui-même interrompu le suivi médical dont il bénéficiait lorsqu'il résidait en Suisse. Elle précise que les informations que détiennent les autorités françaises seront mise à disposition des autorités portugaises pour faciliter la prise en charge et la poursuite des soins.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant guinéen, est entré irrégulièrement en France à une date indéterminée. Le 18 décembre 2024, il a présenté une demande d'asile. Par des arrêtés du 22 janvier 2025, le préfet du Doubs a décidé, d'une part, de remettre M. B aux autorités portugaises et, d'autre part, de l'assigner à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, renouvelable trois fois. M. B demande l'annulation de ces deux arrêtés.
2. En premier lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, que l'administration qui entend faire application de ce règlement à un demandeur d'asile doit lui remettre, dès le moment où le préfet est informé que l'intéressé est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et en tout état de cause en temps utile, une information complète sur ses droits, par écrit et dans une langue qu'il comprend. Cette information doit comprendre l'ensemble des éléments mentionnés au paragraphe 1 de cet article.
3. Le préfet du Doubs produit en défense les premières pages des brochures figurant en annexe X du règlement n° 118/2014 du 30 janvier 2014 " J'ai demandé l'asile dans l'Union européenne - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " (brochure A) et " Je suis sous procédure Dublin - qu'est-ce que cela signifie ' " (brochure B) rédigées en langue peul, que l'intéressé a déclaré comprendre lors de son entretien individuel. Ces documents lui ont été remis le 18 décembre 2024, date à laquelle M. B a présenté sa demande d'asile. De plus, il n'est pas utilement contesté que les brochures remises à M. B comportent l'ensemble des informations prévues par l'article 4 du règlement n° 604/2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 4 du règlement (UE) du 26 juin 2013 doit être écarté.
4. En deuxième lieu, le chapitre I du règlement (CE) n°1560/2003 du 2 septembre 2023 prévoit que les Etats membres échangent les informations qu'ils détiennent sur les demandeurs d'asile aux moyens de transmissions électroniques sécurisées.
5. Il ressort des pièces du dossier que la consultation par les autorités françaises du fichier Eurodac, le 18 décembre 2024, a fait apparaître que M. B avait été identifié le 19 janvier 2021 au Portugal. Il ressort également de l'accusé de réception émis par le point d'accès national portugais du réseau DubliNet que les autorités de ce pays ont été sollicitées aux fins de prise en charge de l'intéressé le 23 décembre 2024. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des articles 15, 18 et 19 du règlement (CE) n°1560/2003 du 2 septembre 2023 doit être écarté.
6. En troisième lieu, le paragraphe 1 de l'article 3 du règlement UE du 26 juin 2013 prévoit que la demande de protection internationale présentée par un ressortissant de pays tiers ou par un apatride " () est examinée par un seul Etat membre, qui est celui que les critères énoncés au chapitre III désignent comme responsable () ". Le paragraphe 1 de l'article 17 de ce même règlement prévoit que : " Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement () ".
7. En l'espèce, M. B produit un rendez-vous médical au sein du service des maladies infectieuses et un certificat médical daté du 10 février 2025 lequel atteste que M. B souffre d'une pathologie pulmonaire en cours de prise en charge l'ayant conduit à être hospitalisé à deux reprises au CHU de Genève et dont l'interruption " pourrait l'exposer à une aggravation de son état de santé et mettre en jeu son pronostic vital ". Toutefois, ces seuls éléments ne permettent pas de conclure que son état de santé justifie la mise en œuvre de la procédure dérogatoire prévue par l'article 17 du règlement (UE) du 26 juin 2013. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de cet article doit être écarté.
8. En quatrième lieu et pour les raisons qui viennent d'être exposées, en ne tenant pas compte de l'état de santé de M. B, le préfet du Doubs n'a pas omis de procéder à un examen réel et sérieux de sa situation et le moyen afférent doit être écarté.
9. En dernier lieu, M. B ne démontre pas que l'arrêté portant remise aux autorités responsables de sa demande d'asile est illégal. Dès lors, il n'est pas fondé à demander l'annulation, par voie de conséquence, de l'arrêté l'assignant à résidence.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des arrêtés qu'il conteste. Par suite, sa requête doit être rejetée dans toutes ses conclusions.
DECIDE :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C D B et au préfet du Doubs.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 février 2025.
Le magistrat désigné,
J. Seytel
La greffière,
S. Matusinski
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026