Le Tribunal Administratif de Besançon a rejeté la requête de M. B... contestant le classement sans suite de sa demande d'acquisition de la nationalité française par le préfet du Doubs. Le juge a estimé que ce classement, fondé sur l'article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 pour défaut de production de pièces complémentaires dans les délais, ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir. En l'absence de dossier complet, notamment d'un acte de mariage légalisé par les autorités malaisiennes compétentes, la requête a été jugée manifestement irrecevable sur le fondement de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2025, M. A... B... demande au tribunal :
1°) d’annuler la décision du 12 septembre 2025 par laquelle le préfet du Doubs a classé sans suite sa demande en vue d’acquérir la nationalité française au motif qu’il n’a pas produit dans les délais certains documents nécessaires à l’instruction de son dossier ;
2°) d’enjoindre au préfet du Doubs :
- de réexaminer son dossier en tenant compte des pièces nouvellement produites ;
- de l’autoriser à produire toutes les pièces justificatives, notamment les légalisations requises.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : (…) / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…). ».
2. Aux termes de l’article 40 du décret n°93-1362 du 30 décembre 1993 relatif aux déclarations de nationalité, aux décisions de naturalisation, de réintégration, de perte, de déchéance et de retrait de la nationalité français : « Sans préjudice de l'application des dispositions du dernier alinéa de l'article 35, l'autorité qui a reçu la demande peut mettre en demeure le postulant de produire les pièces complémentaires ou d'accomplir les formalités administratives qui sont nécessaires à l'examen de sa demande. Si le postulant ne défère pas à cette mise en demeure dans le délai qu'elle fixe, la demande peut être classée sans suite. Le postulant est informé par écrit de ce classement ».
3. Le refus d'enregistrer une demande tendant, comme en l'espèce, à l’acquisition de la nationalité française, à l'appui de laquelle est présenté un dossier incomplet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible d'être déférée au juge de l'excès de pouvoir.
4. En l’espèce, M. B... n’établit pas avoir effectivement présenté au préfet du Doubs un dossier complet dans le délai qui lui était imparti au soutien de sa demande d’acquisition de la nationalité française. A cet égard au contraire, il soutient qu’il a obtenu la légalisation de son acte de mariage et de sa traduction certifiée par l’Ambassade de Malaisie à Paris « estimant que cette démarche suppléait l’exigence du Ministère des affaires étrangères malaisien ». Ainsi, il ne justifie pas notamment avoir transmis, en réponse à la demande du 3 juillet 2025 du préfet du Doubs, son acte de mariage légalisé par le Ministère des affaires étrangères de Malaisie, ainsi que la traduction de l’acte portant cette légalisation. Dans ces conditions, la lettre du 12 septembre 2025 de classement sans suite de la demande d’acquisition de la nationalité française de M. B..., en l’absence d’un dossier complet ne constitue pas une décision faisant grief susceptible de faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B... qui peut s’il s’y croit fondé saisir le préfet du Doubs d’une demande de renouvellement de sa demande, est manifestement irrecevable et peut, en application du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er: La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Fait à Besançon, le 17 novembre 2025.
La présidente de la 2ème chambre,
S. Grossrieder
La République mande et ordonne au préfet du Doubs en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier