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Tribunal Administratif de Besançon — Décision N° TA25-2602342

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionTribunal Administratif de Besançon
SectionTribunal Administratif de Besançon
N° DossierTA25-2602342
TypeOrdonnance
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantCGBG

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2026, le syndicat CGT des fonctionnaires territoriaux de la ville de Belfort et Mme B... C..., représentés par Me Tronche, demandent au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l’exécution de la délibération du conseil d’administration du centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville de Belfort en date du 29 juin 2026 relative au transfert d’activité du « service autonomie domicile », en toutes ses dispositions, jusqu’à ce qu’il soit statué au fond sur la légalité de cette décision ;

2°) de mettre à la charge du CCAS de la ville de Belfort une somme de 2 000 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les requérants soutiennent que :
- ils présentent un intérêt à agir ;
- la condition d’urgence est remplie ;
- la décision attaquée présente un doute sérieux quant à sa légalité dès lors que :
- le comité social territorial (CST) n’a pas été consulté sur la question de la suppression du service autonomie à domicile (SAD) ;
- l’information portée à la connaissance des membres du CST était insuffisante ;
- le contenu du rapport prévu par le 3ième alinéa de l’article R. 123-16 du code de l’action sociale et des familles était insuffisant ;
- l’autorité compétente n’a pas donné son accord concernant la cession de l’autorisation relative au SAD, en méconnaissance du 3ième alinéa du I de l’article L. 313-1 du code de l’action sociale et des familles ;
- elle méconnait l’article R. 123-2 du code de l’action sociale et des familles ;
- elle méconnait les articles L. 445-1 et suivants du code général de la fonction publique ;
- elle est affectée de détournements de pouvoir et de procédure.

Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 31 août 2026 sous le numéro 2602106 par laquelle les requérants demandent l’annulation de la décision attaquée.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal administratif a désigné M. A... en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :

1. Par une délibération, adoptée le 29 juin 2026, le conseil d’administration du CCAS de la ville de Belfort a décidé de « - supprimer le 1er janvier 2028 le service autonomie à domicile intégré (volet soin, volet aide et équipe spécialisée Alzheimer) géré par le CCAS (...), - arrêter en conséquence l’activité d’intervention à domicile du CCAS à cette date, sous réserve de l’achèvement des prestations engagées et de l’information préalable des usagers, - approuver le principe de transfert définitif des autorisations d’activité et agréments du service autonomie à domicile du CCAS vers un ou des opérateurs spécialisés, - fixer au 1er janvier 2028 la date de transfert des agréments et autorisations, - préciser que l’arrêt de la gestion par le CCAS du service autonomie à domicile emportera les conséquences suivantes pour le personnel affecté à ce service : reclassement interne sur d’autres services du CCAS lorsqu’il est possible, ouverture, le cas échéant, des procédures prévues par le code général de la fonction publique (réorganisation, suppression de poste, etc.), - autoriser le président et ses délégataires à engager l’ensemble des démarches administratives et financières nécessaires à la mise en œuvre de cette décision, notamment auprès des autorités de tutelle et des partenaires institutionnels ». Les requérants demandent la suspension de l’exécution de cette délibération.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (...) ». Aux termes de l'article L. 522-1 dudit code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique (...) ». Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ». Enfin aux termes du premier alinéa de l’article R. 522-1 dudit code : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

3. L’urgence justifie que soit prononcée la suspension d’un acte administratif lorsque l’exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu’il entend défendre. Il appartient au juge des référés d’apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le demandeur, si les effets de l’acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l’exécution de la décision soit suspendue. L’urgence, en outre, doit être évaluée de manière objective et globale, en fonction de l’ensemble des circonstances de l’affaire, y compris la préservation des intérêts publics attachés à la mesure litigieuse.

4. Pour justifier de l’urgence, les requérants font valoir que les contrats de travail de plusieurs agents publics arrivant à terme d’ici la fin de l’année 2026 ne seront pas renouvelés, le seront moyennant une quotité de travail moindre ou ont déjà été renouvelés moyennant une quotité de travail inférieure à ce qu’elle était auparavant. Ils ajoutent que s’agissant des fonctionnaires impactés par la fermeture à venir du service autonomie à domicile du CCAS, une cellule de reclassement a d’ores et déjà été mise en place devant aboutir à la mobilité des agents, caractérisée soit par un reclassement en interne soit par une mutation externe, de sorte que ces agents seraient contraints d’engager dès maintenant des actions pour permettre leur reclassement au sein du CCAS ou leur mutation au sein d’une autre collectivité ou d’un autre établissement. Toutefois, d’une part, les agents contractuels ne détiennent aucun droit au renouvellement de leur contrat de travail. D’autre part, le processus de reclassement des fonctionnaires concernés ayant à peine débuté alors que la fermeture du service ne sera effective au mieux que le 1er janvier 2028, aucune urgence ne justifie à ce jour que la suspension de l’exécution de la délibération contestée soit prononcée.

5. Il résulte de ce qui précède qu’il y a lieu de faire application des dispositions précitées de l’article L. 522-3 du code de justice administrative et de rejeter la requête du syndicat CGT des fonctionnaires territoriaux de la ville de Belfort et Mme C... en toutes ses conclusions.


O R D O N N E :


Article 1er : La requête du syndicat CGT des fonctionnaires territoriaux de la ville de Belfort et Mme B... C... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au syndicat CGT des fonctionnaires territoriaux de la ville de Belfort et Mme B... C....


Fait à Besançon, le 1er octobre 2026.


Le juge des référés,





A. A...


La République mande et ordonne au préfet du Territoire de Belfort, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière