mardi 22 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2003042 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | PENARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2020, Mme C B, représentée par Me Gault, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 juin 2020 par lequel le maire de la commune de Sault a refusé de lui délivrer un permis de construire ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Sault de délivrer le permis de construire demandé dans un délai de deux mois à compter du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sault le versement de la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme ; le terrain est situé dans une partie actuellement urbanisée de la commune ; deux certificats d'urbanisme ont été délivrés le 15 janvier 2019 indiquant que le projet était réalisable.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 novembre 2020, la commune de Sault, représentée par la SCP Penrad, Oosterlynck, Beveraggi, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable en l'absence de notification du recours contentieux ;
- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de Mme Bahaj, rapporteure publique,
- et les observations de Me Beveraggi, représentant la commune de Sault.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 9 juin 2020, le maire de la commune de Sault a refusé de délivrer à Mme B et M. A un permis de construire deux maisons individuelles avec garage d'une surface totale de 188 m² sur un terrain situé ancien chemin d'Aurel au lieu-dit " Mougne ", cadastré section L numéros de parcelles 561 et 562. Mme B demande l'annulation de cette décision.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Sault :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () ".
3. Ces dispositions ne visent que les décisions valant autorisation d'occupation ou d'utilisation du sol. Il en résulte qu'une décision de refus de permis de construire qui n'est pas une autorisation ne constitue pas une décision entrant dans le champ de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Sault doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 122-1 du code de l'urbanisme : " Les conditions d'utilisation et de protection de l'espace montagnard sont fixées par le présent chapitre qui s'applique dans les zones de montagne définies à l'article 3 de la loi n° 85-30 du 9 janvier 1985 relative au développement et à la protection de la montagne. ". L'article L. 122-5 du même code dispose que " L'urbanisation est réalisée en continuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants, sous réserve de l'adaptation, du changement de destination, de la réfection ou de l'extension limitée des constructions existantes, ainsi que de la construction d'annexes, de taille limitée, à ces constructions, et de la réalisation d'installations ou d'équipements publics incompatibles avec le voisinage des zones habitées ". Aux termes de l'article L. 422-5 de ce code : " Lorsque le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale est compétent, il recueille l'avis conforme du préfet si le projet est situé : a) Sur une partie du territoire communal non couverte par une carte communale, un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu ; () ".
5. Il est constant que la commune de Sault est régie par la loi Montagne. Le 2 mars 2020, le préfet de Vaucluse a été saisi pour avis sur le projet de M. A et de Mme B et a rendu un avis conforme défavorable le 17 mars 2020 au motif que le projet en litige est situé en discontinuité avec les bourgs, villages, hameaux, groupes de constructions traditionnelles ou d'habitations existants de la commune au sens de la loi Montagne. En l'espèce, il ressort de l'extrait du plan cadastral et du plan produits par le préfet de Vaucluse ainsi que du plan cadastral annoté et des documents photographiques versés au débat par la requérante que le terrain d'assiette du projet se situe en bordure de l'ancien chemin d'Aurel en continuité d'une zone densément bâtie s'étirant des deux côtés de cette voie publique et qu'il est entouré d'habitations. Par ailleurs, la requérante soutient sans être contredite que des permis de construire ont été délivrés récemment sur les parcelles alentours, et plus particulièrement le 13 mai 2020 sur la parcelle cadastrée section L n° 432 et que deux habitations sont en cours de construction à proximité immédiate. Il ressort également des mentions des deux certificats d'urbanisme pré-opérationnels délivrés par le maire de la commune de Sault le 15 janvier 2019 que les deux parcelles sont desservies par la voie publique et l'ensemble des réseaux. Dans ces conditions, en considérant que le projet de Mme B ne se situait pas en continuité avec un groupe d'habitations existants, le préfet de Vaucluse a fait une inexacte application des dispositions précitées de l'article L. 122-5 du code de l'urbanisme.
6. Il suit de là que l'avis défavorable du préfet est illégal. Ainsi, le maire de la commune de Sault ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour s'opposer à la demande de permis de construire présentée par M. A et Mme B.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du maire de la commune de Sault du 9 juin 2020.
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'apparaît en l'état de l'instruction susceptible de fonder l'annulation de la décision attaquée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ". Aux termes de l'article L. 911-2 du même code : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
10. Le motif d'annulation retenu implique seulement le réexamen de la demande de Mme B. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au maire de la commune de Sault de procéder à ce réexamen et de prendre une nouvelle décision dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Sault la somme de 1 200 euros à verser à Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Ces mêmes dispositions font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme demandée par la commune de Sault au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de la commune de Sault du 9 juin 2020 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de la commune de Sault de procéder à une nouvelle instruction de la demande de permis de construire dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Sault versera à Mme B une somme de 1 200 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme B est rejeté.
Article 5 : Les conclusions de la commune de Sault présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la commune de Sault.
Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022 où siégeaient :
- M. Antolini, président,
- Mme Bourjade, première conseillère,
- Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 novembre 2022.
La rapporteure,
A. D
Le président,
J. ANTOLINILa greffière,
N. LASNIER
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026