jeudi 25 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2100833 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET ENARD-BAZIRE-COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mars 2021, M. A B, représenté par la SELARL EBC Avocats, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 octobre 2019 au 13 octobre 2020 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 11 décembre 2020 par lequel le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien l'a placé en disponibilité d'office pour raison de santé du 14 octobre 2020 au 13 octobre 2021 ;
3°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien de régulariser sa situation administrative dans un délai de trente jours à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les arrêtés attaqués ont été pris par des autorités non-habilitées ;
- ils sont insuffisamment motivés ;
- ils ont été pris à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que le médecin de prévention n'a pas remis de rapport écrit au comité médical, en méconnaissance des articles 9 et 24 du décret du 30 juillet 1987, le privant ainsi d'une garantie ;
- ils sont entachés d'un vice de procédure dès lors qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé au sein de la commission de réforme lors de sa séance du 18 avril 2019, en méconnaissance de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987 et alors que la présence d'un médecin spécialiste constitue une garantie pour l'agent ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit, en ce que le président de la communauté d'agglomération a méconnu l'étendue de sa compétence ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 et d'une erreur d'appréciation, dès lors que ses arrêts de travail postérieurs au 15 octobre 2018 sont bien imputables à une rechute de son accident de service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2023, la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, représentée par la SELARL Gil - Cros - Crespy, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le requérant sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Chevillard,
- les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique,
- les observations de Me Cros, représentant la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, adjoint technique exerçant les fonctions de chauffeur de benne à ordures ménagères au sein de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, a ressenti, le 1er février 2018, une vive douleur cervicale et une douleur du membre supérieur droit alors qu'il était descendu de son camion pour soulever un container bloqué. Le jour même, il a déclaré cet accident à son employeur. A compter de cette date et jusqu'au 14 septembre 2018 inclus, il a été placé en arrêt de travail, avant de reprendre ses fonctions le 17 septembre 2018.
2. Contestant la date retenue pour la consolidation de son état de santé et estimant avoir subi une rechute de son accident de service à la suite de sa reprise, à compter du 15 octobre 2018, M. B a saisi le président de la communauté d'agglomération d'une nouvelle demande. Par un courrier du 1er février 2019, cette autorité a refusé de modifier la date de consolidation. A la suite de deux nouvelles expertises médicales, le président de la communauté d'agglomération a, par un second arrêté du 2 juillet 2019, refusé de reconnaître les arrêts maladie du requérant à compter du 15 octobre 2018 comme étant imputables à une rechute de son accident de service. Saisi par M. B d'une requête en annulation des décisions des 19 novembre 2018, 1er février 2019 et 2 juillet 2019, le tribunal administratif de Nîmes a, par un jugement du 27 janvier 2022, annulé l'arrêté du 2 juillet 2019 refusant de reconnaître les arrêts de travail à compter du 15 octobre 2018 comme étant imputables au service.
3. Par un avis rendu le 20 août 2020, le comité médical s'est prononcé favorablement à la prolongation du congé de maladie ordinaire de M. B jusqu'au 13 octobre 2019, à sa mise en disponibilité d'office pour raison de santé pour une période de douze mois à compter du 14 octobre 2019, à l'inaptitude définitive de l'agent à toute fonction et à sa mise à la retraite pour invalidité. Par deux arrêtés du 11 décembre 2020, que M. B conteste, le président de la communauté d'agglomération a placé l'intéressé en disponibilité pour raison de santé du 14 octobre 2019 au 13 octobre 2020 puis du 14 octobre 2020 au 13 octobre 2021.
Sur la légalité des arrêtés attaqués :
4. En premier lieu, les arrêtés attaqués ont été signés par M. Patrick Pannetier, conseiller communautaire délégué aux ressources humaines et au dialogue social de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, qui disposait, en application d'un arrêté du 29 juillet 2020, régulièrement publié au recueil des actes de cette collectivité, d'une délégation pour signer tout acte se rapportant aux ressources humaines et au dialogue social. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. Il résulte de ces dispositions que les décisions plaçant d'office un fonctionnaire en disponibilité en raison de l'expiration de ses droits statutaires à congé de maladie ne relèvent d'aucune des catégories de décisions qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen n'est opérant qu'au stade du renouvellement de la disponibilité d'office d'un agent déclaré apte à l'exercice de ses fonctions et ayant, par conséquent, droit à réintégration.
7. Il résulte des termes mêmes de l'arrêté attaqué du 11 décembre 2020 que le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien a placé M. B en disponibilité d'office pour raison de santé pour une première période du 14 octobre 2019 au 13 octobre 2020. Ainsi, l'intéressé ne peut utilement se prévaloir de l'insuffisance de motivation de cet arrêté. Tel est également le cas du second arrêté attaqué pris à la même date qui, s'il prolonge le placement en disponibilité d'office de M. B du 14 octobre 2020 au 13 octobre 2021 et est en tout état de cause motivé en droit et en fait, a été pris alors que le comité médical a considéré que M. B était définitivement inapte à toutes fonctions. Par suite, le moyen inopérant doit être écarté.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux : " Dans chaque département, un comité médical départemental est constitué auprès du préfet. / () Chaque comité comprend deux praticiens de médecine générale et, pour l'examen des cas relevant de sa compétence, un médecin spécialiste de l'affection dont est atteint le fonctionnaire qui demande à bénéficier du congé de longue maladie ou de longue durée prévu au 3° ou au 4° de l'article 57 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée. / () ". Aux termes de l'article 9 du même décret : " Le médecin du service de médecine préventive prévu à l'article 108-2 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée compétent à l'égard du fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir s'il le demande communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 16, 23, 24 et 33 ci-dessous. / L'intéressé et l'administration peuvent faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical. ". Aux termes de l'article 24 de ce décret : " Lorsque l'autorité territoriale estime, au vu d'une attestation médicale ou sur le rapport des supérieurs d'un fonctionnaire, que celui-ci se trouve dans la situation prévue à l'article 57 (3° ou 4°) de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 susvisée, elle peut provoquer l'examen médical de l'intéressé dans les conditions prévues aux alinéas 3 et suivants de l'article 25 ci-dessous. Un rapport écrit du médecin du service de médecine préventive attaché à la collectivité ou établissement dont relève le fonctionnaire concerné doit figurer au dossier ".
9. M. B ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent qui ne sont pas applicables au placement en disponibilité d'office pour raison de santé ou au renouvellement de celui-ci. Par suite, les moyens tirés de ce que le médecin de prévention n'a pas remis de rapport écrit au comité médical et de ce qu'aucun médecin spécialiste n'a siégé au sein de la commission de réforme sont inopérants et doivent être écartés.
10. En quatrième lieu, il ne ressort pas des termes des arrêtés attaqués que le président de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien se serait considéré en position de compétence liée. Par suite, ce moyen doit être écarté.
11. En dernier lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, applicable en l'espèce : " I. - Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service () / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. (). Aux termes de l'article 37-6 du décret du 30 juillet 1987 pris pour l'application de la loi du 26 janvier 1984 visée ci-dessus : " La commission de réforme est consultée par l'autorité territoriale : () 3° Lorsque l'affection résulte d'une maladie contractée en service telle que définie au IV de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 précitée dans les cas où les conditions prévues au premier alinéa du même IV ne sont pas remplies ".
12. M. B ne saurait utilement se prévaloir des dispositions citées au point précédent qui ne sont pas applicables au placement en disponibilité d'office pour raison de santé ou au renouvellement de celui-ci. Par suite, ce moyen inopérant doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède, que les conclusions en annulation de la requête, et par voie de conséquence, celles présentées à fins d'injonctions, doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme que M. B demande au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens soit mise à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien une somme au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la communauté d'agglomération du Gard Rhodanien.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. CHEVILLARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
F. DESMOULIÈRES
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026