jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | MATTLER |
Vu les procédures suivantes :
Par un jugement avant-dire droit du 3 octobre 2023, le tribunal administratif de Nîmes, saisi de la requête indemnitaire de M. B, a écarté les fins de non-recevoir opposées en défense par le ministre des armées et ordonné une expertise en vue notamment de déterminer les pathologies dont M. A B est atteint au titre de l'accident subi le 23 octobre 1983, leur évolution, les souffrances endurées, les chefs de préjudice retenus et de dire si les arrêts maladie à compter du 15 décembre 2017 sont imputables aux séquelles de l'accident ou découlent d'une modification de son état de santé postérieurement à la date de consolidation constatée avant la radiation des cadres de .
Le rapport d'expertise établi par le docteur C, psychiatre, a été déposé au greffe du tribunal le 20 mars 2024.
Le rapport d'expertise établi par le docteur D, oto-rhino-laryngologue (ORL), a été déposé au greffe du tribunal le 19 avril 2024.
Le rapport d'expertise établi par le docteur E, neurologue, a été déposé au greffe du tribunal le 2 mai 2024.
Par un mémoire enregistré le 7 juin 2024, M. B, représenté par Me Mattler, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le ministre des armées a rejeté le recours administratif formé le 8 février 2021 à l'encontre de la décision du 8 décembre 2020 portant refus de modification de la proposition d'indemnisation complémentaire établie le 22 octobre 2020, ainsi que la décision du 9 juillet 2021 par laquelle le ministre des armées a expressément rejeté ce recours administratif ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser les sommes de 7 000 euros au titre du préjudice esthétique temporaire, de 7 500 euros au titre du préjudice esthétique permanent, de 13 500 euros au titre des souffrances endurées, de 150 000 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire, de 165 000 euros au titre du déficit fonctionnel permanent, de 16 000 euros au titre du préjudice sexuel, de 10 000 euros au titre du préjudice d'agrément, ou subsidiairement la somme de 8 000 euros, de 100 000 euros au titre du préjudice d'établissement, de 10 000 euros au titre du préjudice moral, assorties des intérêts capitalisés à compter du 26 septembre 2019 ;
3°) de condamner l'État à rembourser au titre des dépenses de santé futures les séances de rééducation vestibulaire à raison de dix par an sur justificatifs ;
4°) de mettre à la charge de l'État les dépens.
Il soutient que :
- les décisions attaquées sont signées par des autorités qui ne sont pas habilitées ;
- l'expertise réalisée le 12 octobre 2020 du Dr F a été effectuée en méconnaissance des dispositions des articles R. 151-9 et R. 151-10 du code des pensions militaires d'invalidité et de victimes de guerre, le déroulement de cette expertise est entaché d'irrégularités et son contenu a été dénaturé par le ministère des armées.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre ;
- la loi n° 68-1250 du 31 décembre 1968 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Cambrezy,
-les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
-et les observations de Me Mattler, représentant M. B.
Une note en délibéré, enregistrée le 17 octobre 2024, a été produite par M. B représenté par Me Mattler.
Considérant ce qui suit :
Sur les faits et la procédure :
1. Alors qu'il était sous statut militaire, M. B a été grièvement blessé lors de l'attentat de l'immeuble " le Drakkar " à Beyrouth le 23 octobre 1983. Il a conservé de nombreuses séquelles de ses blessures, qui ont conduit à l'attribution d'une pension militaire d'invalidité, fixée en dernier lieu à 95 % par une décision du 14 juin 2018. M. B, retraité de l'armée depuis 2004, a été recruté par le ministère de la défense en qualité d'adjoint administratif principal de 2ème classe, affecté depuis le 1er juillet 2008 au 4ème régiment du matériel de Nîmes. Le 5 septembre 2019, M. B a présenté une demande d'indemnisation complémentaire au titre de l'accident de service subi le 23 octobre 1983. A la suite de l'expertise effectuée le 12 octobre 2020 dans le cadre de l'instruction de sa demande, le ministère des armées lui a proposé, par un courrier du 22 octobre 2020, un protocole transactionnel prévoyant une indemnisation complémentaire de 4 400 euros. Par un courrier du 7 novembre 2002, l'intéressé a contesté l'expertise réalisée, ainsi que cette proposition d'indemnisation, et a sollicité une nouvelle expertise. Le ministère des armées ayant, par un courrier du 8 décembre 2020, maintenu son offre du 22 octobre 2020, M. B a présenté le 8 février 2021 à l'encontre de cette décision de rejet un recours administratif préalable obligatoire auprès de la commission des recours des militaires. Si le silence gardé par la ministre des armées a fait naître une décision implicite de rejet, la ministre a expressément rejeté le recours de M. B par une décision du 9 juillet 2021. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions implicite et expresse portant rejet de son recours administratif et de condamner l'Etat à lui verser la somme totale de 479 000 euros au titre des préjudices qu'il estime avoir subis.
Sur la portée du litige :
2. La décision par laquelle le ministre des armées a rejeté la demande préalable indemnitaire présentée par M. B n'a eu pour seul effet que de lier le contentieux à l'égard de l'objet de la demande indemnitaire du requérant qui, en formulant les conclusions à fin de condamnation sus-analysées, leur a donné le caractère de conclusions de plein contentieux. Au regard de l'objet d'une telle demande, qui conduit le juge à se prononcer sur le droit de l'intéressé à percevoir les sommes qu'il réclame, les vices propres dont serait, le cas échéant, entachée la décision qui a lié le contentieux sont sans incidence sur la solution du litige. Par suite, les moyens relatifs à l'incompétence du signataire des décisions ainsi qu'au déroulement de la procédure d'expertise ou à la dénaturation de son contenu par le ministère des armées sont inopérants et doivent être écartés.
Sur les conclusions à fin d'indemnisation :
En ce qui concerne l'exception de prescription quadriennale :
3. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de la loi du 31 décembre 1968 relative à la prescription des créances sur l'Etat, les départements, les communes et les établissements publics : " Sont prescrites, au profit de l'Etat, des départements et des communes, sans préjudice des déchéances particulières édictées par la loi, et sous réserve des dispositions de la présente loi, toutes créances qui n'ont pas été payées dans un délai de quatre ans à partir du premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les droits ont été acquis. Sont prescrites, dans le même délai et sous la même réserve, les créances sur les établissements publics dotés d'un comptable public ". Selon l'article 2 de la même loi : " La prescription est interrompue par : () / Tout recours formé devant une juridiction, relatif au fait générateur, à l'existence, au montant ou au paiement de la créance, quel que soit l'auteur du recours et même si la juridiction saisie est incompétente pour en connaître, et si l'administration qui aura finalement la charge du règlement n'est pas partie à l'instance ; () ".
4. S'agissant d'une créance indemnitaire détenue sur une collectivité publique au titre d'un dommage corporel engageant sa responsabilité, le point de départ du délai de prescription prévu par ces dispositions est le premier jour de l'année suivant celle au cours de laquelle les infirmités liées à ce dommage ont été consolidées. Il en est ainsi pour tous les postes de préjudice, aussi bien temporaires que permanents, qu'ils soient demeurés à la charge de la victime ou aient été réparés par un tiers, tel qu'un organisme de sécurité sociale, qui se trouve subrogé dans les droits de la victime.
5. La consolidation de l'état de santé de la victime d'un dommage corporel fait courir le délai de prescription pour l'ensemble des préjudices directement liés au fait générateur qui, à la date à laquelle la consolidation s'est trouvée acquise, présentaient un caractère certain permettant de les évaluer et de les réparer, y compris pour l'avenir. Si l'expiration du délai de prescription fait obstacle à l'indemnisation de ces préjudices, elle est sans incidence sur la possibilité d'obtenir réparation de préjudices nouveaux résultant d'une aggravation directement liée au fait générateur du dommage et postérieure à la date de consolidation. Le délai de prescription de l'action tendant à la réparation d'une telle aggravation court à compter de la date à laquelle elle s'est elle-même trouvée consolidée.
6. En l'espèce, les créances indemnitaires de M. B afférentes aux dommages résultant de l'accident de service du 23 octobre 1983 et survenus antérieurement aux dates de consolidation fixées par l'expertise du Dr. F aux 23 octobre 1985 et 18 octobre 2007 sont certes prescrites. En revanche, s'agissant des dommages liés à la rechute des troubles psychiques et neurologiques, survenue le 15 décembre 2017 selon les rapports d'expertise psychiatrique et neurologique, et à la rechute des troubles oto-rhino-laryngologiques survenue le 18 octobre 2007 selon le rapport de l'expert ORL, la date de leur consolidation a été fixée respectivement par ces spécialistes au 30 mars 2021 et au 28 août 2018. Il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions concordantes des médecins, que l'ensemble des dommages se rattachent au même fait générateur et ont été révélés par le dépôt des rapports d'expertise des 19 mars 2024, 4 et 11 avril 2024 au tribunal. Par suite, les créances indemnitaires de M. B résultant de la rechute des troubles psychiques et neurologiques survenue le 15 décembre 2017 et de la rechute des troubles oto-rhino-laryngologiques survenue le 18 octobre 2007 ne sont pas prescrites. L'exception de prescription quadriennale opposée en défense doit donc être écartée.
En ce qui concerne le principe de l'indemnisation :
7. Eu égard à la finalité qui lui est assignée par les dispositions de l'article L. 1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre et aux éléments entrant dans la détermination de son montant, tels qu'ils résultent de l'article L. 111-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre, la pension militaire d'invalidité doit être regardée comme ayant pour objet de réparer, d'une part, les pertes de revenus et l'incidence professionnelle de l'incapacité physique et, d'autre part, le déficit fonctionnel, entendu comme l'ensemble des préjudices à caractère personnel liés à la perte de la qualité de la vie, aux douleurs permanentes et aux troubles ressentis par la victime dans ses conditions d'existence personnelles, familiales et sociales, à l'exclusion des souffrances éprouvées avant la consolidation, du préjudice esthétique, du préjudice sexuel, du préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de continuer à pratiquer une activité spécifique, sportive ou de loisirs, et du préjudice d'établissement lié à l'impossibilité de fonder une famille.
8. En instituant la pension militaire d'invalidité, le législateur a entendu déterminer forfaitairement la réparation à laquelle les militaires peuvent prétendre, au titre des préjudices mentionnés ci-dessus, dans le cadre de l'obligation qui incombe à l'État de les garantir contre les risques qu'ils courent dans l'exercice de leur mission. Cependant, si le titulaire d'une pension a subi, du fait de l'infirmité imputable au service, d'autres préjudices que ceux que cette prestation a pour objet de réparer, il peut prétendre à une indemnité complémentaire égale au montant de ces préjudices. En outre, dans l'hypothèse où le dommage engage la responsabilité de l'Etat à un autre titre que la garantie contre les risques courus dans l'exercice des fonctions, et notamment lorsqu'il trouve sa cause dans une faute de l'État, l'intéressé peut prétendre à une indemnité complémentaire au titre des préjudices que la pension a pour objet de réparer, si elle n'en assure pas une réparation intégrale. Lorsqu'il est saisi de conclusions en ce sens, il incombe au juge administratif de déterminer le montant total des préjudices que la pension a pour objet de réparer, avant toute compensation par cette prestation, d'en déduire le capital représentatif de la pension et d'accorder à l'intéressé une indemnité égale au solde, s'il est positif. Lorsqu'elle est assortie de la majoration prévue à l'article L. 133-1 du code, la pension a également pour objet la prise en charge des frais afférents à l'assistance par une tierce personne.
9. En l'espèce, la responsabilité de l'Etat est engagée à l'égard de M. B, indépendamment de toute faute, à raison des conséquences dommageables non prescrites de l'attentat ayant visé l'immeuble le Drakkar à Beyrouth le 23 octobre 1983, à savoir la rechute des troubles psychiques et neurologiques survenue le 15 décembre 2017 et la rechute des troubles oto-rhino-laryngologiques survenue le 18 octobre 2007 ainsi qu'il a été dit au point 6.
M. B étant titulaire d'une pension militaire d'invalidité, il n'est pas fondé à demander une indemnisation au titre des souffrances endurées après la consolidation, du déficit fonctionnel et du préjudice moral qu'il estime avoir subis, ces préjudices devant être regardés comme réparés par la pension. En revanche, pour les motifs énoncés aux points 7 à 8 et indépendamment de toute faute de l'État, il est fondé à demander l'indemnisation des souffrances éprouvées avant consolidation, du préjudice sexuel, du préjudice esthétique, du préjudice d'agrément lié à l'impossibilité de continuer à pratiquer une activité spécifique, sportive ou de loisirs, du préjudice d'établissement lié à l'impossibilité de fonder une famille et d'un préjudice moral devant être considéré comme un préjudice permanent exceptionnel.
En ce qui concerne les préjudices indemnisables :
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux temporaires :
10. En premier lieu, en ce qui concerne les souffrances physiques et psychiques endurées par M. B avant consolidation, il résulte de l'instruction, et notamment des conclusions du Dr. F que ces souffrances ont été évaluées à 2,5 sur 7 tandis que les Dr. C et E les estiment à 4 sur 7 et le Dr. D à 5 sur 7. Dans les circonstances de l'espèce et compte tenu, d'une part, de la durée des souffrances endurées avant consolidation et, d'autre part, de l'importance du traitement médicamenteux administré, il sera fait, une juste appréciation de ce préjudice en fixant à 6 000 euros la somme destinée à le réparer.
11. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction, notamment des rapports des
Dr. F et C et des éléments non contestés relatifs à la vie personnelle de
M. B, que ce dernier a subi un préjudice sexuel en raison d'une baisse importante de libido ainsi que de dyspareunies mais également, selon le rapport du Dr. D, de l'impossibilité d'établir de nouveaux rapports compte-tenu de sa symptomatologie. Il en sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation en fixant à 2 000 euros la somme destinée à le réparer.
12. En troisième lieu, le préjudice esthétique temporaire au titre de la rechute débutée le 18 octobre 2007 selon le rapport d'expertise ORL en raison de l'appareillage auditif à l'oreille gauche a engendré un préjudice esthétique évalué à 1 sur 7. Il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation de ce préjudice en fixant à 1 000 euros la somme destinée à le réparer.
S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux permanents :
13. En premier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 12 et compte tenu de la nécessité pour le requérant d'être appareillé à vie, il sera fait une juste appréciation du préjudice esthétique permanent subi en fixant à 2 000 euros la somme destinée à le réparer.
14. En deuxième lieu, il résulte des pièces du dossier et notamment des trois rapports d'expertise judiciaire que M. B ne peut plus pratiquer d'activité sportive, notamment la randonnée dont il justifie la pratique, ainsi que tout agrément de la vie courante du fait de ses capacités limitées de déplacement et d'audition l'empêchant de suivre une discussion. Par suite, dans les circonstances de l'espèce, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'agrément subi en fixant à 3 000 euros la somme destinée à le réparer.
15. En troisième, il résulte de l'instruction que le requérant a réalisé un projet de vie familiale, qu'il s'est marié et a eu trois enfants ainsi qu'un quatrième enfant d'une vie maritale ayant succédé à son premier mariage. Il déclare par ailleurs être en relation avec ses enfants. Le lien de causalité direct entre la séparation de son épouse et sa rechute n'est pas établi. Par suite, M. B n'est pas fondé à solliciter l'indemnisation du préjudice d'établissement allégué.
16. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 213-1 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de guerre : " Les invalides pensionnés au titre du présent code ont droit aux appareils, produits et prestations nécessités par les infirmités qui ont motivé leur pension. Les appareils sont fournis, réparés et remplacés aux frais de l'État dans les conditions prévues par le présent code, tant que l'infirmité en cause nécessite l'appareillage. / Les produits et prestations pris en charge par l'État sont ceux prévus à l'article L. 165-1 du code de la sécurité sociale, dans les conditions définies par cet article ou par les dispositions du présent code () ".
17. En l'espèce, M. B ne justifie pas que la prise en charge prévue par les dispositions citées au point précédent ne couvrirait pas l'intégralité de ses dépenses de santé future et correspondant notamment au cout des séances de rééducation vestibulaire. En l'absence de preuve d'un reste à charge, il ne justifie pas de l'existence d'un préjudice direct et certain. Par suite, il n'est pas fondé à obtenir le remboursement sur justificatif de ses dépenses de santé futures.
18. En cinquième et dernier lieu, il résulte de l'instruction et notamment de l'ensemble des rapports d'expertise ordonnés par le tribunal que M. B conserve, notamment depuis la rechute et postérieurement à la consolidation de son état de santé, des souffrances psychiques importantes liées au traumatisme de l'attentat et la réminiscence de celui-ci dans sa vie quotidienne. Ce dommage, de par son caractère exceptionnel et permanent, constitue un préjudice non pris en compte à un autre titre pour lequel il sera fait, dans les circonstances particulières de l'espèce, une juste appréciation en fixant à 5 000 euros la somme destinée à le réparer.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à obtenir le paiement de la somme de 19 000 euros en réparation des conséquences dommageables de la rechute des troubles psychiques et neurologiques survenue le 15 décembre 2017 et de la rechute des troubles oto-rhino-laryngologiques survenue le 18 octobre 2007.
Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :
20. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure. Ces dommages et intérêts sont dus sans que le créancier soit tenu de justifier d'aucune perte () ". L'article 1343-2 du même code dispose que : " Les intérêts échus, dus au moins pour une année entière, produisent intérêt si le contrat l'a prévu ou si une décision de justice le précise ".
21. M. B a droit aux intérêts au taux légal correspondant à l'indemnité de 19 000 euros pour l'année 2019, à compter du 26 septembre 2019, date de réception de sa demande indemnitaire préalable par la ministre des armées.
22. La capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. En l'espèce, la capitalisation des intérêts a été demandée par
M. B dans sa requête introductive d'instance. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 26 septembre 2020, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.
Sur les dépens :
23. Aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties ".
24. Par un jugement n° 2101141-2102304 du même jour, le tribunal a statué sur la dévolution à l'Etat de la charge de définitive des frais et honoraires des expertises ordonnées avant-dire droit. Par suite, les conclusions présentées à ce titre sont sans objet.
D E C I D E :
Article 1er : L'Etat versera à M. B la somme de 19 000 euros, assortie des intérêts de retard au taux légal à compter du 26 septembre 2019. Les intérêts échus à la date du 26 septembre 2020, puis à chaque échéance annuelle à compter de cette date, seront capitalisés à chacune de ces dates pour produire eux-mêmes intérêts.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre des armées et des anciens combattants.
Copie en sera adressée aux docteurs D, C, E.
Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Sarac-Deleigne, première conseillère,
M. Cambrezy, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le rapporteur,
G. CAMBREZY
La présidente,
C. CHAMOT
La greffière,
B. MAS-JAY
La République mande et ordonne au ministre des armées et des anciens combattants en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026