jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102564 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | EYDOUX & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, Mme B A, représentée par Me Korkus, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Sorgues a rejeté sa demande de reclassement immédiat sur un poste adapté à son état de santé ainsi que de report de ses congés annuels acquis et non consommés au titre de l'année 2019 ;
2°) de condamner la commune de Sorgues à lui verser la différence entre son traitement intégral, qu'elle aurait dû percevoir, et le traitement qu'elle a effectivement perçu entre le 15 janvier 2020 et le 17 mai 2021 alors qu'elle était en position de disponibilité d'office pour raison de santé ;
3°) de condamner la commune de Sorgues à lui verser les sommes de 5 000 euros au titre du préjudice moral et de 2 841, 14 euros au titre des troubles dans les conditions d'existence ;
4°) d'enjoindre à la commune de Sorgues de lui octroyer le bénéfice de quatre semaines de congés acquis et non pris à la date de son placement en position de disponibilité d'office le 15 janvier 2020 ;
5°) de mettre à la charge de Sorgues la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les demandes qu'elle a adressées au maire de la commune de Sorgues ont bien donné lieu à une décision implicite de rejet dès lors que le mandat donné à un avocat par une personne publique ne peut déboucher sur une décision administrative. Par suite, les écritures adressées le 8 juin 2021 par l'avocat de la commune à son conseil ne peuvent être regardées comme une décision administrative ;
- la commune de Sorgues a commis une faute en manquant à son obligation de reclassement dans un délai raisonnable ;
- la faute de la commune de Sorgues est à l'origine d'un préjudice moral qu'elle évalue à 5 000 euros et de troubles dans ses conditions d'existence d'un montant de 2 841, 14 euros ;
- elle justifie d'un préjudice matériel correspondant à la différence entre son traitement intégral, qu'elle aurait dû percevoir, et le traitement qu'elle a effectivement perçu entre le 15 janvier 2020 et le 17 mai 2021 alors qu'elle était en position de disponibilité d'office pour raison de santé ;
- elle justifie d'un droit au report des vingt jours de congés non pris qu'elle avait acquis à la date de son placement, le 15 janvier 2020, en position de disponibilité d'office pour raison de santé.
Par un mémoire, enregistré le 26 septembre 2022, Mme B A, déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune de Sorgues a rejeté sa demande de reclassement et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2021 et le 27 octobre 2022, la commune de Sorgues, représentée par Me Eydoux de la SELARL Eydoux et Associés, conclut à l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation, au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision implicite de rejet dont la requérante sollicite l'annulation est inexistante dès lors qu'une décision expresse est intervenue le 8 juin 2021 ;
- elle n'a pas manqué de diligence pour procéder au reclassement de Mme A en saisissant, dès la mise en disponibilité de l'intéressée pour raison de santé, l'ensemble de services de la commune afin d'identifier un poste sur lequel elle pourrait être reclassée ;
- les trois postes sur lesquels la candidature de Mme A n'a pas été retenue ont, pour deux d'entre eux, son inaptitude physique pour motif de rejet et l'absence de qualifications professionnelles requises pour le troisième ;
- le préjudice moral dont se prévaut Mme A n'est pas étayé et ne présente pas un lien direct et certain avec la faute alléguée ;
- la baisse de la rémunération de l'intéressée résulte de l'application des dispositions de l'article 4-1 du décret du 11 janvier 1960 relatif au régime de sécurité sociale des agents permanents des départements, des communes et de leurs établissements publics n'ayant pas le caractère industriel ou commercial ;
- Mme A n'établit pas de lien direct et certain entre les frais bancaires dont elle réclame le remboursement et la faute alléguée ;
- les congés non pris pour cause de disponibilité doivent l'être dans un délai de quinze mois de telle sorte que les droits à congés acquis par Mme A au titre de l'année 2019 ont été perdus le 31 mars 2021.
Par ordonnance du 4 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 4 novembre 2022 à 12 heures.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à 25% par une décision du 22 septembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 concernant certains aspects de l'aménagement du temps de travail ;
- l'arrêt C-214/10 du 22 novembre 2011 de la Cour de justice de l'Union européenne ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n°60-58 du 11 janvier 1960 ;
- le décret n°85-1054 du 30 septembre 1985 ;
- le décret n°85-1250 du 26 novembre 1985 ;
- le décret n°87-602 du 30 juillet 1987 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Chaussard,
-les conclusions de Mme Vosgien, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Auxiliaire puéricultrice principale de 2ème classe affectée depuis le 1er septembre 2011 à la crèche multi-accueil de la commune de Sorgues, Mme A a, alors qu'elle était en congés de maladie ordinaire depuis le 10 janvier 2019, fait l'objet d'un examen médical préalable à la reprise de fonctions à l'occasion duquel le service de médecine préventive a, le 2 juillet 2019, rendu un avis concluant, d'une part, à l'inaptitude définitive de l'intéressée à reprendre ses fonctions en crèche et, d'autre part, à l'opportunité d'un reclassement si l'aménagement d'un poste sans port de charges était impossible. A la suite de cet avis, Mme A a sollicité auprès de la commune de Sorgues, par un courrier du 17 juillet 2019, son reclassement dans un emploi administratif. Saisi par la commune, le comité médical départemental a, par un avis du 10 octobre 2019, conclu à la prolongation du congé de maladie ordinaire de l'intéressée pour une période de six mois à compter du 15 juillet 2019, à son inaptitude temporaire à l'exercice de ses fonctions et à son reclassement professionnel avec placement, dans l'attente de ce reclassement, en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 15 janvier 2020. Par une décision du 21 octobre 2019, le maire de la commune de Sorgues a placé Mme A en position de disponibilité d'office pour raison de santé à compter du 15 janvier 2020 et l'a informée que la procédure de reclassement serait mise en œuvre à compter de cette date. Par un courrier du 8 avril 2021 le conseil de Mme A a sollicité auprès du maire de la commune de Sorgues son reclassement immédiat sur un poste compatible avec son aptitude physique, le report de ses droits à congés acquis au titre de l'année 2019 et, enfin, l'indemnisation des préjudices qu'elle estimait avoir subis du fait de la durée anormalement longue de la période de reclassement. Par un courrier du 7 juin 2021, notifié le 8 juin 2021 au conseil de Mme A, le conseil du maire de la commune de Sorgues a, d'une part, indiqué que la demande de reclassement de Mme A était devenue sans objet dès lors que ce dernier était effectif depuis le 17 mai 2021 et, d'autre part, rejeté les demandes indemnitaires de l'intéressée ainsi que sa demande de report des congés annuels non pris entre le 1er janvier 2019 et le 15 janvier 2020. Dans le dernier état de ses écritures, Mme A demande au tribunal l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Sorgues a rejeté sa demande tendant au report de ses congés annuels acquis et non consommés au titre de l'année 2019. Elle demande également la condamnation de la commune de Sorgues à lui verser la somme 7 841, 14 euros ainsi qu'une somme correspondant à la différence entre le traitement intégral qu'elle aurait dû percevoir et le traitement qu'elle a effectivement perçu entre le 15 janvier 2020 et le 17 mai 2021 alors qu'elle était en position de disponibilité d'office pour raison de santé.
Sur le désistement partiel de Mme A :
2. Si, dans sa requête, Mme A avait demandé l'annulation de la décision implicite de la commune de Sorgues en tant qu'elle a rejeté sa demande de reclassement immédiat sur un poste adapté à son état, elle a dans son mémoire enregistré le 26 septembre 2022 expressément abandonné ces conclusions. Dès lors, ce désistement partiel est pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
3. Aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. ". Aux termes de l'article L. 2122-19 du même code : " Le maire peut donner, sous sa surveillance et sa responsabilité, par arrêté, délégation de signature : / 1° Au directeur général des services et au directeur général adjoint des services de mairie ; / 2° Au directeur général et au directeur des services techniques ; / 3° Aux responsables de services communaux. ". Selon l'article L. 2131-2 de ce code : " Le maire, en vertu de la délibération du conseil municipal, représente la commune en justice.".
4. Il résulte de ces dispositions que si dans les litiges relatifs à la gestion des personnels de la commune le maire, sur délibération du conseil municipal, représente la commune en justice et peut choisir librement un avocat à cet effet, en revanche aucune disposition du code général des collectivités territoriales, ni aucun autre texte législatif ou règlementaire, ne lui permet de déléguer à un avocat sa compétence pour prendre les décisions relatives à la gestion des personnels placés sous autorité. En matière de gestion des personnels de la commune, le code général des collectivités territoriales ne permet au maire que de déléguer cette compétence à ses adjoints ou à des membres du conseil municipal ou d'autoriser les personnels visés à l'article L. 2122-19 de ce code à signer, en son nom et par délégation, les actes relatifs à la gestion des personnels de la commune. Le courrier du 7 juin 2021, adressé au conseil de Mme A par Me Eydoux, en sa qualité d'avocat de la commune en réponse à la demande adressée le 7 avril 2021 par la requérante au maire de la commune de Sorgues, ne peut donc être regardé comme une décision du maire se prononçant sur la situation statutaire de l'intéressée ainsi que sur sa demande d'indemnisation. En l'absence de décision du maire dans les conditions qui viennent d'être rappelées, une décision implicite de rejet est donc, en application de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration, née le 8 juin 2021. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5. D'une part, aux termes de l'article 5 du décret du 26 novembre 1985 relatif aux congés annuels des fonctionnaires territoriaux : " () le congé dû pour une année de service accompli ne peut se reporter sur l'année suivante, sauf autorisation exceptionnelle donnée par l'autorité territoriale. / Un congé non pris ne donne lieu à aucune indemnité compensatrice. ".
6. D'autre part, aux termes de l'article 7 de la directive 2003/88/CE du Parlement européen et du Conseil du 4 novembre 2003 relative à certains aspects de l'aménagement du temps de travail : " 1. Les États membres prennent les mesures nécessaires pour que tout travailleur bénéficie d'un congé annuel payé d'au moins quatre semaines, conformément aux conditions d'obtention et d'octroi prévues par les législations et/ou pratiques nationales / 2. La période minimale de congé annuel payé ne peut être remplacée par une indemnité financière, sauf en cas de fin de relation de travail. ". Selon la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne, ces dispositions font obstacle à ce que le droit au congé annuel payé qu'un travailleur n'a pas pu exercer pendant une certaine période parce qu'il était placé en congé de maladie pendant tout ou partie de cette période s'éteigne à l'expiration de celle-ci. Le droit au report des congés annuels non exercés pour ce motif n'est toutefois pas illimité dans le temps. Si, selon la Cour, la durée de la période de report doit dépasser substantiellement celle de la période au cours de laquelle le droit peut être exercé, pour permettre à l'agent d'exercer effectivement son droit à congé sans perturber le fonctionnement du service, la finalité même du droit au congé annuel payé, qui est de bénéficier d'un temps de repos ainsi que d'un temps de détente et de loisirs, s'oppose à ce qu'un travailleur en incapacité de travail durant plusieurs années consécutives, puisse avoir le droit de cumuler de manière illimitée des droits au congé annuel payé acquis durant cette période. La Cour de justice de l'Union européenne a jugé, dans son arrêt C-214/10 du 22 novembre 2011, qu'une durée de report de quinze mois, substantiellement supérieure à la durée de la période annuelle au cours de laquelle le droit peut être exercé, est compatible avec les dispositions de l'article 7 de la directive.
7. En l'espèce, Mme A soutient qu'a été méconnu son droit à reporter ses congés annuels acquis et non pris au titre de l'année 2019 alors qu'elle était placée en position de congé de maladie ordinaire. Toutefois, l'intéressée ne produit aucune pièce de nature à établir l'existence ainsi que l'état de son solde des congés annuels au titre de l'année 2019 qu'elle indique s'élever à vingt jours. Par ailleurs, elle ne justifie aucunement avoir sollicité le report de congés non pris dans le délai de quinze mois suivant l'année 2019 au titre de laquelle ils étaient dus, soit au plus tard le 31 mars 2021. A cet égard, il ressort des pièces du dossier que cette demande n'a été adressée au maire de la commune de Sorgue que le 7 avril 2021, soit postérieurement au délai de quinze mois dont disposait Mme A pour adresser une demande de report de ces congés annuels acquis au titre de l'année 2019. Par suite, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée aurait méconnu son droit de report des congés annuels acquis au titre de l'année 2019.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision attaquée en tant qu'elle porte sur le report des congés restant en litige doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction tendant au bénéfice de quatre semaines de congés acquis et non pris au titre de l'année 2019.
Sur les conclusions indemnitaires :
9. Aux termes de l'article 81 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire territorial reconnu, par suite d'altération de son état de santé, inapte à l'exercice de ses fonctions peut être reclassé dans un emploi d'un autre cadre d'emplois ou d'un autre corps ou dans un autre emploi, en priorité dans son administration d'origine ou à défaut dans toute administration ou établissement public mentionnés à l'article 2 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, s'il a été déclaré en mesure de remplir les fonctions correspondantes. / Le reclassement est subordonné à la présentation d'une demande par l'intéressé. Par dérogation, la procédure de reclassement peut être engagée en l'absence de demande de l'intéressé. Ce dernier dispose, en ce cas, de voies de recours. ".
10. Il ne résulte pas de ces dispositions, ni de celles du décret 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions ou du décret du 30 juillet 1987 relatif à l'organisation des comités médicaux, aux conditions d'aptitude physique et au régime des congés de maladie des fonctionnaires territoriaux, que la procédure de reclassement soit enfermée dans un délai déterminé. Toutefois, il appartient à l'administration de justifier qu'elle a procédé avec diligence à la recherche d'un poste adapté afin de mettre en œuvre l'obligation de reclassement dans un délai raisonnable.
11. Il est constant qu'à la suite de l'avis rendu le 2 juillet 2019 par le service de médecine préventive du centre de gestion, lequel concluait à l'inaptitude définitive de Mme A à reprendre ses fonctions en crèche ainsi qu'à l'opportunité d'un reclassement si l'aménagement d'un poste sans port de charges était impossible, l'intéressée a sollicité auprès de la commune de Sorgues, par un courrier du 17 juillet 2019, son reclassement dans un emploi administratif. La commune a saisi à cet effet le comité médical départemental qui, par un avis du 10 octobre 2019, a, d'une part, reconnu l'inaptitude temporaire à l'exercice des fonctions de Mme A et, d'autre part, s'est prononcé en faveur de la prolongation de son congé de maladie ordinaire pour une période de six mois à compter du 15 juillet 2019 et l'ouverture d'une procédure de reclassement professionnel à échéance de cette prolongation, soit le 15 janvier 2020. Dans le prolongement de cet avis, le maire de la commune de Sorgues informait Mme A, par un courrier du 31 octobre 2020, que la procédure de reclassement professionnel débuterait à compter du 15 janvier 2020 et que durant cette période elle serait placée en position de disponibilité d'office pour raison de santé.
12. D'une part, il résulte de l'instruction que dès le 15 janvier 2020 le directeur des ressources humaines de la commune adressait aux directeurs, à leurs adjoints ainsi qu'aux responsables des services de la commune une note de service leur demandant de lui indiquer, au plus tard le 14 février 2020, les postes vacants sans port de charges éventuellement disponibles dans leurs services afin de procéder au reclassement de Mme A. En l'absence de poste vacant compatible avec les préconisations du comité médical départemental, la commune a systématiquement informé Mme A des postes ouverts aux recrutements. Si Mme A soutient qu'elle a présenté trois candidatures qui n'ont pas été retenues, il résulte toutefois de l'instruction, et l'intéressée ne le conteste d'ailleurs pas dans ses écritures en défense, que cela tient à la circonstance que pour deux de ces postes, celui d'agent d'accueil au pôle culturel et de responsable de magasin, son aptitude physique n'était pas compatible avec les sujétions liées à ces emplois et que pour le troisième, un poste de gestionnaire juridique, elle ne justifiait pas des qualifications juridiques requises pour l'occuper.
13. D'autre part, Mme A soutient qu'il n'a pas été donné suite à sa demande de bénéficier de la période de préparation au reclassement formulée dans sa demande de reclassement adressée le 17 juillet 2019 au maire de la commune de Sorgues. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'inaptitude définitive de l'intéressée à exercer un emploi lié à son grade n'a été retenue par le comité médical départemental que dans son avis du 22 avril 2021, alors que dans son précédent avis du 10 octobre 2019 il concluait à son inaptitude temporaire, de telle sorte que, conformément à l'article 2 du décret du 30 septembre 1985 relatif au reclassement des fonctionnaires territoriaux reconnus inaptes à l'exercice de leurs fonctions, elle ne pouvait bénéficier de cette période de préparation qu'à compter de cette date et que son reclassement dans le corps des adjoints administratifs est intervenu à compter du 17 mai 2021.
14. Il résulte de ce qui précède que la commune de Sorgues justifie avoir procédé avec diligence à la recherche d'un poste adapté afin de mettre en œuvre l'obligation de reclassement dans un délai raisonnable compte tenu des postes disponibles. Le moyen tiré de ce que la commune aurait manqué à son obligation de reclassement dans un délai raisonnable doit ainsi être écarté. Par suite, en l'absence de faute de nature à engager la responsabilité de Sorgues, les conclusions indemnitaires présentées par Mme A doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Sorgues, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Sorgues au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement d'instance des conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle la commune de Sorgues a rejeté sa demande de reclassement immédiat sur un poste adapté à son état.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Sorgues au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Sorgues.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Boyer, présidente,
M. Chaussard, premier conseiller,
M. Chevillard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
M. CHAUSSARD
La présidente,
C. BOYER
La greffière,
I. LOSA
La République mande et ordonne au préfet de Vaucluse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026