mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102631 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 1er août 2021, 22 mars, 3 juin, 9 et 13 juillet 2022 et 14 août 2023, M. B A demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Rochefort-du-Gard a refusé d'autoriser le raccordement de ses parcelles au réseau public d'assainissement ;
2°) d'enjoindre au maire de Rochefort-du-Gard de lui délivrer une autorisation de raccorder ses parcelles cadastrées section BR nos 344, 371 et 372 à ce réseau public dès la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard, de lui délivrer toutes les autorisations nécessaires à la mise en œuvre du permis de construire PC 30 217 10 R0080 en vue d'une viabilisation complète de ces mêmes parcelles ;
3°) de condamner la commune de Rochefort-du-Gard à lui verser une somme de 100 euros par jour à compter du 3 juillet 2023 et jusqu'à la délivrance des documents réclamés ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Rochefort-du-Gard la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les parcelles cadastrées section BR nos 344 et 345 peuvent être raccordées au réseau d'assainissement présent à dix-sept mètres seulement, par simple branchement et sans travaux publics d'extension, tel que l'a indiqué la société Véolia dans le devis établi le 8 avril 2021, à une canalisation qui n'est pas un équipement propre du lotissement voisin pour avoir été créé postérieurement à son implantation ;
- la décision de refus de raccordement des parcelles cadastrées section BR nos 344 et 345 n'est pas motivée ;
- la décision de refus de raccordement méconnait les articles L. 1331-1 et suivants du code de la santé publique ;
- si, comme opposé, le réseau public se situe à plus de 100 mètres alors le classement en zone UC de cette partie du territoire communal doit être regardée comme entachée d'erreur manifeste d'appréciation et la commune se droit de réaliser les travaux permettant le raccordement par simple branchement des terrains qui la composent ;
- ce classement erroné lui cause un préjudice financier s'élevant à 68 000 euros ;
- l'arrêté du 13 mars 2020 ayant retiré le permis de construire qui lui avait été délivré a été annulé par jugement du tribunal administratif de céans nos 2001341 et 2001722.
Par un mémoire en défense enregistré le 12 octobre 2021, la commune de Rochefort-du-Gard, représentée par Me d'Albenas, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que
- les conclusions dirigées contre l'arrêté de retrait de permis de construire du 13 mars 2020 qui font l'objet d'une autre instance pendante devant le tribunal de céans sont irrecevables ;
- aucune demande de raccordement n'a été déposée par le requérant ;
- les courriels des 1er et 6 juillet 2021, adressés par la commune à M. A, se bornent à répondre aux interrogations de M. A et ne contiennent aucune décision susceptible de recours, de sorte que les conclusions dirigées contre une prétendue décision de refus de raccordement sont irrecevables ;
- le moyen fondé sur l'article L. 1331-1 du code de la santé publique est inopérant ;
- il n'existe pas de réseau public d'assainissement à moins de 205 mètres de la propriété du requérant qui n'est pas raccordable.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roux,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- les observations de M. A et celles de Me d'Audigier, représentant la commune de Rochefort-du-Gard.
Une note en délibéré, adressée par M. A, a été enregistrée le 29 novembre 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé à la mairie de la commune de Rochefort-du-Gard une demande de permis de construire en vue de l'édification d'une maison d'habitation avec garage. Après avoir fait droit à cette demande par arrêté du 14 janvier 2020, le maire de la commune de Rochefort-du-Gard a toutefois procédé au retrait de cette décision, le 13 mars suivant, au motif qu'elle méconnaissait l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune car le projet ne serait pas raccordable au réseau public d'assainissement. Cette décision de retrait a été annulée par jugement du tribunal de céans en date du 27 juin 2023 fondé sur la présence d'un réseau d'assainissement en tréfonds d'une voie publique communale à proximité du terrain d'assiette du projet. M. A, qui a expressément fait état de ce jugement, doit être regardé comme s'étant implicitement mais nécessairement désisté des conclusions qu'il avait présentées tendant à l'annulation de l'arrêté du 13 mars 2020 portant retrait de son permis de construire, à ce qu'il soit enjoint au maire de lui délivrer ce permis désormais réputé n'avoir jamais été retiré et à ce que soit ordonnée une expertise visant à déterminer si une canalisation du réseau d'assainissement se trouve en tréfonds de la voie publique communale à proximité de sa propriété. Par ailleurs, à la suite de l'annulation du retrait de son permis de construire, M. A a adressé à la commune de Rochefort-du-Gard, le 3 juillet 2023, une demande d'autorisation d'entreprendre des travaux de branchement au réseau public d'assainissement. Il demande au tribunal, en l'état de ses dernières écritures, l'annulation de la décision de refus de raccordement du terrain d'assiette de son projet que lui aurait opposé le maire de Rochefort-du-Gard ainsi que la réparation des préjudices dont il serait la victime depuis le dépôt, le 3 juillet 2023, d'une demande d'autorisation d'entreprendre les travaux de branchement au réseau public d'assainissement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ".
3. M. A demande l'annulation du refus de raccordement du terrain d'assiette de son projet de construction au réseau public d'assainissement que lui aurait opposé le maire de Rochefort-du-Gard avant l'enregistrement de sa requête, le 1er août 2021, mais ne précise pas la date ni les conditions dans lesquelles une telle décision expresse ou tacite aurait été prise ou serait née. Si, toutefois, il produit un avis défavorable émis par ce maire, le 23 décembre 2020, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis de construire PC 30 217 20 R0069, déposée le 2 octobre 2020, cet avis constitue un acte préparatoire non détachable du refus de permis qui lui a été opposé par l'arrête du 23 décembre 2020 dont M. A fait expressément état dans ses écritures. Quant aux courriels également annexés à sa requête, constitués de deux réponses de la directrice des services de la commune de Rochefort-du-Gard, en date des 1er et 6 juillet 2021, lui expliquant les raisons pour lesquelles le permis de construire sollicité le 2 octobre 2020 lui a été refusé, la cohérence entre le classement en zone urbaine de son terrain et la nécessité de justifier d'un raccordement aux réseaux publics en application des dispositions de l'article L. 111-11 du code de l'urbanisme et les conditions juridiques d'un possible branchement sur une canalisation privée du lotissement voisin, en l'invitant à obtenir une servitude et à déposer une nouvelle demande de permis, ils ne s'opposent pas à une quelconque demande de raccordement au réseau public d'assainissement qu'aurait déposée M. A, ne modifient pas l'ordonnancement juridique et ne constituent donc pas des actes administratifs susceptibles de recours.
4. Il s'ensuit que les conclusions de M. A, qui ne sont pas dirigées contre une décision administrative, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
5. M. A demande la condamnation de la commune de Rochefort-du-Gard à lui verser une indemnité en réparation de ses préjudices qu'il évalue à la somme de 100 euros par jour à compter du 3 juillet 2023, date du dépôt d'une demande d'autorisation d'entreprendre des travaux de branchement de sa propriété sur le réseau public d'assainissement. Toutefois, en se bornant à produire un échange de courriels avec la commune de Rochefort-du-Gard au sujet de la conformité de sa demande d'autorisation d'entreprendre des travaux sur le domaine public et à faire état de la " mauvaise volonté " de cette commune à exécuter le jugement précité du 27 juin 2023, des " plaisanteries dilatoires " dont elle se serait rendue coupable et de sa complicité avec l'employé de la société Véolia qui a confirmé la nécessité de disposer d'un accord du propriétaire pour effectuer un branchement sur un réseau privé d'évacuation des eaux usées, M. A ne saurait être regardé comme démontrant le bien-fondé de ses conclusions indemnitaires qui ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions de M. A, n'appelle aucune mesure particulière d'exécution. Les conclusions présentées par le requérant aux fins d'injonction et d'astreinte doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative s'opposent à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune de Rochefort-du-Gard qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il y a lieu, en revanche, sur le fondement de ces dispositions, de mettre à la charge de M. A une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par la commune de Rochefort-du-Gard et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera une somme de 1 000 euros à la commune de Rochefort-du-Gard en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la commune de Rochefort-du-Gard est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Rochefort-du-Gard.
Délibéré après l'audience du 28 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
Le président-rapporteur,
G. ROUX L'assesseur le plus ancien,
R. MOURET
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026