mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102634 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP MARGALL D'ALBENAS |
Vu la procédure suivante :
Par un déféré et un mémoire enregistrés les 2 août 2021 et 12 juillet 2023, le préfet de Vaucluse demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 22 mars 2021 par lequel le maire de Jonquerettes a délivré à l'exploitation agricole à responsabilité limitée (EARL) A un permis de construire modificatif relatif à la modification de l'aspect extérieur et des surfaces d'un bâtiment existant et à la création d'un second logement.
Il soutient que le projet litigieux méconnaît les articles A 1 et A 2 du règlement du plan local d'urbanisme de Jonquerettes dès lors que la nécessité du projet à l'activité agricole n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 décembre 2021, la commune de Jonquerettes, représentée par la SCP Territoires Avocats, conclut au rejet du déféré et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de l'Etat au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- le déféré est irrecevable au regard des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;
- les moyens invoqués par le préfet ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roux, président rapporteur,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Chatron, représentant la commune de Jonquerettes.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté en date du 30 avril 2013, le maire de Jonquerettes a délivré à M. A, co-gérant de l'EARL A, un permis de construire un bâtiment comprenant un hangar agricole et un logement pour les salariés saisonniers, sur un terrain situé rue de la Garance, classé en zone A du plan local d'urbanisme de cette commune. Par arrêté du 22 mars 2021, il lui a accordé un permis de construire modificatif autorisant des modifications de l'aspect extérieur et des surfaces de la construction ainsi que la création d'un second logement. Le préfet de Vaucluse a exercé un recours gracieux contre cet arrêté, rejeté par le maire le 10 juillet 2021, et demande à présent au tribunal de prononcer son annulation.
Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Jonquerettes :
2. Aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet () à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet () est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif/ La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux ".
3. Par les pièces et accusés de réception qu'il a produits, le préfet de Vaucluse justifie avoir notifié à la commune de Jonquerettes et à l'EARL A la copie de son recours gracieux, le 28 mai 2021, et celle de son recours contentieux, respectivement les 9 et 10 août 2021, conformément aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. La fin de non-recevoir tirée du défaut d'accomplissement de ces formalités doit donc être écartée.
Sur la légalité de l'arrêté contesté :
4. Aux termes de l'article A 1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Jonquerettes, en zone agricole : " Sont interdites : les occupations et utilisations du sol non mentionnées à l'article A 2 ". Aux termes de l'article A 2 du même règlement : " () En zone A sont autorisées : / Les constructions et installations nouvelles nécessaires à l'exploitation ou à l'activité agricole à conditions que : / - la surface de plancher des constructions à usage d'habitions ne dépasse pas 150 m² () ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet de l'EARL A autorisé par le permis de construire en litige consiste, au sein du volume d'un bâtiment existant dont une partie est à destination de hangar agricole et une autre est destinée au logement des ouvriers de l'exploitation, à modifier la répartition de leurs surfaces respectives afin d'étendre de 15 mètres carrés celle destinée à l'habitation, y créer un second logement et modifier l'aspect extérieur de cette construction. Ces travaux, qui ne conduisent pas à la réalisation de " constructions ou installations nouvelles " au sens des dispositions précitées de l'article A 2, dont le préfet de Vaucluse se borne à invoquer la méconnaissance par l'arrêté en litige, n'entrent pas dans leur champ d'application. Le moyen unique invoqué sur leur fondement doit donc être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le préfet de Vaucluse n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Jonquerettes du 22 mars 2021.
Sur les frais exposés et non compris dans les dépens :
7. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que demande la commune de Jonquerettes au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le déféré du préfet de Vaucluse est rejeté.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la commune de Jonquerettes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la préfète de Vaucluse, à la commune de Jonquerettes et à l'EARL A.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
G. ROUX L'assesseur le plus ancien,
R. MOURET
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne à la préfète de Vaucluse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026