mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102850 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | AUDOUIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 septembre 2021, la société Dhombre Expansion Industrielle et Commerciale (DEIC), représentée par Me Audouin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 octobre 2020 par laquelle le préfet du Gard lui a indiqué qu'elle renonçait à sa déclaration déposée au titre des articles L. 214-1 à L. 214-6 du code de l'environnement relative à la construction d'un bâtiment commercial sur la commune d'Alès (rocade Sud) en clôturant son dossier, ainsi que la décision du 19 janvier 2021 portant rejet de son recours gracieux du 25 novembre 2020 ;
2°) de constater son obtention tacite de déclaration au titre de la loi sur l'eau et de lui délivrer cette autorisation tacite ;
3°) le cas échant, d'enjoindre à l'Etat de lui délivrer un certificat attestant de l'existence d'une déclaration tacite au titre de la loi sur l'eau ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir et son recours a été formé dans un délai raisonnable ;
- elle est titulaire d'une autorisation tacite au titre de la loi sur l'eau depuis le 28 avril 2020 ou, au plus tard, le 10 juillet 2020 ;
- elle n'a jamais reçu les courriers de la préfecture du Gard en date des 22 et 27 avril 2020 ;
- les décisions attaquées, par lesquelles le préfet du Gard a retiré une décision individuelle favorable, ont été prises sans procédure contradictoire préalable et dans un délai excédant quatre mois.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juillet 2022, la préfète du Gard conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- la présente requête est irrecevable dès lors que la société requérante s'est désistée de l'instance précédente n° 2100414, que son recours est tardif, et que les dispositions de l'article R. 214-36 du code de l'environnement n'ont pas été respectées ;
- les moyens de la requête sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Aymard,
-les conclusions de Mme Bala, rapporteure publique,
-et les observations de Me Audouin représentant la société DEIC et celles de M. A représentant le préfet du Gard.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 janvier 2020, la société DEIC a présenté au préfet du Gard, en application des articles L. 214-1 du code de l'environnement et suivants, un dossier de demande de déclaration au titre de la loi sur l'eau dans le cadre de la construction d'un bâtiment commercial sur la parcelle CS 12 située sur la commune d'Alès. Par une lettre du 2 octobre 2020, le préfet du Gard a indiqué à la société DEIC que son dossier était clos et qu'elle était regardée comme ayant renoncé à sa déclaration, au motif qu'elle n'avait pas répondu à la demande de renseignements complémentaires en date du 22 avril 2020. Le recours gracieux formé le 25 novembre 2020 par l'intéressée a été rejeté par une décision du préfet du Gard en date du 19 janvier 2021. La société DEIC demande au tribunal d'annuler les décisions précitées du préfet du Gard en date des 2 octobre 2020 et 19 janvier 2021.
Sur le bien-fondé de la requête :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 214-33 du code de l'environnement : " Dans les quinze jours suivant la réception d'une déclaration, il est adressé au déclarant : / 1° Lorsque la déclaration est incomplète, un accusé de réception qui indique les pièces ou informations manquantes et invite le déclarant à fournir ces pièces ou informations dans un délai fixé par le préfet qui ne peut être supérieur à trois mois. Si le déclarant ne produit pas l'ensemble des pièces ou informations indiquées dans le délai qui lui est imparti, l'opération soumise à déclaration fait l'objet d'une opposition tacite à l'expiration dudit délai ; l'accusé de réception adressé au requérant lui indiquant de compléter son dossier mentionne cette conséquence ; / 2° Lorsque la déclaration est complète, un récépissé de déclaration qui indique soit la date à laquelle, en l'absence d'opposition, l'opération projetée pourra être entreprise, soit l'absence d'opposition qui permet d'entreprendre cette opération sans délai. Le récépissé est assorti, le cas échéant, d'une copie des prescriptions générales applicables. ". Aux termes de l'article R. 214-35 du même code : " Le délai accordé au préfet par l'article L. 214-3 pour lui permettre de s'opposer à une opération soumise à déclaration est de deux mois à compter de la réception d'une déclaration complète. / Toutefois, si, dans ce délai, il apparaît que le dossier est irrégulier ou qu'il est nécessaire d'imposer des prescriptions particulières à l'opération projetée, le délai dont dispose le préfet pour s'opposer à la déclaration est interrompu par l'invitation faite au déclarant de régulariser son dossier ou de présenter ses observations sur les prescriptions envisagées, dans un délai fixé par le préfet et qui ne peut être supérieur à trois mois. / Lorsque le dossier est irrégulier, si le déclarant ne produit pas l'ensemble des pièces requises dans le délai qui lui a été imparti, l'opération soumise à déclaration fait l'objet d'une décision d'opposition tacite à l'expiration dudit délai ; l'invitation faite au requérant de régulariser son dossier mentionne cette conséquence. / Lorsque des prescriptions particulières sont envisagées, un nouveau délai de deux mois court à compter de la réception de la réponse du déclarant ou, à défaut, à compter de l'expiration du délai qui lui a été imparti. / Si, dans le même délai, le déclarant demande la modification des prescriptions applicables à l'installation, un nouveau délai de deux mois court à compter de l'accusé de réception de la demande par le préfet. "
3. Il résulte des dispositions précitées du code de l'environnement que le préfet dispose d'un délai de deux mois à compter de la réception d'une déclaration qu'il a regardée comme complète pour déclarer le dossier irrégulier, la demande de régularisation ayant alors pour effet d'interrompre le délai accordé au préfet pour lui permettre de s'opposer à une opération soumise à déclaration.
4. D'autre part, l'article 7 de l'ordonnance du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période dispose : " Sous réserve des obligations qui découlent d'un engagement international ou du droit de l'Union européenne, les délais à l'issue desquels une décision, un accord ou un avis de l'un des organismes ou personnes mentionnés à l'article 6 peut ou doit intervenir ou est acquis implicitement et qui n'ont pas expiré avant le 12 mars 2020 sont, à cette date, suspendus jusqu'à la fin de la période mentionnée au I de l'article 1er. / Le point de départ des délais de même nature qui auraient dû commencer à courir pendant la période mentionnée au I de l'article 1er est reporté jusqu'à l'achèvement de celle-ci. / Les mêmes règles s'appliquent aux délais impartis aux mêmes organismes ou personnes pour vérifier le caractère complet d'un dossier ou pour solliciter des pièces complémentaires dans le cadre de l'instruction d'une demande ainsi qu'au délai de rétractation fixé au titre de la procédure de rupture conventionnelle dans la fonction publique prévue par l'article 72 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique. / () ". Enfin, l'article 1er de cette même ordonnance précise : " I. ' Les dispositions du présent titre sont applicables aux délais et mesures qui ont expiré ou qui expirent entre le 12 mars 2020 et le 23 juin 2020 inclus. / () ".
5. En l'espèce, le dossier de demande de déclaration présenté le 21 janvier 2020 par la société DEIC en application des articles L. 214-1 du code de l'environnement et suivants a fait l'objet, le 24 janvier 2020, de la part du préfet du Gard, d'une demande de pièces complémentaires en application de l'article R. 214-33 du code précité, en raison du caractère incomplet du dossier. Les pièces complémentaires ont été adressées par la société DEIC par un courrier du 18 février 2020 et ont été reçues le 28 février 2020 par la préfecture du Gard, cette date de réception n'étant pas contestée par la société requérante et la réception de ces pièces ayant amené la préfecture à délivrer à l'intéressée un récépissé de dépôt de dossier de déclaration en date du 28 février 2020.
6. Par ailleurs, par des courriers en date des 22 et 27 avril 2020, le préfet du Gard a adressé à la société DEIC une demande de renseignements complémentaires en application de l'article R. 214-35 du code de l'environnement au titre de la régularité du dossier, le courrier du 22 avril 2020 accordant un délai de trois mois à la société DEIC pour répondre à cette demande et précisant que, en cas d'absence de réponse dans le délai ainsi imparti, il serait fait opposition tacite à la déclaration. Contrairement à ce que soutient la société requérante, les courriers précités des 22 et 27 avril 2020 ont été tous deux reçus le 13 mai 2020 par la société DEIC, selon les attestations établies par La Poste en date des 4 et 14 décembre 2020 que le préfet du Gard verse à l'instance.
7. Dans ces circonstances, et eu égard à ce qu'il a été dit au point 3, la demande de renseignements complémentaires effectuée les 22 et 27 avril 2020 par le préfet du Gard a eu pour effet d'interrompre le délai de deux mois permettant de faire naître une autorisation tacite, dans les conditions de suspension des délais durant la période d'urgence sanitaire rappelées aux point 4, l'absence de réponse à cette demande de régularisation ayant pu valablement donner lieu à une décision d'opposition tacite du préfet du Gard et aux décisions contestées des 2 octobre 2020 et 19 janvier 2021. Ainsi, la société requérante n'est pas fondée à soutenir qu'elle serait titulaire d'une décision d'autorisation tacite et, par suite, à faire valoir que les actes contestés procèderaient illégalement au retrait d'une telle autorisation tacite.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir opposées en défense, que la société requérante n'est pas fondée à contester l'opposition tacite à sa demande de déclaration, la clôture de son dossier par les services de la préfecture du Gard, et le rejet de son recours gracieux formé le 25 novembre 2020. Par voie de conséquence, doit être rejeté le surplus des conclusions de la requête, tendant à la constatation de son obtention tacite de déclaration au titre de la loi sur l'eau, à la délivrance de cette autorisation tacite et à la délivrance par les services de l'Etat d'un certificat attestant de l'existence d'une déclaration tacite au titre de la loi sur l'eau.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Dhombre Expansion Industrielle et Commerciale est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société Dhombre Expansion Industrielle et Commerciale et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera adressée, pour information, au préfet du Gard.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Chamot, présidente,
Mme Achour, première conseillère,
M. Aymard, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
Le rapporteur,
F. AYMARD
La présidente,
C. CHAMOT
Le greffier,
B. GALLIOT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026