mardi 2 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nîmes |
| Section | Tribunal Administratif de Nîmes |
| N° Dossier | TA30-2102908 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BLANC-TARDIVEL-BOCOGNANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 7 septembre 2021, 8 novembre 2022,
9 août et 13 septembre 2023, M. B A, représenté par Me Collion, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le maire de La Bruguière a refusé de lui délivrer un permis de construire une maison individuelle avec garage, ensemble la décision ayant rejeté son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de La Bruguières de lui délivrer le permis qu'il a sollicité ;
3°) de mettre à la charge de la commune de La Bruguière la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le maire a commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme car la voie d'accès au projet est adaptée au projet et parce que le carrefour menant à cette voie n'est pas de nature à générer un risque pour la sécurité publique ;
- le maire, qui a délivré divers permis de construire à d'autres riverains empruntant la même voie pour accéder à leurs parcelles, a méconnu le principe d'égalité ;
- le motif dont la commune demande la substitution n'est pas de nature à fonder le refus de permis.
Par des mémoires en défense enregistrés le 8 juin 2022 et le 9 janvier 2023, la commune de La Bruguière conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge du requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;
- la décision de refus pouvait légalement être fondée sur l'incompatibilité du projet en cause avec l'orientation d'aménagement et de programmation (OAP) n° 2 " secteur des Treilles " qui prévoit un réaménagement du secteur et des conditions de sa desserte.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Roux,
- les conclusions de Mme Bourjade, rapporteure publique,
- et les observations de Me Collion, représentant M. A, et de Me Rouault, représentant la commune de La Bruguière.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a déposé une demande de permis de construire une maison individuelle et un garage sur un terrain cadastré section C nos 949 et 950 situé sur le territoire de la commune de La Bruguière. Par un arrêté en date du 30 avril 2021, le maire de La Bruguière lui a refusé la délivrance de cette autorisation. M. A demande au tribunal de prononcer l'annulation de ce refus de permis et de la décision ayant rejetant son recours gracieux.
Sur la légalité du motif de refus de permis :
2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
3. Le refus de permis en litige énonce un unique motif, fondé sur les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, tiré de l'atteinte à la sécurité publique qu'entrainerait la réalisation du projet de M. A qui augmenterait la fréquentation d'un carrefour sur lequel débouche, au niveau de la route départementale n° 238, le chemin de la Treille qui dessert le terrain d'assiette. Toutefois, à supposer cette dangerosité établie, un tel motif relève, non pas de la situation ou des caractéristiques du projet au sens de l'article R. 111-2, et notamment de sa desserte ou de son accès, mais des conditions générales de circulation du secteur du territoire communal justifiant que le maire, dans l'exercice de son pouvoir de police générale, prévienne les atteintes à l'ordre public, et notamment à la sécurité des usagers, et ne pouvant légalement fonder un refus de permis de construire.
4. Il s'ensuit que le motif unique énoncé dans l'arrêté en litige est entaché d'illégalité et ne pouvait, dès lors, légalement fonder la décision de refus de permis opposée à M. A.
Sur la substitution de motifs :
5. Aux termes de l'article L. 151-2 du code de l'urbanisme, dans sa version alors applicable : " Le plan local d'urbanisme comprend : () / 3° Des orientations d'aménagement et de programmation ; () / Chacun de ces éléments peut comprendre un ou plusieurs documents graphiques () ". Aux termes de l'article L. 152-1 du même code : " L'exécution par toute personne publique ou privée de tous travaux, constructions, aménagements, plantations, affouillements ou exhaussements des sols, et l'ouverture d'installations classées appartenant aux catégories déterminées dans le plan sont conformes au règlement et à ses documents graphiques. / Ces travaux ou opérations sont, en outre, compatibles, lorsqu'elles existent, avec les orientations d'aménagement et de programmation ". L'article L. 151-6 du même code dispose que : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements () ". Selon son article L. 151-7 : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : () / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics () ".
6. Il résulte de ces dispositions qu'une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec les orientations d'aménagement et de programmation d'un plan local d'urbanisme et, en particulier, en contrarient les objectifs.
7. Il ressort des pièces du dossier que, dans le cadre de l'OAP n° 2 " secteur des Treilles " approuvée en janvier 2018, antérieurement à la décision attaquée, et notamment de son schéma d'organisation viaire, la commune s'est fixée pour objectif de créer, en concertation avec les services de l'État, une nouvelle voie reliant la RD n° 238 et le chemin des Treilles qu'elle entend élargir. La commune ne démontre pas en quoi le projet de M. A, dont le terrain d'assiette, situé dans le périmètre de cette OAP, bénéficiera de ces divers aménagements visant à améliorer le maillage viaire du secteur et à sécuriser sa liaison avec la route départementale, sans faire obstacle à leur réalisation, serait incompatible avec l'OAP n° 2. Elle n'est, par suite, pas fondée à soutenir que ce motif justifiait légalement un refus de permis ni à en demander la substitution.
8. Par application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun autre moyen n'est de nature à fonder l'annulation de l'arrêté contesté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est fondé à soutenir que l'arrêté du 30 avril 2021 du maire de La Bruguière est illégal et à en demander l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Lorsque le juge annule un refus d'autorisation ou une opposition à une déclaration après avoir censuré l'ensemble des motifs que l'autorité compétente a énoncés dans sa décision conformément aux prescriptions de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme ainsi que, le cas échéant, les motifs qu'elle a pu invoquer en cours d'instance, il doit, s'il est saisi de conclusions à fin d'injonction, ordonner à l'autorité compétente de délivrer l'autorisation ou de prendre une décision de non-opposition. Il n'en va autrement que s'il résulte de l'instruction soit que les dispositions en vigueur à la date de la décision annulée, qui eu égard aux dispositions de l'article L. 600-2 du code de l'urbanisme demeurent applicables à la demande, interdisent de l'accueillir pour un motif que l'administration n'a pas relevé, ou que, par suite d'un changement de circonstances, la situation de fait existant à la date du jugement y fait obstacle.
11. Par application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, eu égard aux motifs qui le fondent, le présent jugement implique nécessairement, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'un quelconque motif s'y opposerait, qu'il soit enjoint au maire de La Bruguière de délivrer à M. A le permis de construire qu'il a sollicité dans un délai d'un mois à compter de sa notification. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette mesure d'exécution d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de La Bruguière, une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative qui font obstacle, en revanche, à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du maire de La Bruguière en date du 30 avril 2021 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au maire de La Bruguière de délivrer à M. A le permis de construire qu'il a sollicité dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de La Bruguière versera à M. A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de La Bruguière.
Délibéré après l'audience du 12 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Roux, président,
M. Mouret, premier conseiller,
Mme Lahmar, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 2 janvier 2024.
Le président-rapporteur,
G. ROUX L'assesseur le plus ancien,
R. MOURET
La greffière,
A. OLSZEWSKI
La République mande et ordonne au préfet du Gard en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026